Fondamentaux Alpinisme, Rocher: les Ecandies, 28-29 août 2021

Après deux mois d’été, le projet est fixé et validé le jeudi soir précédent le we: la prophétie du gfhm concernant le mauvais temps ne nous atteindra pas, il fait beau, direction la Suisse, on ne partira pas dans les Écrins cette fois.

Programme prévu: J1: traversée des Ecandies , puis remontée d’un couloir équipé de cordes fixes pour atteindre le glacier du Trient jusqu’à la cabane du même nom. J2: semi traversée des Aiguilles Dorées, ou grimpette sur l’arête sud de l’aiguille sans nom. Bref, le rêve.

Nous sommes surmotivées, on arrive à être toutes disponibles le vendredi soir pour se retrouver à Champex, Suisse! Le très peu aimable gérant du camping (il ne va pas lire ça, si?) nous a fait une place au bord de la route, on est déjà contente, hé oui, c’est le week end de l’UTMB, il y a du monde partout!

Covoiturage en place, les premières arrivées ont le temps pour un petit apéro, tandis que Max et les 4 autres filles arrivent à 21h. Il fait déjà nuit, et froid, et humide. Bref, un petit repas englouti, le debrief pour le lendemain est fait avec un tour de table du niveau de forme. Ah. Entre les fétardes et les grandes travailleuses de l’été, en ajoutant la route pour venir ici… la fatigue est bien là, mais la motivation et le bonheur de se retrouver paraissent largement compenser ça.

Les cordées de deux sont faites aléatoirement, on prépare le matos en binôme.

Pensée à Seb qui n’est pas dispo, Max est donc notre unique guide du week-end, qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit d’embarquer huit folles, euh huit filles pardon, dans un endroit qu’il connaît comme sa poche, les Ecandies.

Vite, au dodo, on se lève tôt demain !

Dormir… un grand mot, quand on entend toute la nuit les “tic tic tic” des bâtons des traileurs de l’UTMB, les applaudissements et les klaxons du public qui encourage chaque participant.

4h levées, au taquet, on fignole les sacs par cordée, on n’oublie rien s’il vous plaît, surtout pas le café chaudement prévu et préparé par Cycy.

Au taquet mais pas trop rapides quand même, on est en suisse, y’a pas l’feu au lac!

Du coup on perd déjà du temps, on s’entasse dans les voitures qu’on essaye de monter le plus haut possible sur le chemin, on cale, cale encore…

La montée à pied commence dans le joli vallon de l’Arpette, il fait frais, on est seules et les Ecandies se cacheront jusqu’au dernier moment dans les nuages.

Tas de cailloux – Ecandies – © GFHM
Poulette sur tas de cailloux – Ecandies – © GFHM

Chacun son rythme, petite pause, ça tchatche, les cordes changent d’épaules au milieu de la montée, et après plus de 1000m de D+ et 2h30 de montée, on pose les sacs, on s’allège, on se prépare, le début de notre traversée est tout proche. On pense tout haut toutes ensemble pour ne rien oublier: doudoune? On prend! Chaussons? Aussi!

On s’encorde deux par deux, Charlotte et Täte ouvrent le bal, en grosses, la première longueur n’est déjà pas si simple! On s’élève, on progresse corde tendue, ah en fait, on rallonge, on défait nos anneaux, ah, on raccourcit, pas évident d’être efficaces et rapides dans les manip’ de cordes et les relais.

Un écart se creuse avec les cordées de derrière qui ont mis un peu de temps à passer la première longueur et qui sont suivies par deux guides et leurs clients.

Max a donné des radios aux première et dernière cordées, il se démène pour nous regarder de loin, nous corriger, valider nos questionnements d’itinéraire et motiver les dernières.

On discutera par la suite de la différence qu’il existe dans la position des cordées : être devant, être à fond, avancer et attendre les autres aussi, et être derrière, un peu pressé pour ne pas être distancé et ne pas avoir l’impression de ralentir les autres, ne jamais s’arrêter, et avoir d’autres groupes après qui peuvent donner un peu la sensation d’être oppressée. Psychologiquement, c’est différent !

Un rappel, de la désescalade, c’est varié et on reste sur le fil, on grimpe la jolie partie du rasoir, c’est aérien, on entend Elo, « vraiment, j’aime pas l’escalade ! ». On laisse passer les deux guides qui nous suivent, on fait une pause pour toutes se retrouver, manger un bout… ah, on n’a pas toutes compris la même chose, certaines ont posé leur piquenique en bas de la traversée. Heureusement, Sophie balade un super cake salé jusqu’au sommet, et nous le partage. On ne regrette pas les doudounes, il ne fait pas chaud par ici! C’est splendide, on en prend plein les mirettes de ce granite et de cette vue. On n’a cependant pas rattrapé notre retard et la fatigue se fait sentir.

Poulette sur l’arête – Ecandies – © GFHM
Poulette sur l’arête – Ecandies – © GFHM

On l’attendait tant -on l’appréhendait tant-, le saut de l’ange! Juste un petit mètre de rien du tout, on s’était entraînée à sauter les carreaux de nos cuisines, mais là… avec du gaz et une réception qui parait précaire, ça donne de bonnes sensations! Mais il faut bien y aller, et Max, qui passe comme si de rien n’était, nous pose une main courante et va nous assurer d’en face. On pourra toujours s’accrocher à sa jambe en atterrissant si on veut. Aaaaaalleeeeeez, yaaaaa, on l’a toute fait, et on continue sur une jolie fissure que Sophie passe easy, avec un pas de 5c+, on a décoré la falaise de pleins de friends de toutes les couleurs, tous les 30 cm histoire d’être bien sûres. Merci Sophie, moi j’ai pas rigolé en second, je suis passée mais c’était pas classe du tout, avec en prime Max qui veut prendre une photo alors que c’est un endroit improbable où je ne me sentais pas trop trop calée, « oui, lève le bras, le deuxième, top, la photo du jour ! ». Sans regret, elles sont superbes, ces photos !

Max qui garde le smile, malgré quelques filles fatiguées, qui garde aussi son attention pour surveiller ce qu’on fait, pas évident de prendre du temps pour l’apprentissage dans cette journée si intense.

On atteint le sommet sud, 2873m, on tire un bon grand rappel, et zou, on redescend -et remonte – retrouver nos affaires, avec beaucoup d’attention, car avec le froid, la faim, les longues heures sur l’arête, il est 16h passé, nous ne sommes plus vraiment très vigilantes.

Sauté de poulette – Ecandies – © GFHM
Descente de poulette – Ecandies – © GFHM

Noeud décisionnel, ou le moment de choisir la suite, en essayant de prendre en compte tous les paramètres.

Max nous présente les différentes options : on continue par un couloir pour atteindre le glacier du Trient et le refuge, on en aurait pour 2-3 heures, arrivée vers 19h si on trace.

Ou on redescend, il nous faudrait 3 heures, et on avise demain. La moitié de la team est fatiguée, mais on ne lâche rien, on y va, direction la Cabane du Trient par les cordes fixes en mode via ferrata. Tandis qu’Elo a repris du poil de la bête sur la cordée de Max et Maria, Vanessa a un petit coup de mou dans la montée, elle grignote un bout, c’est reparti. On pose les crampons, on fait 2 cordées et Max, sérieux, nous speede un peu, la montée n’est pas finie, et le gardien va râler, le repas va être froid ! On aura poussé le bouchon un peu loin, notre Vané se sent mal, respire mal, ni une ni deux, Täte se retrouve avec son sac sur le dos, Dr Charlotte sort la trousse à pharmacie, et la caravane repart doucement. Refuge ! Enfin ! C’est pile l’heure du dîner, la salle est bondée, Vane monte au dortoir et les filles se relaient à ses côtés. On se ressource un peu, le repas est hyper bon et réconfortant. On revoit à la baisse nos plans du lendemain avec un réveil à 6 heures, ça nous laisse pleins de possibilités ! Max veut débriefer demain à tête reposée, mais on ne peut s’empêcher de parler de cette journée. Il s’en est passé, des choses, et les premières larmes de notre promo -hormis celles de rire et de joie- coulent, la soirée se finit pleine d’émotions. Une tisane, un joli crépuscule sur les aiguilles dorées et on pose nos crocs taille 52 au pied de nos lits, extinction des feux.

Aiguilles dorées – © GFHM
Les doudounes dorées – © GFHM

Lever 6h. Sauf pour Sophie qui a compris grasse mat’. On réveille la marmotte, petit déj’ au café bouillu (café foutu), le programme du jour : il fait grand beau, froid, il y a du vent… la semi traversée des Dorées ? L’arête de Tête Blanche ? L’aiguille du Tour ? L’aiguille d’Orny ? Max nous vend une matinée de debrief sur la veille, et de la théorie. On est 8 et trouver un consensus entre les filles fatiguées et les assoiffées de grimpe, ce n’est pas évident. On sent quelques frustrations car le choix général est de rester au refuge, mais cette matinée sera riche : savoir accepter la fatigue, savoir le dire, et l’anticiper, autant avant la course pour pouvoir prévoir que pendant pour pouvoir adapter, accepter d’être aidée, former nos cordées en fonction de l’état de chacune, changer régulièrement l’ordre de nos cordées, garder notre bienveillance, notre solidarité, notre cohésion. Vivre comme un moine (je cite Max) la semaine avant les week-ends GFHM pour avoir nos batteries d’énergie rechargées à bloc.

On zieute le fond de sac du guide, avec des jolies démos de Max, des manips, des demi cab’ auto bloquants, l’utilisation de l’escapeur, comment améliorer nos relais, anticiper les longueurs de corde…

On enchaine sur un atelier montage de relais sur 2 et 3 points et c’est reparti, cordes sur le dos, on n’a rien oublié ? Tate ? Ton téléphone peut être ? C’est donc reparti, descente vers le télésiège de la Breya, en passant vers la cabane d’Orny et la jolie aiguille du même nom – on reviendra, va.

On se boit une petite mousse, on se touche comme dirait les gens de la Giettaz , ça veut dire tchin il parait… en faisant notre pépite / râteau traditionnel, c’est à dire un tour de table des meilleurs et moins bons moments. On prend ensuite le télésiège de dernière minute. Tate nous avait parlé d’un cadeau depuis le début du week-end, on l’attendait avec impatience… à chacun son savon fait maison et son baume à lèvre, on est trop fans !

Des bisous à chacun, et c’est déjà fini, retour aux bercails pour les poulettes. Les prochaines aventures les 18-19-20 septembre! 

Elodie, Sophie, Vanessa, Maria, Charlotte, Täte, Cyrielle et Lucille

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