Arête Mittellegi intégrale – Eiger – 21 & 22 juillet 2022

« Et les meufs, et si on allait faire la traversée intégrale des arêtes de l’Eiger ? », nous lançait Charlotte deux semaines avant notre week-end Grande Course. Et c’est ainsi que Cycy, Lulu et Seb lui répondirent en fanfare : « Ouiiiiiiii !!!! »

Bon avouons-le, la découverte des noms de montagnes en Suisse Allemand fût le « crux » du week-end et il nous fallut lire et relire encore et encore les topos avant d’y comprendre quelque-chose.

Départ depuis Alpiglen – © GFHM

JOUR 1 : Traversée des Hörnli de l’EIGER

L’aventure commença à Alpiglen, un petit village de pâturages typiquement Suisse. Notre première mission consista à progresser sur un charmant sentier de randonnée en slalomant entre les salamandres pour grimper en direction de Ostegg Hütte. La vue est superbe, la face Sud-Ouest de l’Eiger nous surplombe, nous écrase et nous impressionne. C’est bien là-haut que nous allons, nous sommes surexcitées.

Après les premiers 800 mètres avalés sans difficulté, nous enfilons enfin nos baudriers pour attaquer la partie via-ferrata. Le caillou est mouillé, nous sommes dans les nuages, l’ambiance montagne est bien là. Puis nous zig-zaguons au milieu des cairns dans du rocher pourri et enfin nous sortons la corde. Brutalement, nous sommes stoppés par un bruit violent (un avion ?) puis une chute de pierre sur le casque de Lulu. Cet évènement nous rappelle à ce milieu hostile et la nécessité d’une concentration extrême. Fini les bavardages, nous progressons dorénavant dans le silence complet en veillant où placer nos pieds et nos mains.

Puis nous attaquons la partie grimpante de cette journée : le Hick. Cycy attaque la première avec le luxe d’enfiler ses chaussons, suivie de près par les trois autres qui doivent se contenter de leurs « grosses » : sensations garanties dans la dalle et sur les traversées !!

L’ambiance est majestueuse : les nuages nous enveloppent et laissent parfois surgir les sommets ou un bout de glacier. Nous ne voyons ni le sol ni le ciel, nous sommes perchés sur les arêtes de l’Eiger. Un dernier effort encore à coup de grimpette sur les arêtes nous amène plus lentement en direction de notre refuge.

Progression en corde tendue – © GFHM

Nous avançons comme des escargots, après plus de 2000 mètres de montée et 11 heures de progression, la fatigue commence à se faire sentir. Et c’est vers 18 heures que nous arrivons à Mittellegi Hütte pile poil pour le repas, accueillis par une gardienne adorable et dévisagés par une population d’alpinistes presque exclusivement masculine. Nos t-shirts roses et nos chevelures dénotent encore un peu par ici !!

Arrivée au refuge Mittelegi – © GFHM

C’est dans une ambiance très détendue générée par Seb, qui nous aura permis d’être hyper sereines, concentrées mais pas stressées. Au cours de cette soirée, nous ressentons cette alchimie entre nous quatre, et nous avons pleinement conscience de cette osmose. Les sourires se lisent sur nos visages, les fous rires s’enchainent et nous avons la chance d’assister à un coucher de soleil mémorable : une mer de nuage danse devant nous, les lumières rouges se succèdent, c’est un spectacle merveilleux qui ajoute encore de la magie à cette soirée parfaite.

Coucher de soleil au refuge – © GFHM

Cependant, nous pouvons voir très clairement l’arête Mitelleggi que nous gravirons demain et d’ici c’est très impressionnant : l’arête nous parait très effilée et très aérienne. La peur s’empare presque un peu de nous… mais nous nous le confierons seulement le lendemain.

Arête Mittellegi – © GFHM

JOUR 2 : Traversée de l’arête Mittellegi

Au petit matin, nous décollons du refuge à 5h30, nous sommes les dernières cordées. L’ambiance est sublime : le ciel est rempli d’étoiles et les frontales des premières cordées illuminent l’arête devant nous. Lulu guide Seb, et Charlotte précède Cycy.

Nous sommes en pleine forme physique et mentale, Lulu et Chacha avancent à un rythme effréné et derrière, nous avons l’impression de les suivre en courant. C’est impressionnant autant que jouissif d’avancer avec une telle facilité. Les automatismes sont bien là et se font bien ressentir. Le cerveau est en ébullition, les jambes avancent à une allure folle, les mains et les pieds sont attentifs et précautionneux pour se poser sur le bon caillou et ne déplacer aucune pierre.

Dans ce rythme effréné, nous doublerons même un bon nombre de cordées, avec le sourire et une certaine fierté dissimulée. Nous atteignons le sommet en trois heures avec joie, fierté encore et beaucoup d’émotions !!

Arrivée au sommet – © GFHM

Mais la journée n’est pas finie ! l faut continuer et redescendre l’arête Sud avec un Seb qui nous impose au maximum des désescalades en évitant au possible les rappels dans un objectif d’apprentissage et avouons-le-nous, ça n’est pas notre spécialité. Nous aurions préféré poser des rappels plus confortables et plus rapides.

Avant la redescente – © GFHM

Après deux heures de descente, nous pénétrons enfin sur le glacier Guggigletscher pour une dernière étape en direction de Alpiglen par le train le plus cher du monde. Nous avions prévu d’aller grimper le Mönch le lendemain mais les orages sont trop menaçants, nous rentrons au bercail.

Descente sur le glacier – © GFHM

Ce week-end en groupe réduit, nous aura permis de réaliser une Grande Course et de tout faire en autonomie complète. Le calme, la sérénité et l’ambiance détendue permise par notre cher guidos nous a mis à l’aise pour nous sentir en confiance tout au long de cette aventure.

Nous prenons alors conscience de nos progrès au cours de cette année de formation au sein du GFHM et nous mesurons le chemin parcouru et notre chance. Nous apprécions notre accès à l’autonomie qui nous permet à présent de réaliser des courses de cette ampleur et la chance d’avoir gagné de nouvelles copines avec qui partager toutes ces futures aventures !!

Nous quittons alors la Suisse avec de beaux souvenirs en tête l’envie folle de revenir !!

A Suivre !

Chacha, Lulu et Cycy

Traversée de la Meije – 22, 23 & 24 Juillet 2022

Ça faisait un moment qu’on tournait autour de la Meije…La reine Meije tellement désirée ! Un bel objectif pour un week-end de grande course. Elo, Soso, Vanessa, Maria accompagnées de notre guide Max,  sont la team “Écrins” de ce week-end objectif Meije. 

Nous sommes parties avec l’idée de faire la Traversée de la Meije en 3 jours. Mais la météo ne nous laissera pas cette option. Max nous a bien fait étudier plusieurs plan B dans des autres massifs. Jeudi soir, on reçoit un message de Max : “le bivouac pour la Meije paraît compliqué demain…mais si vous êtes motivées, on peut la faire à la journée en partant du Promontoire.” Sitôt dit, sitôt fait !

J1 : On se trouve à 7h30 au départ du télécabine de la Grave. L’objectif de la journée c’est faire un “échauffement”avant la Meije sur l’Arête des Trifides. Une arête avec une petite marche d’approche, mais très esthétique et aérienne. L’évolution depuis l’année dernière est remarquable. On est plus efficaces et on avance bien. Max est confiant pour la Meije !

Arête des Trifides @GFHM

Descente à la Grave, puis on prend la route direction la Bérarde. On commence à être des locaux dans ce coin. C’est l’heure de faire les sacs. Objectif: faire la traversée avec des sacs de maximum 5 kg. Donc faut faire un bon tri de matos! Mousquetons légers, piolet léger, gourdes plutôt en plastique et éviter les métalliques… ça prend du temps tout ça ! Pendant le dîner, on rediscute du topo. On connaît tous les pas par cœur: mur du Crapaud, Pyramide Duhamel, Dalle des Autrichiens…Mais même comme ça, de nuit ça sera facile de se perdre…

J2:  Réveil à 7h du matin, pour monter au Promontoire à 8h. La montée à la fraîche est agréable. Puis un déjeuner au Promontoire avec un bon plat de pâtes et une petite sieste après. Journée plutôt chill !! On révise pour la 10 millième fois le topo. C’est bon, on le connaît comme le bout de nos doigts. Puis on se détend avec un jeu de cartes et certaines une petite bière. On est nombreux au refuge. Plusieurs cordées pour la traversée et 2 cordées qui partent sur la Pierre Allain. On ne sera sûrement pas toutes seules au Grand Pic !

On finalise nos sacs après le dîner, puis au lit ! Demain sera une très grosse journée !

Vue depuis le Promontoire un peu trop sec @GFHM

J3 : Départ du refuge à 2h30. Nous sommes les premières du refuge à partir. L’arête du Promontoire est la partie la plus délicate de la course. Facile de se perdre la nuit. Max connaît l’itinéraire par cœur mais il n’a jamais fait cette course avec des cordées autonomes. Il prend le lead de la course sur la première partie, car on ne peut pas perdre du temps pour la recherche d’itinéraire. On s’est mis des barrières horaires et il faut qu’on les respecte. On arrive au Glacier Carré. C’est fini, notre GPS Max va nous surveiller de près, mais maintenant c’est nous les guides ! 

On arrive au Grand Pic à 8h15. La vue est tellement belle de là-haut! On fait une petite pause photo avec la vierge, et on observe le Doigt du Dieu de loin. On y est pas encore !

La dream team au sommet du Grand Pic @GFHM

On y sera 4h après au Doigt de Dieu. La traversée des arêtes est parfaite. Des conditions de rêve, avec tout ce qu’on aime : du gaz, des passages en glace, la grimpe n’est jamais dure. 

On voit le refuge de l’Aigle, il est tout petit depuis là-haut ! On y arrive vers 15h30. On reprend de l’énergie avec un bon déjeuner. Pause de 1h avant de continuer l’interminable descente. La Glacier du Tabuchet est bien crevassé. C’est plus galère que prévu cette descente. Finalement, on retrouve le sentier. On essaye d’avancer au plus vite, même si on commence à sentir nos cuisses bien fatiguées. 

Glacier du Tabuchet depuis le refuge de l’Aigle @ GFHM

20h au parking ! Des sourires entre les têtes de fatiguées. C’est parti pour la dernière partie de la journée : la looooooongue route à la maison !

Un rêve réalisé, un objectif atteint. On était prêtes et on a réussi. Un travail en équipe avec la chance d’avoir une journée avec des conditions parfaites. On est chanceuses de vivre ces moments inoubliables. Merci la vie !

Sophie, Élodie, Vanessa, et Maria.

Oisans Sauvage – Arête ENE du Râteau Est – 2 & 3 Juillet 2022

Nous voilà réunies toutes les 8 pour un nouveau week-end de formation. Ça faisait longtemps, car les derniers week-ends ont été en sous-groupes de 4. On est donc trop contentes ! Au programme du week-end, l’arête NE du râteau E dans les écrins, avec montée au refuge du Promontoire la veille par la Bérarde, et descente par le Vallon de la Selle. Rien que d’y penser on a déjà mal aux jambes !!!

Les objectifs sont triples : 1) retour dans l’élément et dans le groupe (et oui, les sorties à 8, c’est tout un art !), 2) nuit et acclimatation à plus de 3000m en vue du week-end grande course qui arrive 15 jours après, 3) révision / application de nos acquis durant cette première année de formation : terrains variés rocher-glace-neige et encordements variés.

L’organisation nous paraît bien ficelée d’avance, ce coin des Écrins on commence à le connaître comme notre poche, on fait les cordées en avance, on charge les voitures la veille, la routine quoi ! Mais c’était sans compter sur notre bon vieux Covid qui refait des siennes… Maria et Cycy sont positives ou pseudo-positives, et nous abandonnent à contre-coeur. Et puis Sandrine, la gardienne du Promontoire, a dû s’absenter quelques jours pour un souci de santé, le refuge sera donc en mode non gardé. On rajoute donc dans nos sacs les lyoph et les jetboils, on recompose la team à 6, et c’est parti pour de nouvelles aventures ! On ne sait pas trop à quelle sauce on va être mangées, si le refuge sera plein à craquer comme les jours précédents ou non… Heureusement, Max, en grand prince, a prévu de monter fast and light à la fraîche le samedi pour nous réserver des lits !

Départ pour nous samedi matin à 8H de la Bérarde pleines d’énergie. La montée passe plutôt tranquille, on savoure nos retrouvailles, on se raconte nos vies, on fait un petit stop boisson au refuge du Chatelleret bien appréciable. On est stupéfaites et attristées de voir qu’il n’y a plus de neige jusqu’au Promontoire. Quel changement de paysage par rapport à l’an dernier à la même période… ça fait bien mal au cœur de voir les dégâts du réchauffement climatique sur nos montagnes tant aimées.

On arrive au refuge à midi pour le picnic. L’après-midi est cool, débriefing, topotage, cours théorique sur le regel et les orages, sieste, confection des demi-groupes pour le week-end grande course, … On a de la chance, il n’y a pas tant de monde que ça, 3 cordées pour la traversée de la Meije, 2 pour la Pierre-Allain, et nous.

On se lève à 3h pour un départ à 4. Le glacier des Étançons est quasi inexistant, la brèche de la Meije archi-sèche, ça passe bien à la montée mais la descente est un peu plus complexe. On choisit de descendre en rappel, en utilisant un rappel intermédiaire un peu douteux pour franchir la large rimaye. Le cheminement sur le glacier de la Meije est un poil plus long que prévu du fait des crevasses, on repère facilement la croupe de neige à 40° à gravir et on rejoint le pied de l’arête. L’itinéraire est simple et la traversée se déroule vite et bien, dans la bonne humeur et au soleil ! La course est très belle, longue, esthétique, en terrains variés, et la vue sur la Meije est magnifique !

Descente en rappel depuis la brèche de la Meije pour passer la rimaye – @GFHM
Prêtes à l’assaut – @GFHM
Attaque de l’arête – @GFHM
Fin de l’arête et sommet du Râteau – @GFHM

Pour la descente, on a opté pour l’arête Sud. La première partie de l’arête est en neige, bien molle comme vous imaginez, et on est contentes d’avoir les guêtres ! La suite est en rocher facile jusqu’à la brèche du Râteau. Quelques hésitations de notre part (parce qu’on n’avait pas suffisamment étudié cette partie du topo) mais c’est finalement assez logique. On rejoint ensuite le refuge de la Selle par le glacier.

Une petite pause s’impose avant l’interminable retour sur Saint-Christophe-en-Oisans. On fait notre habituel debriefing post-course en sirotant une limonade bio locale trop bonne ! La descente finale est longue, longue, et longue… mention spéciale pour Elo qui, ayant perdu une de ses grosses en cours de route, a dû se rajouter quelques centaines de mètres de D+ et de D-… pour finalement abandonner sans retrouver sa bien-aimée.

Retour par le glacier de la Selle – @GFHM

Voilà, vous l’aurez compris, on a encore vécu un superbe week-end. Au-delà de la bonne humeur et de ces moments de partage toujours très revigorants, on prend aussi conscience de notre progression depuis un an, tout est plus fluide, plus rapide, plus aisé. On a l’impression d’être devenues de vraies alpinistes. Et ça, ça n’a pas de prix ! Merci le GFHM ! Le prochain week-end sera LE week-end de l’année : grande course en sous-groupe… On sait déjà ce que l‘on va faire si toutes les conditions sont réunies, mais chuuuuut 😉 suite dans le prochain CR !

Adeline, Cyrielle, Elodie, Lucille, Maria, Sophie, Vanessa et Charlotte pour le GFHM.

PS : pour les inquiets, la chaussure perdue d’Elo a été retrouvée et rapportée à sa propriétaire en parfaite santé !

Grand Parcours Chamonix Mont-Blanc-18&19 juin 2022

Le Grand Parcours Alpinisme Chamonix-Mont-Blanc est une manifestation organisée par le comité départemental Haute-Savoie du Club Alpin Français et propose de s’initier ou de se perfectionner à l’alpinisme. Le Grand Parcours s’adresse à tous (membres de la FFCAM ou non), à partir de 12 ans. 3 niveaux sont proposés : Découverte, Progression et Vers l’autonomie.

Arête Mic est Maousse – © Mylène

Nous sommes 4 du GFHM a participer à l’événement: Täte, Elodie, Maria et moi. Nous sommes bénévoles pour aider à l’organisation et co encadrer le deuxième jour.

Samedi. Les lieux de rencontres nous ont été donnés par mail les jours précédents, on est répartis entre le Brévent, la Flégère ou le Montenvers.

J’ai donc RDV à 7:30 au télécabine du Brévent, où je vais passer la journée avec Louise du Groupe Espoir Alpinisme. On monte les tentes avec l’aide des initiateurs présents, les tables, les goodies, les feuilles d’inscription, les banderoles…  Marine, une ancienne du GAVI, qui organise, nous explique rapidement comment accueillir les participants et les encadrants.

Les encadrants doivent former des groupes de 6 ou 7 personnes en fonction des niveaux, on doit faire émarger tout le monde (ce serait idiot d’en perdre un, tout de meme), 

On donne des balises à tout le monde, un petit boîtier qu’on met sur soi et qui permet d’être géolocalisable en temps réel, au cas où… il  y a même un bouton d’appel d’urgence dessus!! Il faut pour ça scanner un QR code, ça ne parait pas si évident pour tout le monde , et on voit même un encadrant pas très patient dire “oh ça me saoule” et partir avec son groupe sans aucune balise. Voilà. 

Bref, tous les groupes partis, Louise va faire un vol en parapente pendant que je surveille le matériel, puis il faut aller au gymnase de l’ENSA préparer la soirée. On accueille les partenaires qui montent leur stand, on déploie une trentaine de grosses tables en bois et les bancs qui vont avec, on met en route la tireuse à bière, et on a même le temps de grimper un peu sur ces pans de blocs. 

Organisation – © GFHM

15:30, retour des groupes au compte goutte qui doivent de nouveau émarger, on doit être sûrs que tout le monde est revenu. On range les tentes, les stands, et on va prendre une douche, et oui, c’est canicule ce week-end. On est logé à l’UCPA, c’est top.

Soirée, tombola avec des lots des partenaires, croziflette géante, le groupe de musique Mona est présent et nous on se relaie pour servir des bières, mettre l’ambiance au mégaphone en chantant du yodel.

Dimanche. RDV au Brévent à 7:30, aujourd’hui je co encadre avec Jean François et nous sommes avec un groupe de 6 personnes. Ils ont été sur la mer de Glace hier pour apprendre les bases du cramponnage, certains nœuds de corde et ont déjà quelques connaissances en escalade.

On part sur une jolie course d’arête dans les Aiguilles Rouges, Emploi Vieux puis Mic est Maousse. 

C’est la première fois que j’encadre, j’explique du mieux que je peux, je réponds aux questions, je conseille, je les observe. Nous sommes deux cordées de trois et il y a une cordée de deux, autonome. On progresse dans un cadre sompteux face au massif du mont blanc, les participants sont ravis.  L’arête de Mic est Maousse est grimpante et aérienne juste ce qu’il faut pour pouvoir avoir des sensations et surveiller tout le monde, pas si évident. Pique-nique au sommet, on montre comment poser des friends, on fait un exercice de descente en rappel à l’école d’escalade et c’est déjà l’heure de monter au sommet du Brévent pour prendre les cabines. 

J’ai adoré encadrer, devoir expliquer tout ce qu’on fait, réfléchir sur ses pratiques, c’est très enrichissant et intéressant. Oui, oui, j’ai envie de passer le brevet d’initiateur!

La bonne ambiance du groupe nous amène dans un bar à Chamonix et c’est déjà le départ pour moi, j’évite même les averses de fin de journée!

Lucille.

Encadrement – © GFHM et Alix

Rassemblement des groupes jeunes FFCAM dans le Verdon – Du 26 au 29 mai 2022

Le temps estival est de retour ! Il est grand temps de ranger les skis pour celles qui étaient encore en ski-alpinisme il y a 15 jours au Mont Pourri, de les troquer pour des chaussons d’escalade et de filer tout droit à La Palud-sur-Verdon au rassemblement des Groupes Jeunes de la FFCAM pour le pont de l’Ascension.

Au programme, grimpe, grimpe encore, partage et rencontre avec les autres groupes jeunes de la FFCAM, projections et débats sur des films d’expédition, le tout dans le cadre exceptionnel du Parc Naturel Régional du Verdon.

Pour ce 1er jour, Elodie et Maria prennent leurs marques avec le beau rocher calcaire des gorges, au site de couenne du Bastidon à deux pas de La Palud. Une montée en puissance (jusqu’au 6a d’Elo !) qui sera stoppée nette par la 1ère averse de la journée. 

Le groupe Lara et Soso ne s’en sortira pas mieux ! Parties le matin de Grenoble et arrivées sous un grand soleil, elles partent dans la petite grande voie d’Adieu Zidane

Rappel pendulaire, vue magnifique sur les eaux turquoise du Verdon et les falaises du Galetas, personnes dans la voie…. le rêve de toute grimpeuse ! Tout avait donc bien commencé, jusqu’au 3ème relai où une couleuvre se balade tranquillement sur la voie. Pas farouche le reptile, elle se rapproche même lorsqu’on tape sur le rocher pour l’effrayer (c’est qu’elle en voit passer des grimpeurs !). Nous la poussons au mieux dans un arbre avec un bout de bâton et ni une, ni deux, Lara enchaîne la longueur suivante pour s’extirper au plus vite de cette situation. C’était sans compter l’averse qui commence à tomber et rend glissante la dalle qui doit se faire en traversée. Nous nous arrêtons donc sous un petit surplomb au milieu de la longueur et patientons un bon ¾ h jusqu’à la fin de l’averse. En attendant, nous envisageons toutes les solutions possibles : redescente en rappel avec pédalo-stop, remontée sur corde (“Mince, tu te rappelles comment on fait déjà ?”), bivouac, … 

Nous profitons de la brève accalmie et de l’éclaircie qui sèche le rocher pour faire la dernière longueur. A peine arrivées au dernier relai que la pluie reprend. Il est temps d’aller retrouver Elo et Maria au bar de La Palud pour fêter nos retrouvailles !

Le soir au camping, nous retrouvons les groupes FFCAM et les guides qui gèrent le weekend. Le ton est donné, il faudra partir tôt demain pour éviter les orages d’après-midi ou bien dixit Bibi “changer de sport”. Un grimpeur reste un grimpeur, le réveil sonnera pour nous à 7h alors qu’à cette heure-là déjà, une bonne partie du camping est partie à l’assaut des voies.

Pour ce 2ème jour, nous partons toutes les 4 pour la voie Cocoluche au secteur de l’Escalès, pour s’imprégner de l’ambiance des gorges (sans se mettre terreur non plus !)

Accompagnées par les chèvres au départ des rappels (?!) et par les vautours tout au long de la voie, nous profitons du cadre splendide et des immenses falaises.

Ambiance dans les gorges @GFHM

Les deux cordées sont formées : ce sera l’équipe de Las Chicas Latinas, composée de Lara et Maria qui causeront en espagnol (au moins on ne les confond pas !) et danseront le flamenco aux relais. La deuxième composée d’Elo et Soso surmotivées qui prendront la tête et passeront par la petite variante en 6b+.

Cordée de Las Chicas Latinas @GFHM

Beaucoup de monde dans ce secteur (on pouvait s’y attendre) rendant difficile les premières longueurs avec les personnes descendant en rappel et générant un peu d’attente mais nous profitons de ce temps pour discuter aux relais avec les autres groupes FFCAM grimpant dans la face.

Il fait chaud, très chaud et la crème solaire est restée dans la voiture… Nous sortons de cette belle voie avec une seule idée en tête : faire un “plouf” dans le lac de St Croix ! 

Mais notre jeune et fougueuse Elo, préfèrera y aller en trail…. Là encore elle sera stoppée par la pluie après quand même 10 km de chemin pas facile sous une chaleur accablante ! Bravo Elo ! 

Le soir, nous retrouvons au château de La Palud, les autres groupes jeunes FFCAM pour la soirée de présentation, avec la projection des vidéos créées par chacun des groupes. Chacun à son style, bien drôle et décalé pour la plupart et de belles images de montagne à la clef. Vient le moment de la diffusion de celle du GFHM (la foule est en délire et se lève sous un tonnerre d’applaudissements !!!) et nous venons sur scène pour répondre à quelques questions. Christophe Moulin, guide FFCAM et animateur de la soirée, souligne la qualité de la réalisation (merci Vane ;)).

3ème jour (et toujours lever à 7h, on ne change pas ;)): Après quelques hésitations, la cordée Lara-Soso se reforme pour partir dans la voie du Don de l’Aigle. Une voie plus récente dans le secteur Féline au-dessus du lac, mais avec des longueurs en 6a/6a+ qui s’enchaînent et des pas obligatoires. “Ça va le faire !”. “On verra après la 1ère longueur et on pourra toujours réchapper sur maillon rapide”, se rassure-t-on !

En effet, on le constate très vite : les longueurs sont conti, exigeantes et les nombreuses traversées demandent du mental et beaucoup de concentration. Mais le rocher est magnifique avec de belles gouttes d’eau, des petits ressauts, des passages plus verticaux et soutenus. Chaque longueur est une petite victoire ! 

Arrivées au sommet, nous sommes hypercontentes de l’avoir sortie, sans accros ! 

On retrouve le groupe des Girls du CAF Grand Est qui a fait la voie de l’arête de la Patte de Chèvre qui nous donnera de bons tuyaux pour la redescente et des idées de voies pour le lendemain. Fin de la voie puis un “plouf” dans le lac pour la récup’.

Le beau rocher du Don de l’Aigle et  le GFHM & Girls CAF Grand-Est @GFHM

Maria et Elo partent quant à elles, dans La voie des Dalles, une magnifique voie historique qui part du fond des gorges. Elles patientent un peu (beaucoup) au pied de la voie le temps de laisser partir les autres cordées, puis se lancent à l’assaut des 9 longueurs. Ça déroule, mais dans la longueur en dièdre, juste après avoir clippé la 1ère dégaine, Elo nous fait une chute, façon tête en bas et retour à 2 cm du sol : “J’ai pas touché le sol ! Je repars ! ” dit-elle devant une Maria encore sous le choc.

Les dernières longueurs ne sont pas si faciles et la patine n’aide pas mais les filles donnent tout !! Les guides du groupe 05 leur laissent une sangle dans un crux. Mais, elles ne sont pas encore au bout de leur peine : la corde se coince dans la dernière longueur et Elo doit se sortir les bras pour une dernière remontée sur corde.

Nous nous retrouvons le soir au bar, pour l’apéro Spritz et le burger-frites bien mérités !

Nous poursuivons avec la soirée de projection de films. Un film sur la dernière expédition du GEAN au Népal, en compagnie d’un des participants et de leur encadrant. De belles images d’expéditions et une séquence riche en émotions à l’évocation de l’accident en octobre dernier. L’occasion d’en parler et de revenir sur les risques liés à la pratique de la montagne. 

Un autre film du projet d’ouverture la face Ouest des Drus par le GMHM (à une lettre près, nous aussi on peut le faire ;)), en compagnie du Caporal Léo Billon. Impressionnant ! Des machines !

Dernier jour déjà de notre escapade verdonesque, les bras et les épaules commencent à tirer et les doigts sont raides. Après avoir hésité un bref instant avec la voie Patatas Bravas (6c, A0), on décide finalement de partir sur la petite voie récente et bien équipée du Grand léchant mou. 

On mixe une nouvelle fois les cordées : ce sera Maria-Soso et Elo-Lara. 

Maria et Elo sont motivées à bloc pour passer en tête dans la longueur clef en 6a+. C’est beau ! Elles donneront tout et auront leur dose de grimpe pour les prochaines semaines.

Grimpeuses un jour, grimpeuses toujours  @GFHM

Nous terminons par notre maintenant traditionnel “plouf” d’après grimpe dans le lac de St Croix. Une douce musique latino se fait entendre sur la plage du lac, ce qui donne un bon goût de vacances à ce séjour. 

Mais voici déjà l’heure de se quitter, heureusement nous prolongerons cette ambiance en écoutant une playlist latino dans la voiture du retour. ¡Hasta la vista las chicas!

Un grand merci à FFCAM pour l’organisation de ce week-end de rassemblement des groupes jeunes.

Soso, Elo, Maria & Lara

Ski alpinisme au Mont-Pourri, Vanoise – 14 & 15 mai 2022

On quitte, le temps d’un week-end, la végétation luxuriante, le chant des oiseaux, les shorts, les terrasses et leurs effluves de jovialité estivale !
Place à un week-end de ski-alpinisme. Quand le programme nous parvient, nous sommes de suite, surexcitées ! Ni une, ni deux, on réserve un studio, style cabine de paquebot au large de la station des Arcs 2000. On s’entasse à 6 comme des sardines, les 4 poulettes du GFHM, Seb et une invitée « surprise » Laëti (une fabuleuse aspi guide) qui sera avec nous durant les 2 jours.

On a du ressortir les skis du placard @GFHM

Le plan du week-end  se compose d’un 1er jour : direction l’arête est de l’Aiguille St Esprit suivie d’une nuit au refuge de Turia. Puis le second, plus conséquent, on prévoit l’arête sud du Mt Pourri.

Le premier jour est une bonne remise en jambes :  autant au niveau des cuisses, des spatules qu’au niveau de la mémoire des manip’s d’assurage propre à la course. Nous profitons de cette journée plus cool pour revoir « la descente genevoise ».

Improbable mais vrai, nous arrivons au refuge à 16h ! A noter, c’est une première dans l’histoire du GFHM !!!

Arrivée au refuge de Turia @GFHM

A notre grande surprise, le refuge est une magnifique cabane et la douceur règne dans ce lieu. Sieste, jeux et relaxation occupent notre fin de la journée.

Après avoir englouti 1kg de pasta et du chocolat, on rejoint nos couchettes de luxe pour un long sommeil.

Le réveil sonne à 5h et nous n’avons aucun mal à nous glisser hors du sac de couchage. La nuit a été salvatrice !

Deuxième première du GFHM, nous nous délectons sur les magnifiques et imposantes crevasses ! En route, direction le glacier de la Gurraz.  La grande question “Va t-on pouvoir franchir l’imposante rimaye nous séparant du départ de l’arête ? ”

Passera ou passera pas ? @GFHM

Nous arrivons tout de même au pied de cette rimaye et nous trouvons un passage safe grâce à l’appui d’une vieille coulée. Ça y est, on attaque l’arête sur le fil de la gratitude. On savoure le bonheur d’être là, nos yeux ne cessent de balayer la beauté immaculée de cette arête prestigieuse ! La longueur de celle-ci nous impose à rester concentrés sur nos pas et sur les points de protection que l’on trouve car le moindre écart peut nous être fatal. L’encombrement des skis sur le dos nous pousse également à la vigilance et provoque quelques situations comiques.

L’orage n’est pas loin, il ne faut pas relâcher le rythme ! On s’entraide au maximum, on se donne à boire, on se donne la becquée pendant que l’une assure, il ne faut pas perdre 1 minute. Après quelques bons efforts, nous apercevons le sommet du Mt Pourri. Il porte mal son nom, on le trouve plutôt joli ! Le temps d’une photo et c’est reparti.

Au sommet du Mont Pourri (de gauche à droite : Täte, Vanessa, Leatitia, Cycy, Soso & Seb) @GFHM

On troque les crampons contre les skis puis les dégaines contres les broches et les longes. Nous voilà prêts à descendre une partie du glacier du Geay. La qualité de la neige n’est pas si mal et malgré les cuisses déjà bien entamées, c’est un plaisir de se laisser glisser. 

Dernière étape : 50m de remontée avec skis sur le dos pour rejoindre le Grand Col ! On déploie nos dernières ressources ! Les 1ères gouttes commencent à tomber, il nous reste seulement un bon quart d’heure de descente.

Au sec, sous la gare d’un télésiège, on charge les voitures, le cœur remplit d’images insaisissables.

Täte, Vanessa, Cycy et Soso

Goulotte & Glace en demi-groupe à Chamrousse les 9 & 10 avril 2022

ll était temps pour la deuxième partie de l’équipe d’aller dompter les goulottes !

Voici le récit d’un week-end 2 jours / 2 ambiances ! 🌨️ ☀️

Jour 1 « temps de chien ! » / Jour 2 « soleil radieux ! ».
Protagonistes : Chacha, Maria Vanessa accompagnée de Seb et de Hugo (aspi) 

Prologue : Extrait d’une brève discussion avec des amis “ Vous allez faire de la goulotte ce week-end ?! Drôle d’idée, c’est clairement pas les bonnes condis “
Et oui… mais quand il est écrit GFHM dans l’agenda bah on garde la tête haute et on y va ! 

Samedi
En bas, au village, c’est remplies d’espoir que nous dégustons notre chocolat chaud : “Il y a plein de ciel bleuuu ! ”. Quelques virages plus tard, en voiture vers Chamrousse, l’espoir est balayé d’une traite : il neige à gros flocons. 

C’est donc emmitouflées dans nos couches les plus chaudes (merci Millet Mountain!) et dans le brouillard que nous attaquons ce week-end tant attendu. Si on se réjouissait tant c’est parce que certaines parmi nous n’ont jamais fait de goulotte et parce qu’on a admiré avec envie et admiration les exploits de l’autre moitié du groupe en février. 

Le programme du premier jour est revu en fonction de la météo et nous nous rendons à Casse-Rousse. Seb connait le coin par coeur, on n’a donc pas de soucis à se faire à ce niveau là. On débute par “l’Eperon de gauche” qui ne ressemble pas à une goulotte à proprement parler mais plutôt à une grande pente arborée, en neige et mixte. C’est pas la dedans qu’on fera des photos de magazine mais c’est idéal comme voie d’échauffement et pour revoir les techniques de progression. De toute manière on y voit pas grand chose et surtout, on se les caille !
Ça brasse bien pour la leadeuse, ça caille sévère pour la seconde qui essaye de trouver un juste équilibre entre l’encouragement et le houspillage pour ne pas passer trop de temps au relais.

La descente se fait par un couloir assez raide qui offre un bon terrain d’exercice également.

Ambiance des tropiques @GFHM

Et comme il est encore un peu tôt et que personne n’ose jouer les rabats joie malgré les dents qui claquent, on enchaîne avec une autre goulotte juste à côté : la goulotte du Bloc Coincé. Une voie beaucoup plus esthétique ! Ça ne passe pas très facilement (voire difficilement) à cause du manque de glace et la progression est donc assez lente. Je m’efforce à penser très fort à une plage de sable brûlant et à une soupe bouillante pour tenter de rester cordiale avec ma compagne de cordée qui galère un peu plus haut avec un gros nœud de corde indémêlable.

Nous avions prévu de parcourir uniquement les deux premières longueurs qui sont les plus intéressantes techniquement. Descente en rappel illico, on remet nos chaussures de ski congelées et on file vers la station. Dodo au village de Chamrousse dans une ambiance chaleureuse qui fait du bien au moral ! En plus on fête l’anniversaire de Hugo qui s’avère être le meilleur pâtissier de toute notre team. 

Goulotte du bloc coincé @GFHM

Dimanche
Une fois n’est pas coutume, on se lève après le soleil ce matin, il fait grand beau et Seb nous apporte les croissants. Triple ration de joie s’il vous plaît 🤩

Programme du jour :  la Pointe Escombaille pour la goulotte « Est-ce qu’on baille » ouverte par Seb en 2004. Pour gagner un peu de temps (et d’énergie) nous prenons le télésiège jusqu’à la Croix de Chamrousse. De là on skie jusqu’au pied de la voie. Il a bien neigé et ça donne clairement envie de skier. On entendra d’ailleurs les cris de joie des skieurs sous nos pieds durant toute la journée. 

La première longueur, toute en rocher est vraiment verticale et pas simple du tout. C’est donc Hugo qui s’y colle ! Nous sommes deux cordées et empruntons des itinéraires légèrement différents avec chacun leur lot d’aventures ! Tout le long la voie est magnifique, variée, bien raide et technique dans certains ressauts.

Le moment phare de cette journée :  le test validé haut la main de la chute non volontaire de Charlotte sur câblé n°2 ! Sa première réaction “Il a tenu !!! “ Réponse de Seb « Évidemment, sinon ça ne servirait à rien d’en mettre”.

La sortie de la quatrième longueur se fait sur une belle arête facile mais un peu gazeuse avant d’attaquer la longueur de sortie. 

Nous arrivons au sommet sous un grand soleil et bien heureuses de cette journée.
Au final c’était peut-être un week-end presque idéal pour faire de la goulotte ! Merci les guidos ! 

Maria, Chacha, Vanessa, Seb & Hugo  © GFHM

Week-end ski alpi en Dévoluy

02 & 03/04/2022

Il faut savoir qu’au GFHM il y a 2 équipes différentes : les mordues du rocher et les fondues du ski. Suivant les saisons, les envies prennent le dessus, et clairement en ce mois de mars printanier le ski perd peu à peu ses adeptes à la faveur de la chaleur accueillante des falaises, malgré quelques irréductibles qui ont du mal à troquer les chaussures de ski contre les tongs.

Mais voilà la météo n’en fait qu’à sa tête et miraculeusement la neige est de retour, pile poil pour le week end ski alpi, qui se fera à 4 : Maria, Lulu, Cha et Elo encadrées par Max. Le suspense est à son comble, qu’est-ce que nous allons bien pouvoir faire ce premier week-end d’avril, avec des conditions dignes de janvier : gros cumuls, vent et froid sont annoncés. La sentence tombe : non nous n’irons pas nous dorer la pilule dans le Sud mais nous partirons à l’attaque du Dévoluy et de ses fameux chourums ! L’idée nous emballe car nous en avons parlé plusieurs fois ensemble et puis quand on y pense dans une grotte il ne neige pas, donc pas besoin de prévoir un parapluie pour se protéger des intempéries.

Jour 1 : La traversée héroïque où comment faire de la spéléologie en ski de randonnée.

Bon okay, il faut se mettre à l’évidence : à 5 avec des skis et des cordes il faut un compresseur pour nous faire rentrer dans une seule voiture, ou alors il faudrait se trouver une limo 4×4 floquée GFHM. Nous partons donc en convoi de 2 voitures affronter la route blanchie par la tempête de neige. Au fur et à mesure des km de goudrons avalés le temps s’éclaircit, miracle nous allons avoir du soleil ! Le Dévoluy dévoile enfin ses secrets.

L’arrivée au parking signifie debrief : nous sommes seuls, il fait froid, bon la neige n’a pas été abondante dans le coin il va falloir se résigner pour les virages carte postale, le temps est clément même si à la vitesse où fusent les nuages aux dessus de nos têtes on se doute qu’il va falloir fermer la bouche si on ne veut pas se faire déchausser toutes nos dents. Max insiste grandement sur la frontale, outil indispensable pour la sortie d’aujourd’hui. Habituées aux plans farfelus de nos guides préférés on sent la journée qui va se terminer dans la nuit noire, stalactite pendouillante au nez.

Nous partons ski aux pieds du parking direction le chourum de la traversée héroïque, la montée passe vite et nous nous retrouvons en visu de cette grotte atypique de rocher jaune. En fait grosso modo il y des trous partout ici : des petits, des gros, des traversants, si les grottophiles cherchent un paradis, c’est le Dévoluy. Nous troquons donc les spatules pour les crampons et nous attaquons la grotte : invasion du GFHM en cours. Tout est sec, rendant la grimpe plus compliquée dans la première longueur : ce n’est plus du ski mais de l’alpi hivernal ! Cette grotte en forme de tête d’alien, ovoïde avec des yeux immenses qui scrutent le ciel, est déstabilisante. Un empilement de rocher jaune et de neige blanche qui se descend même à ski quand le manteau est plus fourni, nous avons clairement atterri dans un autre univers. Entre manip de cordes, relais, pose de main courante et évolution en corde tendue, nous révisons nos basiques !

Ambiance dans la première longueur – © GFHM

A la sortie du chourum, l’exploration des grottes locales n’est pas terminée. A l’attaque de la descente, première surprise avec Maria qui se retrouve la jambe dans un trou (n’oublions pas sa taille mannequin avoisinant le mètre 90, ce n’est donc pas un petit trou dont on vous parle). Cela nous rappelle qu’il n’y a pas que sur les glaciers qu’il faut se méfier des ponts de neiges. Remises de nos émotions, nous suivons un Max cachotier qui nous conduit à l’entrée d’une mystérieuse entrée creusée dans la neige. Skis et sacs à la main nous nous faufilons dans ce tunnel : invention du spéléoski !

Max et ses endroits cachés du Dévoluy – © GFHM

Un peu rassurées sur l’utilité des frontales qui n’étaient donc pas là pour nous sauver la mise lors d’un retour tardif mais pour nous faire admirer de stalactites de glace, nous nous mettons en configuration descente. Pas de poudre en perspective mais du ski technique avec une neige changeante pas évidente à aborder. Il faut se la jouer souple sur les appuis et ne pas oublier de fermer la bouche car la neige glacée ne fait pas de cadeaux. Tiens d’ailleurs, Elo qui a tendance à faire un peu trop la maligne se retrouve sur le dos après un virage mal négocié : chute impossible à rattraper il a fallu choisir entre l’arrêt sapin ou tortue.

Retour au parking, nous reprenons la route direction le gîte de Saint Didier où nous passons une soirée dans le confort : douche, super repas, cramage au bord du poêle, c’est le grand luxe ! Ça y est, il est temps de planifier la sortie du lendemain. Notre objectif est le Chourum Olympique : un enchaînement technique de deux grottes dans les barres rocheuses de la face Est du Grand Ferrand. Nous prenons le temps de bien étudier la météo, en essayant de choisir le modèle de prévision le plus fiable en comparant les données théoriques et terrain observées durant la journée. Les différentes prévisions sont plutôt concordantes : des éclaircies le matin nous laisseront le temps de réaliser la course sous condition d’un départ très matinal (5h du parking) mais il faudra faire attention car des orages arriveront dans l’après-midi. En parallèle, le BERA est mitigé, les accumulations de neige dues au fort vent des derniers jours sont piégeuses en face Est, il faudra donc bien prendre le temps d’étudier le terrain avant de se lancer. En effet, la présence de barres rocheuses rend le parcours exposé et particulièrement dangereux en cas d’avalanches.

Allé zou, au lit !

Jour 2 : Chourum olympiques et bonhomme de neige

Comme d’habitude le réveil matinal est difficile. Heureusement nous sommes motivées par le café chaud et la course qui nous attend. Sans perdre de temps, nous nous entassons dans le 4×4 de Maria avec Max aux commandes. L’objectif est de monter jusqu’à la cabane de chasse en voiture pour gagner 200 mètres de dénivelé à pied sur une piste. En pilote aguerri, Max nous conduit juste en dessous du chalet de chasse, objectif de départ. De grosses accumulations de neige ventée sur la route nous empêchent cependant d’atteindre celui-ci. Nous laissons donc la voiture sur la piste, chaussons les skis et partons : quelle efficacité nous sommes pile poil dans les temps !

Petite blague, ceci est un faux départ : nous finissons par déneiger complètement la piste à l’aide de nos muscles surentraînés, redescendre quand même 10 min en marche arrière, nous rendre compte que nous avons oublié les clés de l’autre voiture dans un sac devant la cabane, remonter la piste en 5ème vitesse, récupérer la clé, réussir finalement à faire un demi-tour, redescendre en 8ème vitesse au gite récupérer l’objet du délit dans ladite deuxième voiture et refaire le chemin jusqu’à la fameuse cabane.

La cause de tout ce tintamarre : un DVA défectueux détecté lors du check groupe, oupsy. Cependant il est impensable de faire la course sans car c’est un outil de sécurité indispensable et il manque la pièce pour passer en mode recherche. Mais coup de chance nous en avons un de rechange dans nos affaires au gîte.

Résultat des courses : Un faux départ parfaitement réglé, et une heure de retard au chrono… Mais l’esprit de groupe, l’adrénaline et l’envie de voir ces chourums de nos propres yeux nous aident à garder le moral et nous partons finalement en direction de notre objectif.

La recherche d’itinéraire n’est pas facile ce matin, le brouillard est fortement présent et bien plus haut que prévu. Nous nous aidons des cartes et des points de repères que l’on devine pour éviter les zones de pièges que forment des chourums verticaux et nous diriger vers la bonne direction.

Soleil et vue dégagée  – © GFHM

Au bout de deux heures d’ascension nous avons enfin le droit à une éclaircie et nous nous émerveillons des paysages alentours : dolomitiques ! Le rocher jaune du Dévoluy est superbe et l’ambiance laiteuse couvre le tout d’un voile rêveur.

Répit météo avant de faire demi-tour- © GFHM

Nous arrivons enfin face au chourum olympique, malgré le fort vent glaçant il est essentiel de prendre un moment pour la décision de se lancer dans la partie technique : c’est un point décisionnel. L’objectif est d’être efficaces et pertinentes : observation de la situation, confrontation avec les données théoriques, notre ressenti, étude des risques et des différentes possibilités qui s’offrent à nous.

Au bout de 10 minutes nous avons tranché : les chourums ce sera pour une autre fois. En effet, ce que nous observons depuis le départ concorde avec le BERA annoncé : de fortes accumulations de neige sont présentes en face Est, résultat du vent ressenti hier. De plus, la météo de la journée est alignée avec les pires prévisions des modèles, laissant présager des intempéries dès le début d’après-midi. Et finalement, à cause de notre faux départ nous avons plus d’une heure de retard sur le planning.

Petite déception pour le groupe, mais ce n’est pas grave nous avons une stratégie de repli : c’est le moment idéal pour découvrir la construction d’igloo, abris de secours qui peut être utile en cas de problème. Nous redescendons sur un replat à l’abri du vent et nous nous lançons dans le défi de Max : la cahutte doit être construite et aménagée en 20 minutes top chrono. Très efficace pour se réchauffer et finalement on s’y sent même super bien pour faire la sieste !

Igloo en cours, ça réchauffe ! – © GFHM

Le retour au parking en fin de matinée se fait en slalomant entre les cailloux, les semelles n’en sortent pas toutes indemnes… Nous profitons de notre après midi pour faire un gros debrief du week-end et notamment des prises de décisions autour de café et viennoiseries dans une boulangerie. Le bilan est super positif car nous avons été mises face à la difficulté et la méthodologie du choix, essentielle en montagne. Et puis comme d’habitude avec le GFHM on a passé la sortie à se marrer et à se raconter des histoires. Une chose est certaine : Dévoluy prépare toi car l’année prochaine on revient t’embêter et explorer tes montagnes ! 

Nous apprendrons qu’une avalanche a emporté des skieurs dans la face des chourums le lendemain de notre renoncement, heureusement sans faire de blessés. Étrange sentiment de réaliser l’importance de la connaissance du terrain dans lequel nous évoluons mais surtout des outils que nous avons à disposition comme les formations, le BERA, la météo, les méthodes de prise de décision.

Charlotte, Maria, Lucille et Élodie

Raid à ski dans le Beaufortain – 26/27 & 28/02/2022

Et voilà ! Premier week-end à huit sur nos spatules! Et dans le Beaufortain, il y a de quoi tracer ! Les composants de l’orchestre de 8 poules et 2 coqs dans “Balade Beaufortaine” sont : 

  • Seb Escande: « chef d’orchestre »
  • Jean-baptiste Gondouin: « concertino »
  • Accompagnés de la chorale:  « les poules du GFHM »

1 ère partie: “Allegretto di pouli

On se retrouve tous à Granier. Il fait grand beau, (la malédiction météo du GFHM n’est plus à la mode) la journée promet. On se met un peu à jour, des sourires et quelques blagues pendant qu’on étudie l’itinéraire du premier jour. On s’organise avec des binômes, lesquels on va tourner pour prendre le “lead” jusqu’au refuge: les Chalets du Cormet.

Prêtes à partir – © Sébastien Escande

C’est parti, on attaque la 1ère montée ! On essaye de faire nos traces. Dans le Beaufortain, il y a encore de quoi tracer ! Seb ne s’arrête jamais de nous expliquer des petites astuces pour que notre trace soit plus efficace. En tout cas, il ne suit jamais notre trace, et il est complètement freestyle notre Seb !

Faire sa trace – © Sébastien Escande

Après 600 m D+, on observe le terrain et on étudie notre descente. Gérer le groupe à la descente est moins évident qu’à la montée.  Il faut choisir les bonnes orientations, avec de la bonne neige, et pas dangereuses. On veut faire des jolis virages carte postale ! Mais on n’est pas si mauvaises en lecture du terrain, et la première descente c’est sur une pente toute en poudre ! Une descente malheureusement pas très longue car il faut remettre les peaux bientôt.

Deuxième montée de la journée – © GFHM

Il est 15h. Pente Sud. Premiers doutes: “je ne suis pas sûre si c’est la bonne heure de passer par là… “Il y a des boulettes à droite… ”Seb a toujours les bonnes réponses. “C’est encore de la croûte, la neige n’est pas transformée ! « 

La partie haute de la dernière descente ne donne pas envie d’ y aller. Tate passe en premier, avec son virage sauté de la “Giettaz city”. Seb nous montre comment installer une main courante en 2 minutes: et c’est parti pour le ski en style dérapage, mais en sécurité.

La descente se poursuit jusqu’au refuge. On se fait plaisir ! La neige sur les versant NE est froide, et on peut faire les derniers jolis virages avant d’arriver au refuge.

Dernière montée de la journée – © GFHM

Affamées, on dévore les pâtes que la gardienne nous a laissées au refuge. On décidera l’itinéraire du deuxième jour demain matin,  les poules ont besoin de se reposer.

Jour 2: “Minuetto de Pressetto”

Grasse mat ! Réveil à 7h, petit déjeuner et un peu de nivologie. On étudie la carte et l’itinéraire jusqu’au refuge du Presset. Les binômes sont faits. Cha et Lulu sont le premier binôme de la journée. « Check-dva », et nous sommes parties !

Réveil et carto – © Sébastien Escande

La première montée est longue. On fait toute la trace, on est seules et les pentes sont vierges. Le soleil commence à chauffer, mais on avance: on est plus à l’aise avec la gestion du groupe et la trace est efficace. L’objectif de trouver des pentes avec de la bonne neige est plutôt acquis ! On a tracé toute la descente avec une neige formidable !!!

Solitude – © GFHM
Arrivées au col – © Sébastien Escande

On a fait la moitié de l’itinéraire: le refuge du Presset est encore loin. On parle moins, il fait chaud, et on commence à sentir la fatigue. 

Passeur de la Mintaz – © GFHM

Après le Passeur de la Mintaz, on voit le refuge. Bientôt le repas chaud de « l’hôtel Presset » !

Pierra Menta et poulette – © GFHM

Arrivées au Presset à 18h. Une tournée des bières, la soirée n’est pas encore finie. Seb est infatigable. On poursuit la théorie de la formation des sous-couches fragiles persistantes jusqu’à ce que la gardienne nous dise qu’elle doit éteindre les lumières. Ouiiiiiiiiiii !  On peut finalement aller rejoindre nos couettes !

Jour 3: “Vivace di ritorno »

Commencer la journée avec une descente, c’est bien ça! Les “check” DVA, sont efficaces, ça ne traîne plus ! Une première descente pour chauffer les cuisses et puis c’est parti pour la montée du jour. On monte le couloir E du Roc de la Charbonnière, la neige commence à se transformer, les crampons ne sont pas nécessaires et la montée du couloir est plutôt facile.

Montée au couloir  – © GFHM

On sort du couloir, et là c’est le concert : ça chante pendant que Cycy cuisine des sardines avec du papier toilette… (les gens de la Drôme ont des traditions particulièrement bizarres), mais en tout cas, elles étaient excellentes !

Pause finie, maintenant on chausse les skis et on rideeee!!! 

Le départ de la descente est un peu raide, mais la neige est facile à skier. Comme Seb nous avait demandé depuis le début du raid : les itinéraires bleues de la carte sont interdits à suivre. Du coup on ne croise personne dans les descentes, et on se fait plaisir en faisant notre trace. La gestion de la descente est efficace, rien à voir au premier jour de notre raid ! On enchaîne la descente avec une pause technique pour trouver des couches fragiles. Un peu de pratique après toute la théorie d’ hier soir au refuge, on arrive à mieux comprendre !

Belle couche fragile – © Sébastien Escande

La descente se poursuit avec de jolis virages, sur tout type de neige, mais sans aucune difficulté. On essaye de faire des signes à Max, il est au sommet en face avec un client. “Bon, il ne nous voit pas, on continue nos virages ! ”

Heureuses, on arrive au parking. Ce raid à ski a été vraiment top ! Très enrichissant, avec une très belle ambiance et une cohésion d’équipe formidable. L’évolution du jour 1 au jour 3, est quand même remarquable ! 

Seb, pédagogue jusqu’au bout, nous fait un petit test entre bières. On s’en sort pas mal ! 

Maintenant on est mieux prêtes à se lancer à faire nos traces, choisir nos itinéraires, sans suivre les traces classiques et faire nos traces en sécurité.

La belle équipe – © Sébastien Escande

Merci Seb et Jean-Baptiste pour ces 3 belles journées !

Lucille, Cyrielle, Maria, Sophie, Adeline, Élodie, Vanessa, et Charlotte.