Raid à ski Grand Paradis…….. !!

De l’expérimentation à l’apprentissage…

On dit que la culture montagne se crée à partir de l’expérience, d’échanges, d’apprentissages, de pratiques, et de retours partagées… Ce week-end participera, sans conteste, à renforcer notre culture montagne !

Retrouvailles des troupes le jeudi soir pour le brief et le dîner d’avant course, essentiels depuis tout ce temps d’échange uniquement en virtuel (merci whatsapp !) L’occasion de rencontrer également Maître Yoda alias Seb (notre guide du week-end).

Rendez-vous le vendredi avant le départ pour la traditionnelle « pesée des sacs », chaque gramme est analysé, impossible de tricher… Le déodorant et autres précieux de notre petit confort resteront donc à la maison… Pour le plus grand plaisir de nos dos respectifs, déjà bien mis à mal pour le week-end ! 

11h, départ de Lillaz (près de Cogne en Italie). Le raid de 3 jours tant attendu et redouté peut vraiment commencer ! Au programme de la première journée 1200m de D+ et presque 15km entre Lillaz et le bivouac Malvezzi Antoldi !

Vallon de Lillaz – ©Tanya Naville

Maître Yoda a parlé… Les crocs sont devenus l’élément indispensable du week-end et surtout de la marche d’approche sans neige. Nous appliquons consciencieusement mais non sans quelques réticences jusqu’au test. Nous nous retrouvons à récupérer le chemin de rando coupé par de grosses branches en escaladant des blocs de cailloux et le tout en crocs… Essai convaincant, crocs adoptées !

Nous chaussons après 1h30 de marche et poursuivons notre périple skis aux pieds. La lecture du terrain nous laisse apercevoir au loin une plaque de très grande ampleur en versant nord…

En effet, après concertation et analyse, tous les versants de même exposition peuvent facilement présenter des risques similaires de couches fragiles… La prudence est donc de rigueur ! Seb nous régale en se délectant d’une coupe grandeur nature du manteau neigeux de cette fameuse plaque : la fine couche fragile (1cm) a entraîné une rupture du manteau neigeux sur près de 80 centimètres d’épaisseur ! Impressionnant !

Les conditions nivologiques de ce week-end s’annoncent intéressantes. 

Quelques conversions plus tard, alors que notre attention se portait sur le choix de notre itinéraire, une horde de chamois nous rappelle à l’ordre en déclenchant une plaque qui recouvrira notre trace de montée 30 mètres en amont. 

Le manteau neigeux fera encore plusieurs fois des siennes en délivrant le fameux WROUMM que tout le monde redoute… Nous sommes sur des pentes à moins de 20 degrés… Aucun risque pour autant…

Arrivée au bivouac, nous découvrons le petit bijou soigneusement repéré par Seb ! Une somptueuse cabane en bois, pleine de charme perdue au beau milieu d’un cirque incroyable ! Une bonne soirée de franches rigolades, d’échanges, de partages (d’histoires, de gobelets, de couverts…) rythmée par les nécessaires allers-retours pour remplir les gamelles d’eau. Cette promiscuité qui pourrait être, en bas dans la vallée, dérangeante, nous semble là-haut plutôt conviviale. Toute la nourriture y passera… Même les pistaches, nous n’allons quand même pas continuer à porter tous ces kilos pour rien ! 

Après une nuit « acceptablement » froide, le réveil sonne à 5h pour Seb… Le brouillard s’est malheureusement installé ! C’est parti pour une grasse mat ! Face aux conditions difficiles et à notre plan initial, nous attendrons jusqu’à 11h pour décoller sereinement… 

Nous nous relayons toute la montée afin de tracer du mieux possible pour un groupe de 9 dans des pentes à plus de 30 degrés et avec un manteau neigeux potentiellement instable… Beaucoup d’échanges… Une montée très formatrice !

Arrivés au col nous sommes témoins, cette fois, d’un départ de plaque dans une pente nord ouest en face de nous sous le passage d’un skieur… Par chance, aucune conséquence pour le groupe qui s’y trouve. 

© Tanya Naville

C’est enfin le meilleur moment pour nous, La Descente ! La neige est plutôt bonne, c’est partie pour la godille !!! 

Nous ferons ensuite l’expérience d’un phénomène bien connu en nivologie mais plutôt rare : le déclenchement à distance. Alors que nous nous trouvons dans une zone où nous ne pouvons pas courir de risque… Nous sommes témoins du départ simultané d’une 15ene de plaques tout autour de nous au même instant.

Toute la face est partie sur près d’1 km. C’est très impressionnant ! Nous restons un moment interloquées…

Nous progressons, ensuite, pour redescendre au refuge Pontese, en ne cheminant presque uniquement dans les coulées pour ne prendre aucun risque !

La bière et la bonne cuisine italienne seront bien récupératrices pour l’ensemble du groupe ! Les partages et débriefings se succèdent pour comprendre le phénomène observé !

La nuit est très mouvementée… Les sifflements du vent fort dehors ne laissent que peu de répits… Au réveil nous apprenons que tous les groupes prennent l’option taxi pour rentrer… La décision s’en suit comme un couperet. Nous ne tenterons pas non plus le sommet et l’arête au programme de la journée pour rejoindre notre voiture consciencieusement déposée à Cogne.

Après une nouvelle formation théorique en nivologie, nous devons affronter les vents très violents pour sortir du refuge, mettre, avec beaucoup de difficultés, notre sac sur le dos et avancer, crampons aux pieds… – la première cordée sera même obligée de s’accrocher à des poteaux pour attendre la deuxième cordée ! Fous-rire garantis ! – le tout pour rejoindre un mini bus, puis une voiture, une autre voiture et encore une voiture… Ce long chemin de retour nous rappelle que la montagne a toujours le dernier mot et c’est pour cela qu’on l’aime tant ! Maître Yoda profite même du dernier repas ensemble pour nous transmettre ou nous faire réviser les ancrages et mouflages ! 

©GFHM

Merci Seb pour ta patience et tes précieux enseignements. 
Merci à Tanya, notre super photographe, pour ses beaux clichés !  Nous vous donnons rendez vous en juin pour notre prochain week-end ! La météo sera elle de la partie cette fois ?

Marie et Adeline, avec Charlotte, Clémence, Faustine, Lara et Marion.

Visite de l’entreprise Petzl

Crolles – 8 février 2019

Un photomontage qui nous a particulièrement parlé dans les locaux de Petzl- © GFHM

Mon premier mousqueton était un mousqueton de la marque Petzl. Il a connu des points d’ancrage plus ou moins solides, des plaquettes, des broches scellées, du granit, du grès, du calcaire, beaucoup de calcaire ! Il a vu passer des mètres, probablement des kilomètres de corde ! J’ai vécu avec lui mes premières expériences, mes premières peurs et mes premiers émois de grimpeuse. Vivre tant d’émotions et d’aventures avec lui a enflammé mon imagination, si bien que je me suis mise à lui inventer et à lui écrire une histoire familiale pleine de péripéties…

L’histoire de la famille de mon mousqueton commence dans les bureaux de l’entreprise Petzl, spécialisée dans le domaine de prédilection du GFHM : la montagne ! La lignée de mon mousqueton est donc née à Crolles en Isère, lieu de conception et de production ainsi que siège social de la marque. La vie de ses ancêtres fut remplie de tests destinés à prouver leur solidité et leur résistance face aux aléas de la vie d’un mousqueton ! Ayant brillamment passé la batterie d’épreuves éliminatoires, quelques descendants ont acquis le droit d’être exposés dans le show room de l’entreprise, au milieu de cousins plus ou moins éloignés et d’autres produits de la marque : baudriers, casques, sacs, etc. D’ailleurs, si vous avez un jour l’occasion d’entrer dans le showroom Petzl, sachez que c’est un peu comme aller faire ses courses le ventre vide : on a envie de tout toucher et de tout prendre ; c’est une vraie épreuve de self-control ! Si vous surmontez cette épreuve, peut-être pourrez-vous aller plus loin dans la visite des locaux de l’entreprise… Faustine, Lara, Zoé et moi y sommes arrivées, non sans mal on l’avoue !

         Showroom Petzl–  © Severine Stemmer & GFHM

Loin des projecteurs et des paillettes du showroom, d’autres membres de la famille de mon mousqueton mènent quant à eux une vie plus rude : ils sont utilisés lors d’événements dont la marque est partenaire, comme l’Ice Climbing Écrins, auquel nous avons participé le mois dernier (janvier 2019 ; si ce n’est pas déjà fait, allez lire notre compte rendu !). Le parc de prêt est composé des équipements les plus courants en escalade, alpinisme et cascade de glace : descendeurs, dégaines, baudriers, cordes, crampons, piolets, etc. Bref, là encore de quoi remplir nos étagères ! On y trouve du matériel qui date de quelques années déjà mais aussi les dernières nouveautés, comme la toute nouvelle version du piolet de cascade de glace Nomic (un petit bijou, demandez donc à Zoé ce qu’elle en pense !). Après chaque sortie, le matériel est vérifié puis trié : retour dans le parc de prêt ou direction le rebus. Pour donner une idée de l’ampleur du parc de prêt, en 2018 Petzl a prêté environ 2 000 lampes sur une soixantaine d’événements.

Destinés à être manipulés dans l’espoir d’être ensuite adoptés, d’autres membres de la famille de mon mousqueton sont utilisés dans les formations dispensées par l’entreprise auprès de revendeurs, de pompiers, ou encore de cordistes. Certains ont voyagé au-delà des frontières françaises tandis que d’autres sont restés à Crolles, dans le centre de formation V axess. Construit il y a 10 ans, ce centre fait une vingtaine de mètres sous plafond et dispose d’environ 4 000 ancrages pour proposer des profils variés : pans d’escalade sportive (moi aussi je veux bien me former sur ces pans entre midi et deux !), pylônes de spectacles, voie de dry tooling, silo, verrière, fûts de bois, etc. V axess a pour ambition de répondre à la diversité des besoins de formation des clients de l’entreprise tels que la remontée sur corde, l’évolution sous IPN (poutrelle I à profil normal) ou sur une poutre suspendue dans le vide, le dégagement de blessés pendus sur corde ou encore la mesure de palans. Pour notre part, nous avons surtout lorgné sur les pans d’escalade ; savoir suspendre une poutre dans le vide nous a semblé moins utile dans notre pratique !

Le parc de prêt Petzl-© GFHM Centre de formation V Axess © Severine Stemmer

Dans cette histoire familiale, certains mousquetons sont dans les mains d’une guide (même si statistiquement tomber entre les mains d’un guide serait plus probable, mais nous gardons espoir que la parité arrive un jour !). Mme la Guide a à cœur d’en prendre soin, de les vérifier régulièrement et de remplir un suivi des E.P.I. (équipement de protection individuelle) chaque année. Ce suivi annuel est obligataire pour les professionnels et les clubs. Si, comme moi, vous n’êtes pas hyper calés sur la façon de vérifier l’état de votre matériel, allez visiter le site Petzl, accessibles à tous gratuitement, sur lequel des fiches de procédure de vérification et de suivi des E.P.I. sont disponibles au format PDF. Pour faire court, procédez d’abord à une comparaison avec un produit similaire pour détecter d’éventuelles déformations ou perte d’éléments. Faites ensuite une vérification visuelle et tactile. Par exemple pour un mousqueton vérifiez l’état général du produit (marques, fissures, déformation, usure, état du bec, etc.) puis du doigt (marques, fissures, état du rivet, ouverture, fermeture, etc.) et de l’éventuelle bague de verrouillage (même chose que précédemment et vérification de la course complète de la bague). Pour nous aider à déterminer quels produits sont encore bons ou à mettre au rebus, plusieurs exemples d’articles usagés sont photographiés à la fin des fiches de procédure de vérification des E.P.I., avec pour chacun une indication de ce qu’il faut faire. Si le doute persiste, demandez conseil à une personne plus expérimentée !


Informations techniques au bas de la page d’un produit, ici pour le mousqueton Spirit Screw-Lock – site Petzl
Extrait d’une procédure de vérification d’EPI pour un mousqueton – pdf disponible sur le site Petzl

La suite de l’histoire familiale de mon mousqueton ? Elle attend avec impatience d’être écrite au fil de mes découvertes, formations, et sorties ; j’ai hâte de le rayer encore un peu plus sur des rochers ou de la glace ! Parce que finalement, que les mousquetons soient exposés au show room, utilisés dans les formations ou sur le terrain, l’important est de savoir d’où ils viennent, leur historique et de les vérifier régulièrement. Je ne sais pas pour vous mais moi, quand je suis pendue dans un rappel en fil d’araignée de 50 m, je préfère savoir que je peux avoir confiance dans mon équipement !

Merci aux équipes Petzl pour leur accueil et merci à l’entreprise de soutenir le GFHM et de nous faire confiance dans nos projets.

Marion avec Faustine, Lara et Zoé

Weekend d’intégration au Ruitor

Refuge du Ruitor – 23&24 février 2019

Échantillon de pépites de trois promos du GFHM au refuge du Ruitor – © Amel Gendron

Il y a des week-ends comme ça où vous savez que ça va être dur. Le réveil sonne à 5h30 le samedi matin, vous avez des cernes jusqu’au cou, vous loupez la sortie d’autoroute (et la prochaine est à 11km !), vous avez le tonus musculaire digne d’un calamar mort et vous êtes essoufflée rien qu’en enfilant vos chaussures de ski. Bref, vu comme ça, c’est pas gagné. Mais là, vous retrouvez sur le parking trois générations de GFHM surmotivées, avec un sourire jusqu’aux oreilles, des victuailles qui débordent des sacs (« bah oui, faut bien monter l’apéro ! »), une tempête de ciel bleu qui s’annonce pour le week-end et vous vous dites que tout va bien se passer.

            Refuge du Ruitor et découverte du terrain de jeu-  © GFHM&Severine Stemmer

C’est donc ainsi que commence notre week-end intergénérationnel avec au programme deux jours autour du refuge du Ruitor en Tarentaise. Celui-ci n’étant pas encore gardé, nous montons juste le minimum vital pour deux jours, c’est-à-dire 10 kg de fromage, 6 gâteaux et 5 litres de bière ainsi que le matériel de glacier ; autant dire que le sac pèse le poids d’un âne mort (« c’est plus pratique que s’il avait été vivant ! »). Les anciennes, elles, ont des sacs tout petits et tout mignons desquels elles sortent une quantité de choses incroyable. Bref, il y a des progrès à faire en optimisation pour les nouvelles recrues ! Arrivées au refuge situé à 2 035 mètres d’altitude, c’est la première claque du week-end : le refuge est une petite merveille en pierres logée au fond d’un vallon avec un immense terrain de jeu qui s’ouvre devant nous. Nous vidons nos sacs de Mary Poppins (Marie n’en finit plus de sortir du fromage, on a la réponse à nos interrogations puisque jusque-là on se demandait pourquoi son sac ressemblait plus à la tour de Pise qu’à un sac de rando !) et nous voilà reparties pour le col de Montseti à 2 529 mètres histoire de pouvoir tracer un peu dans ce décors de rêve.

Arrivée au col de Montséti – © GFHM
Descente de cinéma du col de Monséti – © GFHM

Une fois revenues au refuge on enchaîne avec les interviews des « jeunettes » au coucher de soleil pour préparer une surprise à découvrir à la fin des deux ans, puis avec un apéro (qui ressemblait à lui seul à un repas), une marmite de pâtes et des anecdotes croustillantes des anciennes promos ; c’est repues et comblées que nous allons nous coucher.

Coulisses d’un projet qui aboutira dans 2 ans ! © GFHM

Le lendemain matin nous quittons le refuge à 7h30 direction la Tête du Ruitor, sommet italien culminant à 3 486 mètres. Nous avons opté pour un itinéraire en boucle: montée par le glacier du Grand et descente par le glacier de l’Invernet. C’est certes plus long, mais ça nous permet d’éviter les pentes à 40° en neige béton de bon matin (« hé oh je ne skie pas en ville moi ! »). Les anciennes nous donnent des conseils, nous soutiennent lors des baisses de régime ou des passages un peu plus techniques : ça se voit qu’elles sont devenues de super encadrantes !

Montée à la Tête du Ruitor –© GFHM

Arrivées au col des Vedettes, c’est la deuxième claque du week-end : le panorama à 180° est tout simplement époustouflant. La dernière partie sur le glacier est interminable, heureusement qu’on a de quoi discuter !

Vue depuis l’arête de l’Invernet – © Severine Stemmer
La Tête du Ruitor à portée de skis © Severine Stemmer

Un dernier petit effort et nous atteignons le sommet vers 12h30 (Marion et Amel ont décidé de le faire deux fois par deux voies différentes, « comme ça on ne sera pas venues pour rien ! »). La vue depuis ce sommet italien est à couper le souffle: 360º de belles montagnes enneigées et des sommets mythiques comme le Mont Blanc et le Cervin à portée de main. On partage ce moment magnifique au sommet avec nos colocs du refuge arrivés juste après nous et avec quelques italiens montés depuis le versant est. Un petit bisou à la vierge et nous voilà reparties pour la descente. En fait non, faux espoir : un repeautage s’impose pour rejoindre le col des Vedettes. Tanya a déjà remis ses deux peaux, desserré ses chaussures et mangé un sandwich au pâté que nous n’avons même pas le temps d’ouvrir notre sac.  Il va falloir gagner en efficacité !

La vierge regarde les Alpes Italiennes-© GFHM Premier 3000m pour la nouvelle promo © GFHM

Le timing est parfait, la neige a eu le temps de décailler et la fabuleuse descente de 2300 mètres de dénivelé jusqu’au parking nous scotche le sourire aux lèvres. Sacré week-end !

Merci mille fois aux anciennes promotions pour ce week-end fabuleux hors du temps, de cet esprit de cordée et de solidarité si particulier. Nous sommes plus que ravies d’avoir rejoint la famille du GFHM qui nous l’espérons, pourra encore s’agrandir dans les prochaines années.

Un grand merci également à Léo et à Olivier pour nous avoir accompagnées ce weekend avec leur bonne humeur, leurs appareils photos et leurs caméras pour immortaliser ces moments dans un décor de rêve.  

Zoé avec Lara, Marie et Marion de la nouvelle promotion et Amel, Christine, Pauline, Séverine et Tanya des anciennes promotions

Formation nivologie ANENA – Faire sa trace

Logis des Fées, Lauzière – 2&3/02/2019

Il était une fois un groupe de fées skieuses au pays de la poudre. Cette histoire commence une froide matinée d’hiver, quand les fées du GFHM – petite pensée pour Charlotte qui ne pouvait pas être avec nous – se réunirent au pays des merveilles, dans la Lauzière, pour leur deuxième wee-kend ensemble.

Les fées du GFHM et leur guide-druide – © Maxime Fiorani

La route est bien enneigée, cela fait plusieurs jours que des gros flocons tombent copieusement. Pour certaines, l’entraînement commence avant d’arriver au lieu de rendez-vous, il faut pousser la voiture bloquée dans la neige. Les conditions sont au point pour une formation en nivologie avec un risque 4 annoncé! La journée commence avec un briefing dans un bar à Celliers Dessus autour d’un café. C’est un moment de rencontre où nous avons l’opportunité de nous présenter et de nous connaître un peu mieux. Notre guide pour ce weekend, Maxime Fiorani, nous présente le kit ANENA de la formation “Faire sa trace”. Cours très pédagogique de nivologie, analyse du BRA, méthode 3×3 et préparation d’une course hivernale, nous nous transformons en élèves studieuses! Pique-nique au parking avant de se lancer direction le refuge, notre maison du bonheur pendant ces deux jours de stage. Faustine nous surprend avec ses super aptitudes culinaires et ses barres chocolatées faites maison. Les fées du GFHM sont des montagnardes certes, mais des montagnardes gourmandes!

Montée au refuge –  © Maxime Fiorani

Mise en application de la théorie: on prend les rênes! Par équipes de deux nous nous relayons pour mener la course jusqu’au refuge. Double test des DVA pour commencer, puis nous apprenons à observer et analyser le terrain, à identifier les possibles pièges et passages dangereux et à prendre les décisions pour une bonne gestion de groupe. En route vers l’autonomie! Les 70 cm de neige fraîche tombés la veille nous incitent à pratiquer une nouvelle sorte de conversion « Japan style » enseignée par Max. Nous faisons preuve d’un style élégant et gracieux, cela se voit de loin que nous sommes un groupe de fées délicates…

Logis des Fées, Lauzière – © Maxime Fiorani

Arrivées au Logis des Fées, on se sent comme chez nous. Mais la formation ne s’arrête pas et l’énergie de notre guide Max ne finit jamais, donc, pas de temps pour se reposer, le GFHM passe en mode sauvetage! Exercice de secours avalanche multi-victimes nocturne et débriefing: on apprend l’importance de bien communiquer, comment déclencher un message d’alerte, recherche DVA et sondage, pelletage en V…

Secours avalanche multi-victimes –  © Maxime Fiorani Séance cartographie – © GFHM

Fini l’exo DVA, il nous reste 30 minutes avant le repas. Pas le temps de chômer, on se transforme rapidement en fées pelleteuses pour construire un igloo pour 8 personnes en mode survie, trop classe. « Génépi toast » à l’intérieur de l’igloo pour fêter notre réussite! On enchaîne avec un délicieux tajine au refuge et la suite de la formation avec « le sac magique du druide ». Max nous montre comment un petit sac peut contenir une centaine de choses, nous donne des conseils sur le matos à ne pas oublier, pharmacie et secours en montagne, et partage ses petites astuces à la MacGyver pour s’en sortir dans tout genre de situation. Première journée de stage magnifique, intense et longue, dodo à minuit avec plein d’infos dans la tête à assimiler pendant la nuit.

Dimanche matin on attaque la séance carto juste après le petit-déjeuner. Comme si nous retournions à l’école, on sort nos rapporteurs, règles et crayons pour planifier la course de la journée en fonction des conditions, météo et BRA et on commence à préparer un raid de plusieurs jours. À l’extérieur de notre maison du bonheur, la neige tombée pendant la nuit nous attend et le vent commence à se lever; heureusement nous sommes un groupe de fées skieuses bien équipées avec nos jolies vestes MILLET.

Vues les conditions délicates, l’objectif de la journée est le sommet du Grand Plan, proche du refuge. Notre groupe de « fées skimo » attaque la montée dans la neige fraîche, entourées par le brouillard et sous quelques timides flocons . L’apparition des quelques courtes éclaircies nous permet d’apercevoir les sommets des alentours. L’ambiance est magique, nous sommes dans un royaume enchanté de pentes douces et jeux de lumières.

Royaume enchanté de la Lauzière, montée au Grand Plan – © Maxime Fiorani

On teste encore nos aptitudes de fées pelleteuses pour réaliser une coupe dans la pente et procéder au test de stabilité du manteau neigeux. La montée continue, encore une fois, la course sur le terrain et la gestion de groupe sont gérées par une d’entre nous. Nous arrivons au Grand Plan, notre premier sommet ensemble! C’est parti pour une deuxième coupe nivologique sur un autre versant afin d’apprécier les différences si importantes entre orientations. Par sécurité, avec la méthode du bâton, on mesure plusieurs fois au cours de la journée l’inclinaison de la pente; la magie de la trigonométrie! Il fait froid, le vent est fort, il est temps de faire demi tour et retourner au refuge pour un repas-goûter tardif. Mais pas avant un dernier exercice de recherche DVA! Quand on aime on ne compte pas!

Coupes nivologiques et test de stabilité – © Maxime Fiorani

Avec beaucoup d’effort on quitte le chaleureux Logis des Fées. Nous sommes récompensées par une descente de rêve dans une neige poudreuse magique, on adore la Lauzière en configuration japonaise! Débriefing au bar avec un chocolat chaud et suite de la formation: aspects humains, les profils du leader et les pièges de l’inconscient. Après ce stage très complet nous sommes devenues un groupe de skieuses plus autonomes, capables de mieux évaluer les conditions et de prendre des décisions sur le terrain pour minimiser les risques.

Bilan du week-end: 8 sac à dos ensevelis sauvés, 300 m3 de neige pelletés, un igloo 5 étoiles, une vingtaine de conversions japonaises, des milliards de grains de neige analysés, des dizaines de km parcourus sur une carte IGN, 800m de descente démente dans une peuf de rêve, des innombrables crises de rire, un guide-druide au top et 7 fées surmotivées avec encore plus envie de partager des nouvelles aventures ensemble!

La Lauzière ou le Japon ? – © Maxime Fiorani

Un weekend intense et magique au pays des merveilles et de la poudre!

Nous vous donnons rendez-vous pour notre prochaine sortie groupe, un raid à ski de 3 jours du 3 au 5 mai!

Adeline, Clémence, Faustine, Lara, Marie, Marion et Zoé

Première rencontre – Ice Climbing 2019

Après 3h30 de route pour certaines, des discussions à n’en plus finir, des rires, des demi-tours, des détours, nous arrivons enfin vendredi soir au chalet du CAF pour l’Ice Climbing Écrins à l’Argentière-la- Bessée.

Première sortie du GFHM à l’Ice Climbing Ecrins 2019, à Aiguilles © Tanya Naville 

Samedi 5h45, le réveil sonne ! Nous sommes sur-motivées, les cascades des Écrins n’ont qu’à bien se tenir !

Nos guides du week-end, Maxence et Dominique ne savent pas encore ce qui les attendent : une équipe de 8 filles, qui se retrouvent pour leur premier week-end, pleines de motivation et assoiffées de montagne, viennent de débarquer.

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Passage de relais chez les groupes féminins

Ça y est, le jour des sélections pour le GFHM (Groupe Féminin de Haute Montagne) et le GAF (Groupe d’Alpinisme Féminin de Savoie et Haute-Savoie) est enfin arrivé ! Nous sommes 60 filles à nous retrouver au gymnase de la ville de Thônes. Premier défi de la journée, trouver son binôme pour les prochaines épreuves. Difficile d’avoir les yeux en face des trous après un réveil à 4h30 et pour certaines 3h de route ! Malgré l’heure matinale et le froid piquant, c’est dans la bonne humeur et les bavardages que nous nous rendons sur le lieu de départ de la première épreuve ; d’autant qu’il fait un temps merveilleux pour nous encourager ! Au programme de la journée : montée chronométrée, parcours en alpinisme mixte avec vérification des acquis techniques, épreuve d’escalade en salle et entretien avec un jury.

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Le GFHM et les Cobayes à la Grande Glière

Et voilà notre dernier week-end officiel en tant que GFHM vient de se terminer !

Autant ce stage nous aura demandé plus de travail de préparation en amont et pendant les deux jours, autant une fois le week-end passé, nous avons décidé de laisser bosser les « Cobayes » pour le compte rendu… Les quoi ? Oui, oui, les Cobayes !!!

Ce sont des nanas volontaires (ou insensées) qui ont accepté de s’encorder au bout de notre corde pour qu’on les emmène en montagne pendant un week-end. Deux journées, sous l’œil de Seb Escande et Amel Gendron pour que l’on passe notre diplôme d’initiateur alpi ! 🙂 Je suspecte qu’elles n’ont pas trop fait gaffe à ce à quoi elles s’engageaient 😉 On leur avait vendu un week-end tranquille, on y croyait presque, on avait juste oublié les plans escandiens 😉

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Stage Alpinisme Estival

Nous voilà parties pour notre dernière aventure au sein du GFHM. Deux ans d’aventures et d’apprentissages qui finissent ce week-end chez la reine Meije. Bon, pas exactement, puisqu’on ira chez le voisin : le Râteau, par sa belle arête NE.

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