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Goulotte & Glace en demi-groupe à Chamrousse les 9 & 10 avril 2022

ll était temps pour la deuxième partie de l’équipe d’aller dompter les goulottes !

Voici le récit d’un week-end 2 jours / 2 ambiances ! 🌨️ ☀️

Jour 1 « temps de chien ! » / Jour 2 « soleil radieux ! ».
Protagonistes : Chacha, Maria Vanessa accompagnée de Seb et de Hugo (aspi) 

Prologue : Extrait d’une brève discussion avec des amis “ Vous allez faire de la goulotte ce week-end ?! Drôle d’idée, c’est clairement pas les bonnes condis “
Et oui… mais quand il est écrit GFHM dans l’agenda bah on garde la tête haute et on y va ! 

Samedi
En bas, au village, c’est remplies d’espoir que nous dégustons notre chocolat chaud : “Il y a plein de ciel bleuuu ! ”. Quelques virages plus tard, en voiture vers Chamrousse, l’espoir est balayé d’une traite : il neige à gros flocons. 

C’est donc emmitouflées dans nos couches les plus chaudes (merci Millet Mountain!) et dans le brouillard que nous attaquons ce week-end tant attendu. Si on se réjouissait tant c’est parce que certaines parmi nous n’ont jamais fait de goulotte et parce qu’on a admiré avec envie et admiration les exploits de l’autre moitié du groupe en février. 

Le programme du premier jour est revu en fonction de la météo et nous nous rendons à Casse-Rousse. Seb connait le coin par coeur, on n’a donc pas de soucis à se faire à ce niveau là. On débute par “l’Eperon de gauche” qui ne ressemble pas à une goulotte à proprement parler mais plutôt à une grande pente arborée, en neige et mixte. C’est pas la dedans qu’on fera des photos de magazine mais c’est idéal comme voie d’échauffement et pour revoir les techniques de progression. De toute manière on y voit pas grand chose et surtout, on se les caille !
Ça brasse bien pour la leadeuse, ça caille sévère pour la seconde qui essaye de trouver un juste équilibre entre l’encouragement et le houspillage pour ne pas passer trop de temps au relais.

La descente se fait par un couloir assez raide qui offre un bon terrain d’exercice également.

Ambiance des tropiques @GFHM

Et comme il est encore un peu tôt et que personne n’ose jouer les rabats joie malgré les dents qui claquent, on enchaîne avec une autre goulotte juste à côté : la goulotte du Bloc Coincé. Une voie beaucoup plus esthétique ! Ça ne passe pas très facilement (voire difficilement) à cause du manque de glace et la progression est donc assez lente. Je m’efforce à penser très fort à une plage de sable brûlant et à une soupe bouillante pour tenter de rester cordiale avec ma compagne de cordée qui galère un peu plus haut avec un gros nœud de corde indémêlable.

Nous avions prévu de parcourir uniquement les deux premières longueurs qui sont les plus intéressantes techniquement. Descente en rappel illico, on remet nos chaussures de ski congelées et on file vers la station. Dodo au village de Chamrousse dans une ambiance chaleureuse qui fait du bien au moral ! En plus on fête l’anniversaire de Hugo qui s’avère être le meilleur pâtissier de toute notre team. 

Goulotte du bloc coincé @GFHM

Dimanche
Une fois n’est pas coutume, on se lève après le soleil ce matin, il fait grand beau et Seb nous apporte les croissants. Triple ration de joie s’il vous plaît 🤩

Programme du jour :  la Pointe Escombaille pour la goulotte « Est-ce qu’on baille » ouverte par Seb en 2004. Pour gagner un peu de temps (et d’énergie) nous prenons le télésiège jusqu’à la Croix de Chamrousse. De là on skie jusqu’au pied de la voie. Il a bien neigé et ça donne clairement envie de skier. On entendra d’ailleurs les cris de joie des skieurs sous nos pieds durant toute la journée. 

La première longueur, toute en rocher est vraiment verticale et pas simple du tout. C’est donc Hugo qui s’y colle ! Nous sommes deux cordées et empruntons des itinéraires légèrement différents avec chacun leur lot d’aventures ! Tout le long la voie est magnifique, variée, bien raide et technique dans certains ressauts.

Le moment phare de cette journée :  le test validé haut la main de la chute non volontaire de Charlotte sur câblé n°2 ! Sa première réaction “Il a tenu !!! “ Réponse de Seb « Évidemment, sinon ça ne servirait à rien d’en mettre”.

La sortie de la quatrième longueur se fait sur une belle arête facile mais un peu gazeuse avant d’attaquer la longueur de sortie. 

Nous arrivons au sommet sous un grand soleil et bien heureuses de cette journée.
Au final c’était peut-être un week-end presque idéal pour faire de la goulotte ! Merci les guidos ! 

Maria, Chacha, Vanessa, Seb & Hugo  © GFHM

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Week-end ski alpi en Dévoluy

02 & 03/04/2022

Il faut savoir qu’au GFHM il y a 2 équipes différentes : les mordues du rocher et les fondues du ski. Suivant les saisons, les envies prennent le dessus, et clairement en ce mois de mars printanier le ski perd peu à peu ses adeptes à la faveur de la chaleur accueillante des falaises, malgré quelques irréductibles qui ont du mal à troquer les chaussures de ski contre les tongs.

Mais voilà la météo n’en fait qu’à sa tête et miraculeusement la neige est de retour, pile poil pour le week end ski alpi, qui se fera à 4 : Maria, Lulu, Cha et Elo encadrées par Max. Le suspense est à son comble, qu’est-ce que nous allons bien pouvoir faire ce premier week-end d’avril, avec des conditions dignes de janvier : gros cumuls, vent et froid sont annoncés. La sentence tombe : non nous n’irons pas nous dorer la pilule dans le Sud mais nous partirons à l’attaque du Dévoluy et de ses fameux chourums ! L’idée nous emballe car nous en avons parlé plusieurs fois ensemble et puis quand on y pense dans une grotte il ne neige pas, donc pas besoin de prévoir un parapluie pour se protéger des intempéries.

Jour 1 : La traversée héroïque où comment faire de la spéléologie en ski de randonnée.

Bon okay, il faut se mettre à l’évidence : à 5 avec des skis et des cordes il faut un compresseur pour nous faire rentrer dans une seule voiture, ou alors il faudrait se trouver une limo 4×4 floquée GFHM. Nous partons donc en convoi de 2 voitures affronter la route blanchie par la tempête de neige. Au fur et à mesure des km de goudrons avalés le temps s’éclaircit, miracle nous allons avoir du soleil ! Le Dévoluy dévoile enfin ses secrets.

L’arrivée au parking signifie debrief : nous sommes seuls, il fait froid, bon la neige n’a pas été abondante dans le coin il va falloir se résigner pour les virages carte postale, le temps est clément même si à la vitesse où fusent les nuages aux dessus de nos têtes on se doute qu’il va falloir fermer la bouche si on ne veut pas se faire déchausser toutes nos dents. Max insiste grandement sur la frontale, outil indispensable pour la sortie d’aujourd’hui. Habituées aux plans farfelus de nos guides préférés on sent la journée qui va se terminer dans la nuit noire, stalactite pendouillante au nez.

Nous partons ski aux pieds du parking direction le chourum de la traversée héroïque, la montée passe vite et nous nous retrouvons en visu de cette grotte atypique de rocher jaune. En fait grosso modo il y des trous partout ici : des petits, des gros, des traversants, si les grottophiles cherchent un paradis, c’est le Dévoluy. Nous troquons donc les spatules pour les crampons et nous attaquons la grotte : invasion du GFHM en cours. Tout est sec, rendant la grimpe plus compliquée dans la première longueur : ce n’est plus du ski mais de l’alpi hivernal ! Cette grotte en forme de tête d’alien, ovoïde avec des yeux immenses qui scrutent le ciel, est déstabilisante. Un empilement de rocher jaune et de neige blanche qui se descend même à ski quand le manteau est plus fourni, nous avons clairement atterri dans un autre univers. Entre manip de cordes, relais, pose de main courante et évolution en corde tendue, nous révisons nos basiques !

Ambiance dans la première longueur – © GFHM

A la sortie du chourum, l’exploration des grottes locales n’est pas terminée. A l’attaque de la descente, première surprise avec Maria qui se retrouve la jambe dans un trou (n’oublions pas sa taille mannequin avoisinant le mètre 90, ce n’est donc pas un petit trou dont on vous parle). Cela nous rappelle qu’il n’y a pas que sur les glaciers qu’il faut se méfier des ponts de neiges. Remises de nos émotions, nous suivons un Max cachotier qui nous conduit à l’entrée d’une mystérieuse entrée creusée dans la neige. Skis et sacs à la main nous nous faufilons dans ce tunnel : invention du spéléoski !

Max et ses endroits cachés du Dévoluy – © GFHM

Un peu rassurées sur l’utilité des frontales qui n’étaient donc pas là pour nous sauver la mise lors d’un retour tardif mais pour nous faire admirer de stalactites de glace, nous nous mettons en configuration descente. Pas de poudre en perspective mais du ski technique avec une neige changeante pas évidente à aborder. Il faut se la jouer souple sur les appuis et ne pas oublier de fermer la bouche car la neige glacée ne fait pas de cadeaux. Tiens d’ailleurs, Elo qui a tendance à faire un peu trop la maligne se retrouve sur le dos après un virage mal négocié : chute impossible à rattraper il a fallu choisir entre l’arrêt sapin ou tortue.

Retour au parking, nous reprenons la route direction le gîte de Saint Didier où nous passons une soirée dans le confort : douche, super repas, cramage au bord du poêle, c’est le grand luxe ! Ça y est, il est temps de planifier la sortie du lendemain. Notre objectif est le Chourum Olympique : un enchaînement technique de deux grottes dans les barres rocheuses de la face Est du Grand Ferrand. Nous prenons le temps de bien étudier la météo, en essayant de choisir le modèle de prévision le plus fiable en comparant les données théoriques et terrain observées durant la journée. Les différentes prévisions sont plutôt concordantes : des éclaircies le matin nous laisseront le temps de réaliser la course sous condition d’un départ très matinal (5h du parking) mais il faudra faire attention car des orages arriveront dans l’après-midi. En parallèle, le BERA est mitigé, les accumulations de neige dues au fort vent des derniers jours sont piégeuses en face Est, il faudra donc bien prendre le temps d’étudier le terrain avant de se lancer. En effet, la présence de barres rocheuses rend le parcours exposé et particulièrement dangereux en cas d’avalanches.

Allé zou, au lit !

Jour 2 : Chourum olympiques et bonhomme de neige

Comme d’habitude le réveil matinal est difficile. Heureusement nous sommes motivées par le café chaud et la course qui nous attend. Sans perdre de temps, nous nous entassons dans le 4×4 de Maria avec Max aux commandes. L’objectif est de monter jusqu’à la cabane de chasse en voiture pour gagner 200 mètres de dénivelé à pied sur une piste. En pilote aguerri, Max nous conduit juste en dessous du chalet de chasse, objectif de départ. De grosses accumulations de neige ventée sur la route nous empêchent cependant d’atteindre celui-ci. Nous laissons donc la voiture sur la piste, chaussons les skis et partons : quelle efficacité nous sommes pile poil dans les temps !

Petite blague, ceci est un faux départ : nous finissons par déneiger complètement la piste à l’aide de nos muscles surentraînés, redescendre quand même 10 min en marche arrière, nous rendre compte que nous avons oublié les clés de l’autre voiture dans un sac devant la cabane, remonter la piste en 5ème vitesse, récupérer la clé, réussir finalement à faire un demi-tour, redescendre en 8ème vitesse au gite récupérer l’objet du délit dans ladite deuxième voiture et refaire le chemin jusqu’à la fameuse cabane.

La cause de tout ce tintamarre : un DVA défectueux détecté lors du check groupe, oupsy. Cependant il est impensable de faire la course sans car c’est un outil de sécurité indispensable et il manque la pièce pour passer en mode recherche. Mais coup de chance nous en avons un de rechange dans nos affaires au gîte.

Résultat des courses : Un faux départ parfaitement réglé, et une heure de retard au chrono… Mais l’esprit de groupe, l’adrénaline et l’envie de voir ces chourums de nos propres yeux nous aident à garder le moral et nous partons finalement en direction de notre objectif.

La recherche d’itinéraire n’est pas facile ce matin, le brouillard est fortement présent et bien plus haut que prévu. Nous nous aidons des cartes et des points de repères que l’on devine pour éviter les zones de pièges que forment des chourums verticaux et nous diriger vers la bonne direction.

Soleil et vue dégagée  – © GFHM

Au bout de deux heures d’ascension nous avons enfin le droit à une éclaircie et nous nous émerveillons des paysages alentours : dolomitiques ! Le rocher jaune du Dévoluy est superbe et l’ambiance laiteuse couvre le tout d’un voile rêveur.

Répit météo avant de faire demi-tour- © GFHM

Nous arrivons enfin face au chourum olympique, malgré le fort vent glaçant il est essentiel de prendre un moment pour la décision de se lancer dans la partie technique : c’est un point décisionnel. L’objectif est d’être efficaces et pertinentes : observation de la situation, confrontation avec les données théoriques, notre ressenti, étude des risques et des différentes possibilités qui s’offrent à nous.

Au bout de 10 minutes nous avons tranché : les chourums ce sera pour une autre fois. En effet, ce que nous observons depuis le départ concorde avec le BERA annoncé : de fortes accumulations de neige sont présentes en face Est, résultat du vent ressenti hier. De plus, la météo de la journée est alignée avec les pires prévisions des modèles, laissant présager des intempéries dès le début d’après-midi. Et finalement, à cause de notre faux départ nous avons plus d’une heure de retard sur le planning.

Petite déception pour le groupe, mais ce n’est pas grave nous avons une stratégie de repli : c’est le moment idéal pour découvrir la construction d’igloo, abris de secours qui peut être utile en cas de problème. Nous redescendons sur un replat à l’abri du vent et nous nous lançons dans le défi de Max : la cahutte doit être construite et aménagée en 20 minutes top chrono. Très efficace pour se réchauffer et finalement on s’y sent même super bien pour faire la sieste !

Igloo en cours, ça réchauffe ! – © GFHM

Le retour au parking en fin de matinée se fait en slalomant entre les cailloux, les semelles n’en sortent pas toutes indemnes… Nous profitons de notre après midi pour faire un gros debrief du week-end et notamment des prises de décisions autour de café et viennoiseries dans une boulangerie. Le bilan est super positif car nous avons été mises face à la difficulté et la méthodologie du choix, essentielle en montagne. Et puis comme d’habitude avec le GFHM on a passé la sortie à se marrer et à se raconter des histoires. Une chose est certaine : Dévoluy prépare toi car l’année prochaine on revient t’embêter et explorer tes montagnes ! 

Nous apprendrons qu’une avalanche a emporté des skieurs dans la face des chourums le lendemain de notre renoncement, heureusement sans faire de blessés. Étrange sentiment de réaliser l’importance de la connaissance du terrain dans lequel nous évoluons mais surtout des outils que nous avons à disposition comme les formations, le BERA, la météo, les méthodes de prise de décision.

Charlotte, Maria, Lucille et Élodie

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Raid à ski dans le Beaufortain – 26/27 & 28/02/2022

Et voilà ! Premier week-end à huit sur nos spatules! Et dans le Beaufortain, il y a de quoi tracer ! Les composants de l’orchestre de 8 poules et 2 coqs dans “Balade Beaufortaine” sont : 

  • Seb Escande: « chef d’orchestre »
  • Jean-baptiste Gondouin: « concertino »
  • Accompagnés de la chorale:  « les poules du GFHM »

1 ère partie: “Allegretto di pouli

On se retrouve tous à Granier. Il fait grand beau, (la malédiction météo du GFHM n’est plus à la mode) la journée promet. On se met un peu à jour, des sourires et quelques blagues pendant qu’on étudie l’itinéraire du premier jour. On s’organise avec des binômes, lesquels on va tourner pour prendre le “lead” jusqu’au refuge: les Chalets du Cormet.

Prêtes à partir – © Sébastien Escande

C’est parti, on attaque la 1ère montée ! On essaye de faire nos traces. Dans le Beaufortain, il y a encore de quoi tracer ! Seb ne s’arrête jamais de nous expliquer des petites astuces pour que notre trace soit plus efficace. En tout cas, il ne suit jamais notre trace, et il est complètement freestyle notre Seb !

Faire sa trace – © Sébastien Escande

Après 600 m D+, on observe le terrain et on étudie notre descente. Gérer le groupe à la descente est moins évident qu’à la montée.  Il faut choisir les bonnes orientations, avec de la bonne neige, et pas dangereuses. On veut faire des jolis virages carte postale ! Mais on n’est pas si mauvaises en lecture du terrain, et la première descente c’est sur une pente toute en poudre ! Une descente malheureusement pas très longue car il faut remettre les peaux bientôt.

Deuxième montée de la journée – © GFHM

Il est 15h. Pente Sud. Premiers doutes: “je ne suis pas sûre si c’est la bonne heure de passer par là… “Il y a des boulettes à droite… ”Seb a toujours les bonnes réponses. “C’est encore de la croûte, la neige n’est pas transformée ! « 

La partie haute de la dernière descente ne donne pas envie d’ y aller. Tate passe en premier, avec son virage sauté de la “Giettaz city”. Seb nous montre comment installer une main courante en 2 minutes: et c’est parti pour le ski en style dérapage, mais en sécurité.

La descente se poursuit jusqu’au refuge. On se fait plaisir ! La neige sur les versant NE est froide, et on peut faire les derniers jolis virages avant d’arriver au refuge.

Dernière montée de la journée – © GFHM

Affamées, on dévore les pâtes que la gardienne nous a laissées au refuge. On décidera l’itinéraire du deuxième jour demain matin,  les poules ont besoin de se reposer.

Jour 2: “Minuetto de Pressetto”

Grasse mat ! Réveil à 7h, petit déjeuner et un peu de nivologie. On étudie la carte et l’itinéraire jusqu’au refuge du Presset. Les binômes sont faits. Cha et Lulu sont le premier binôme de la journée. « Check-dva », et nous sommes parties !

Réveil et carto – © Sébastien Escande

La première montée est longue. On fait toute la trace, on est seules et les pentes sont vierges. Le soleil commence à chauffer, mais on avance: on est plus à l’aise avec la gestion du groupe et la trace est efficace. L’objectif de trouver des pentes avec de la bonne neige est plutôt acquis ! On a tracé toute la descente avec une neige formidable !!!

Solitude – © GFHM
Arrivées au col – © Sébastien Escande

On a fait la moitié de l’itinéraire: le refuge du Presset est encore loin. On parle moins, il fait chaud, et on commence à sentir la fatigue. 

Passeur de la Mintaz – © GFHM

Après le Passeur de la Mintaz, on voit le refuge. Bientôt le repas chaud de « l’hôtel Presset » !

Pierra Menta et poulette – © GFHM

Arrivées au Presset à 18h. Une tournée des bières, la soirée n’est pas encore finie. Seb est infatigable. On poursuit la théorie de la formation des sous-couches fragiles persistantes jusqu’à ce que la gardienne nous dise qu’elle doit éteindre les lumières. Ouiiiiiiiiiii !  On peut finalement aller rejoindre nos couettes !

Jour 3: “Vivace di ritorno »

Commencer la journée avec une descente, c’est bien ça! Les “check” DVA, sont efficaces, ça ne traîne plus ! Une première descente pour chauffer les cuisses et puis c’est parti pour la montée du jour. On monte le couloir E du Roc de la Charbonnière, la neige commence à se transformer, les crampons ne sont pas nécessaires et la montée du couloir est plutôt facile.

Montée au couloir  – © GFHM

On sort du couloir, et là c’est le concert : ça chante pendant que Cycy cuisine des sardines avec du papier toilette… (les gens de la Drôme ont des traditions particulièrement bizarres), mais en tout cas, elles étaient excellentes !

Pause finie, maintenant on chausse les skis et on rideeee!!! 

Le départ de la descente est un peu raide, mais la neige est facile à skier. Comme Seb nous avait demandé depuis le début du raid : les itinéraires bleues de la carte sont interdits à suivre. Du coup on ne croise personne dans les descentes, et on se fait plaisir en faisant notre trace. La gestion de la descente est efficace, rien à voir au premier jour de notre raid ! On enchaîne la descente avec une pause technique pour trouver des couches fragiles. Un peu de pratique après toute la théorie d’ hier soir au refuge, on arrive à mieux comprendre !

Belle couche fragile – © Sébastien Escande

La descente se poursuit avec de jolis virages, sur tout type de neige, mais sans aucune difficulté. On essaye de faire des signes à Max, il est au sommet en face avec un client. “Bon, il ne nous voit pas, on continue nos virages ! ”

Heureuses, on arrive au parking. Ce raid à ski a été vraiment top ! Très enrichissant, avec une très belle ambiance et une cohésion d’équipe formidable. L’évolution du jour 1 au jour 3, est quand même remarquable ! 

Seb, pédagogue jusqu’au bout, nous fait un petit test entre bières. On s’en sort pas mal ! 

Maintenant on est mieux prêtes à se lancer à faire nos traces, choisir nos itinéraires, sans suivre les traces classiques et faire nos traces en sécurité.

La belle équipe – © Sébastien Escande

Merci Seb et Jean-Baptiste pour ces 3 belles journées !

Lucille, Cyrielle, Maria, Sophie, Adeline, Élodie, Vanessa, et Charlotte.

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Week-end goulotte, Vercors et le Taillefer- 05-06/02/2022

Goulotte de l’Arche @Sophie – GFHM

« Max nous a embarqué dans une sacrée mission bien ambitieuse ! » (commentaires de Cyrielle dans le compte-rendu racontant au reste du groupe le weekend)

Après un mois de janvier durant lequel il a fait grand beau, quelques flocons tombés les jours précédents et un redoux, les conditions ne sont pas si évidentes pour trouver des goulottes sympas. Heureusement, Max a de la ressource. Il nous propose un joli programme : goulotte de l’Arche dans le massif du Vercors le samedi et couloir NNW du col du Grand Van, dans le massif du Taillefer le dimanche. 

Va pour le plan A (y a pas vraiment de plan B, remarque, et ça a l’air tellement bien !), on réévaluera au fur et à mesure pour le dimanche : on est motivées, mais on sait que la journée de samedi va être longue.

Samedi 05/02

Rdv à 9h. Quel luxe, une grasse mat’ ! On fait la marche d’approche à pied, et heureusement qu’il y a un couple pour tracer avant nous, on regrette presque les skis car on s’enfonce plus que prévu.

Goulotte ultra belle, un peu sèche, et on pense grandement à un des ouvreur de cette voie 15 ans plus tôt : notre cher guide Seb Escande. Couloirs de neige, ressauts pleins de mottes d’herbes glacées, coinceurs et câblés, du joli caillou et une météo plutôt clémente, le kiff !

« Je me suis enfin décidée à regrimper en tête dans la goulotte! Alléluia tout arrive! Et là, je me suis trompée d’itinéraire, j’ai été attirée par une verticalité bien grimpante, j’ai posé tous les coinceurs et câblés que j’avais! Ne me voyant pas arriver au bout de 30 bonnes minutes, Max est venu me sauver. (…) Ca n’a pas duré, Lulu a trouvé le bon itinéraire et hop on est reparti ailleurs ».

Sortie à 17h de la voie, oui c’était un peu long, mais on en prend plein les mirettes avec une arrivée sur le plateau du Vercors, au-dessus de la mer de nuages, un coucher de soleil à couper le souffle, des couleurs incroyables. Sacrée récompense !

La fameuse arche et le plateau du Vercors @ Lucille, Sophie – GFHM

Il fait rapidement froid, on descend à pied dans une neige où on s’enfonce et on se tape les tibias sur la croûte à chaque pas. Solution: la luge! On fait toute la descente sur les fesses pour finir à bartasser dans la forêt à la frontale, pas mécontentes de retrouver le parking ! 

Retour à Grenoble à 21h, c’était une grosse journée et Max nous propose un plan B pour le lendemain, une goulotte dans les Bauges. Mais nous, on a envie de varier les plaisirs, et une cascade avec ski sur le dos (et donc descente à skis) ne nous laisse pas indifférentes. On part donc sur le plan A, c’est ambitieux, ça va être long, mais ça donne trop envie ! 

Dernier message de mise au point à 22:30 et un RDV le dimanche matin à 6h, courte nuit.

Dimanche 06/02

Approche en skis de rando de plusieurs heures, Max fait un peu de nivologie sur la route mais on a quand même un timing à tenir. Il dira quand même, durant la journée “Today is a ‘frontale’ day” et ça veut bien dire ce que ça veut dire, on finira de nuit et puis c’est tout.

Grimper en cascade avec ses chaussures de ski cramponnées et ses skis sur le dos, une insoutenable légèreté.

On passe notre point de non-retour, là où on s’est dit que si on en peut plus, c’est le dernier endroit pour descendre en rappel; mais on est surmotivées, ça caille, faut pas oublier de manger parfois car on ne fait pas vraiment de pauses, on se prend deux trois bouts de glaces volants qui coupent le souffle (mais c’est quoi ce sport, franchement ?!), mais c’est beau, il n’y a qu’une seule autre cordée et on avance bien.

Couloir NNW du col du Grand Van et sa cascade @ Sophie, Cyrielle – GFHM

« Bon, Elo a quand même fait son boulet une fois et a envoyé valser son piolet dans le vide en manquant d’égorger trois personnes mais ils ont su éviter son attaque diabolique. Max est descendu à sa rescousse et lui a filé son piolet. »

400 mètres de difficultés : arrivées en haut en même temps que des couleurs de fin de journée dingues et que des bourrasques de vent littéralement à tomber.

Max dans le dernier ressaut @Lucille – GFHM

« On n’y croyait pas trop, on n’était pas chaudes après la première journée qui s’est avérée plus longue que prévue! Mais on l’a suivi (Max) !! Bon on ne va pas se cacher, heureusement qu’il était là! Déjà, grimper sur une cascade avec des skis! Quelle idée! Mais on l’a fait, c’était fou! Long, épuisant, fatiguant, froid, mais évidemment, quelle récompense au sommet avec ces deux beaux couchers de soleil ! »

Vent, neige et nuit ! On est contente que Max connaisse comme sa poche le parcours du retour et qu’il ait une frontale digne d’un phare. On commence à pied puis on chausse, on passe ce passage délicat qu’est le Pas de la Mine (il a dit “faut pas tomber, restez concentrées », mais il faisait nuit, on lui a fait confiance et on a rien vu).

« On savait pas trop si nos cuisses allaient tenir après la cascade mais ça l’a fait ! Mais bon, on avait un style de mères ! (Sauf Elo, (…) même après une journée de cascade ski sur le dos en tête, elle assure encore, le bébé), alors que nous, on était en chasse neige tellement on n’avait plus de cuisses. »

Puis retour au parking  avec un petit boarder-cross dans la forêt en prime ! La chance !

Retour à Grenoble à 22h, hyper contentes ! On n’en revenait pas d’avoir fait ces deux jours, on s’est dépassées alors certes on n’a pas pris beaucoup de temps pour la théorie mais on a beaucoup pratiqué et c’est l’occasion d’être en petit groupe pour faire des projets un peu grands.

Élodie, Cyrielle, Sophie et Lucille

Note à moi-même : ne pas oublier de me couper les ongles des orteils avant d’aller taper comme une ouf dans de la glace, le bleu hématome, c’est pas ma couleur de vernis préférée.

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Fondamentaux Alpinisme, Rocher: les Ecandies, 28-29 août 2021

Après deux mois d’été, le projet est fixé et validé le jeudi soir précédent le we: la prophétie du gfhm concernant le mauvais temps ne nous atteindra pas, il fait beau, direction la Suisse, on ne partira pas dans les Écrins cette fois.

Programme prévu: J1: traversée des Ecandies , puis remontée d’un couloir équipé de cordes fixes pour atteindre le glacier du Trient jusqu’à la cabane du même nom. J2: semi traversée des Aiguilles Dorées, ou grimpette sur l’arête sud de l’aiguille sans nom. Bref, le rêve.

Nous sommes surmotivées, on arrive à être toutes disponibles le vendredi soir pour se retrouver à Champex, Suisse! Le très peu aimable gérant du camping (il ne va pas lire ça, si?) nous a fait une place au bord de la route, on est déjà contente, hé oui, c’est le week end de l’UTMB, il y a du monde partout!

Covoiturage en place, les premières arrivées ont le temps pour un petit apéro, tandis que Max et les 4 autres filles arrivent à 21h. Il fait déjà nuit, et froid, et humide. Bref, un petit repas englouti, le debrief pour le lendemain est fait avec un tour de table du niveau de forme. Ah. Entre les fétardes et les grandes travailleuses de l’été, en ajoutant la route pour venir ici… la fatigue est bien là, mais la motivation et le bonheur de se retrouver paraissent largement compenser ça.

Les cordées de deux sont faites aléatoirement, on prépare le matos en binôme.

Pensée à Seb qui n’est pas dispo, Max est donc notre unique guide du week-end, qui n’a pas froid aux yeux quand il s’agit d’embarquer huit folles, euh huit filles pardon, dans un endroit qu’il connaît comme sa poche, les Ecandies.

Vite, au dodo, on se lève tôt demain !

Dormir… un grand mot, quand on entend toute la nuit les “tic tic tic” des bâtons des traileurs de l’UTMB, les applaudissements et les klaxons du public qui encourage chaque participant.

4h levées, au taquet, on fignole les sacs par cordée, on n’oublie rien s’il vous plaît, surtout pas le café chaudement prévu et préparé par Cycy.

Au taquet mais pas trop rapides quand même, on est en suisse, y’a pas l’feu au lac!

Du coup on perd déjà du temps, on s’entasse dans les voitures qu’on essaye de monter le plus haut possible sur le chemin, on cale, cale encore…

La montée à pied commence dans le joli vallon de l’Arpette, il fait frais, on est seules et les Ecandies se cacheront jusqu’au dernier moment dans les nuages.

Tas de cailloux – Ecandies – © GFHM
Poulette sur tas de cailloux – Ecandies – © GFHM

Chacun son rythme, petite pause, ça tchatche, les cordes changent d’épaules au milieu de la montée, et après plus de 1000m de D+ et 2h30 de montée, on pose les sacs, on s’allège, on se prépare, le début de notre traversée est tout proche. On pense tout haut toutes ensemble pour ne rien oublier: doudoune? On prend! Chaussons? Aussi!

On s’encorde deux par deux, Charlotte et Täte ouvrent le bal, en grosses, la première longueur n’est déjà pas si simple! On s’élève, on progresse corde tendue, ah en fait, on rallonge, on défait nos anneaux, ah, on raccourcit, pas évident d’être efficaces et rapides dans les manip’ de cordes et les relais.

Un écart se creuse avec les cordées de derrière qui ont mis un peu de temps à passer la première longueur et qui sont suivies par deux guides et leurs clients.

Max a donné des radios aux première et dernière cordées, il se démène pour nous regarder de loin, nous corriger, valider nos questionnements d’itinéraire et motiver les dernières.

On discutera par la suite de la différence qu’il existe dans la position des cordées : être devant, être à fond, avancer et attendre les autres aussi, et être derrière, un peu pressé pour ne pas être distancé et ne pas avoir l’impression de ralentir les autres, ne jamais s’arrêter, et avoir d’autres groupes après qui peuvent donner un peu la sensation d’être oppressée. Psychologiquement, c’est différent !

Un rappel, de la désescalade, c’est varié et on reste sur le fil, on grimpe la jolie partie du rasoir, c’est aérien, on entend Elo, « vraiment, j’aime pas l’escalade ! ». On laisse passer les deux guides qui nous suivent, on fait une pause pour toutes se retrouver, manger un bout… ah, on n’a pas toutes compris la même chose, certaines ont posé leur piquenique en bas de la traversée. Heureusement, Sophie balade un super cake salé jusqu’au sommet, et nous le partage. On ne regrette pas les doudounes, il ne fait pas chaud par ici! C’est splendide, on en prend plein les mirettes de ce granite et de cette vue. On n’a cependant pas rattrapé notre retard et la fatigue se fait sentir.

Poulette sur l’arête – Ecandies – © GFHM
Poulette sur l’arête – Ecandies – © GFHM

On l’attendait tant -on l’appréhendait tant-, le saut de l’ange! Juste un petit mètre de rien du tout, on s’était entraînée à sauter les carreaux de nos cuisines, mais là… avec du gaz et une réception qui parait précaire, ça donne de bonnes sensations! Mais il faut bien y aller, et Max, qui passe comme si de rien n’était, nous pose une main courante et va nous assurer d’en face. On pourra toujours s’accrocher à sa jambe en atterrissant si on veut. Aaaaaalleeeeeez, yaaaaa, on l’a toute fait, et on continue sur une jolie fissure que Sophie passe easy, avec un pas de 5c+, on a décoré la falaise de pleins de friends de toutes les couleurs, tous les 30 cm histoire d’être bien sûres. Merci Sophie, moi j’ai pas rigolé en second, je suis passée mais c’était pas classe du tout, avec en prime Max qui veut prendre une photo alors que c’est un endroit improbable où je ne me sentais pas trop trop calée, « oui, lève le bras, le deuxième, top, la photo du jour ! ». Sans regret, elles sont superbes, ces photos !

Max qui garde le smile, malgré quelques filles fatiguées, qui garde aussi son attention pour surveiller ce qu’on fait, pas évident de prendre du temps pour l’apprentissage dans cette journée si intense.

On atteint le sommet sud, 2873m, on tire un bon grand rappel, et zou, on redescend -et remonte – retrouver nos affaires, avec beaucoup d’attention, car avec le froid, la faim, les longues heures sur l’arête, il est 16h passé, nous ne sommes plus vraiment très vigilantes.

Sauté de poulette – Ecandies – © GFHM
Descente de poulette – Ecandies – © GFHM

Noeud décisionnel, ou le moment de choisir la suite, en essayant de prendre en compte tous les paramètres.

Max nous présente les différentes options : on continue par un couloir pour atteindre le glacier du Trient et le refuge, on en aurait pour 2-3 heures, arrivée vers 19h si on trace.

Ou on redescend, il nous faudrait 3 heures, et on avise demain. La moitié de la team est fatiguée, mais on ne lâche rien, on y va, direction la Cabane du Trient par les cordes fixes en mode via ferrata. Tandis qu’Elo a repris du poil de la bête sur la cordée de Max et Maria, Vanessa a un petit coup de mou dans la montée, elle grignote un bout, c’est reparti. On pose les crampons, on fait 2 cordées et Max, sérieux, nous speede un peu, la montée n’est pas finie, et le gardien va râler, le repas va être froid ! On aura poussé le bouchon un peu loin, notre Vané se sent mal, respire mal, ni une ni deux, Täte se retrouve avec son sac sur le dos, Dr Charlotte sort la trousse à pharmacie, et la caravane repart doucement. Refuge ! Enfin ! C’est pile l’heure du dîner, la salle est bondée, Vane monte au dortoir et les filles se relaient à ses côtés. On se ressource un peu, le repas est hyper bon et réconfortant. On revoit à la baisse nos plans du lendemain avec un réveil à 6 heures, ça nous laisse pleins de possibilités ! Max veut débriefer demain à tête reposée, mais on ne peut s’empêcher de parler de cette journée. Il s’en est passé, des choses, et les premières larmes de notre promo -hormis celles de rire et de joie- coulent, la soirée se finit pleine d’émotions. Une tisane, un joli crépuscule sur les aiguilles dorées et on pose nos crocs taille 52 au pied de nos lits, extinction des feux.

Aiguilles dorées – © GFHM
Les doudounes dorées – © GFHM

Lever 6h. Sauf pour Sophie qui a compris grasse mat’. On réveille la marmotte, petit déj’ au café bouillu (café foutu), le programme du jour : il fait grand beau, froid, il y a du vent… la semi traversée des Dorées ? L’arête de Tête Blanche ? L’aiguille du Tour ? L’aiguille d’Orny ? Max nous vend une matinée de debrief sur la veille, et de la théorie. On est 8 et trouver un consensus entre les filles fatiguées et les assoiffées de grimpe, ce n’est pas évident. On sent quelques frustrations car le choix général est de rester au refuge, mais cette matinée sera riche : savoir accepter la fatigue, savoir le dire, et l’anticiper, autant avant la course pour pouvoir prévoir que pendant pour pouvoir adapter, accepter d’être aidée, former nos cordées en fonction de l’état de chacune, changer régulièrement l’ordre de nos cordées, garder notre bienveillance, notre solidarité, notre cohésion. Vivre comme un moine (je cite Max) la semaine avant les week-ends GFHM pour avoir nos batteries d’énergie rechargées à bloc.

On zieute le fond de sac du guide, avec des jolies démos de Max, des manips, des demi cab’ auto bloquants, l’utilisation de l’escapeur, comment améliorer nos relais, anticiper les longueurs de corde…

On enchaine sur un atelier montage de relais sur 2 et 3 points et c’est reparti, cordes sur le dos, on n’a rien oublié ? Tate ? Ton téléphone peut être ? C’est donc reparti, descente vers le télésiège de la Breya, en passant vers la cabane d’Orny et la jolie aiguille du même nom – on reviendra, va.

On se boit une petite mousse, on se touche comme dirait les gens de la Giettaz , ça veut dire tchin il parait… en faisant notre pépite / râteau traditionnel, c’est à dire un tour de table des meilleurs et moins bons moments. On prend ensuite le télésiège de dernière minute. Tate nous avait parlé d’un cadeau depuis le début du week-end, on l’attendait avec impatience… à chacun son savon fait maison et son baume à lèvre, on est trop fans !

Des bisous à chacun, et c’est déjà fini, retour aux bercails pour les poulettes. Les prochaines aventures les 18-19-20 septembre! 

Elodie, Sophie, Vanessa, Maria, Charlotte, Täte, Cyrielle et Lucille

Fondamentaux Neige Rocher, La Meije, Ecrins – 2-3-4/07/2021

Deux semaines se sont écoulées depuis notre dernière aventure au Pic de la Grave et nous voilà de retour dans la capitale mondiale du soleil : les Hautes Alpes !! En vraies jeunes trentenaires hyperactives et organisées, nous nous étions projetées sur une avant soirée dans le jacuzzi mi-luxe mi-recup de ChaCha à Cham. Mais la météo pourrie sur Chamonix nous a ramenée dans les Ecrins.                                                                        

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Fondamentaux Neige, Pic de la Grave, Ecrins – 19/06/2021

Ça y est, 3 semaines après les sélections, le premier week-end GFHM est arrivé. Suite à plusieurs échanges de messages, le programme tombe en début de semaine. En prévision, deux jours à la Grave avec pour objectif de travailler les différentes techniques d’encordement et les manips de secours en crevasse le samedi et de monter au Pic de la Grave par l’arête Nord-Est le dimanche. Coup de chance, Lucile a une maison de famille juste au-dessus de la Grave ! Ni une, ni deux, nous nous organisons pour passer une première soirée toutes ensemble là-haut, arrangement aussi bienvenu car il nous permet de repousser un réveil légèrement trop matinal pour certaines. En parallèle les guides nous lâchent des informations sur le programme et une liste bien détaillée du matériel à apporter avec nous.

Jour-J-1, Vendredi 17h. La moitié des filles sont arrivées sur place, les autres se préparent à partir d’Annecy ou de Grenoble mais un message des guides chamboule notre organisation : journée de dimanche annulée pour cause de météo capricieuse. Les rafales de vent annoncées à 120 km/h et les averses dès la fin de matinée les ont bien refroidis… Certaines essaient d’argumenter et d’insister pour ne pas annuler la nuit en refuge et les attractions dans les crevasses mais impossible de les faire plier : samedi nous monterons au Pic de la Grave et dimanche nous nous occuperons de notre côté (grimpe, manip…). Heureusement, la plupart d’entre nous ont leurs cordes et leurs chaussons dans le coffre, pour le logement et la nourriture ce sera l’improvisation : première leçon du GFHM, être flexible sur l’organisation !

Nous nous retrouvons quand même avec une bonne humeur débordante, des bières, du vin et du fromage pour fêter notre deuxième rencontre. Au menu de la soirée : apéro pour faire connaissance, tour des surnoms de chacune et essayage des tenues. On se croirait un peu dans un remake montagnard de Pretty Woman : notre partenaire Millet s’est vraiment montré généreux et les tenues sont super chouettes : à nous la montagne ! Sur ce, la nuit est un peu compliquée entre l’excitation de la sortie, de nos nouvelles fringues et de la rencontre avec les guides (que nous avons un peu du mal à cerner à travers les messages d’orga) le sommeil se fait attendre !

Jour J, 6h00. Le réveil sonne et malgré l’heure matinale nous sommes toutes contentes de partir en montagne. Nous rejoignons les guides sur le parking avec pour objectif de leur faire accepter un briefing autour d’un café et de croissants.

Gare de départ du téléphérique de la Grave – Ecrins – © GFHM

Seb et Max ont l’air aussi enjoués que nous de cette rencontre ! Au vu de la queue devant les bennes, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu la brillante idée de monter sur le glacier aujourd’hui. Le café est reporté et nous nous répartissons rapidement les cordes et les snow-plaques prêtées par Seb (technologie dont il est un des inventeurs, qui tient lieux de raquettes à fixer sur les crampons pour ne pas s’enfoncer dans la neige, plutôt humide vu les chaleurs des derniers temps) avant de filer récupérer les forfaits. Nous profitons de la file d’attente pour faire un premier tour de table pour se présenter mais également donner nos attentes, envies et questions sur la journée qui nous attend. Nos motivations sont en accord : nous allons utiliser cette journée pour faire connaissance, réviser les acquis et se remettre en jambe ! La discussion continue dans la montée autour du matériel à avoir sur soi lors des sorties et de l’étude de la cartographie et de l’itinéraire pour monter au Pic.

A l’arrivée nous nous faisons surprendre par le vent qui souffle déjà fort, le café est définitivement annulé, nous sortons les doudounes, les gore tex et les baudarts, fixons les crampons et c’est parti.

Equipement des cordées – Ecrins- © GFHM

Nouvelle leçon : l’encordement et les nœuds associés. Une fois les cordées formées et encordées, nous partons avec comme première ligne de mire la rimaye. En cours de marche, nous commençons à charrier Max sur sa passion pisse debout et sur nos doutes par rapport à l’utilisation de l’outil pendant les courses. Il en ressort le lien avec le MAM (Mal Aigu des Montagnes) et l’importance de s’hydrater pour lutter contre les pertes excessives d’eau dues à l’altitude et à l’hyperventilation et réguler les électrolytes.

Evolution sur le glacier de la Girose – Ecrins- © GFHM

Pour le passage de la rimaye deux stratégies nous séparent en 2 groupes : 4 passeront par la gauche avec Seb, les autres par la droite avec Max. Il s’avère que la deuxième est gagnante : le risque d’avalanche dû à la présence d’une couche fragile et de pentes exposées font faire demi-tour au premier groupe qui revient sur ses pas pour prendre la voie de droite. 

Passage de la Rimaye pour la montée au Pic de la Grave – Ecrins- © GFHM

Pendant ce temps, les autres filles et Max ont rejoint l’arête rocheuse, malgré quelques enfoncements dans la neige molle. N’aurions-nous pas un peu trop abusé du fromage la veille ? Pour ne pas perdre de temps, qui est une denrée précieuse lorsque l’on évolue à 4 cordées, nous commençons la partie rocher en cordées autonomes réversibles. Max vérifie les poses de points et les relais. Le rocher est beau, mélange d’ocre et de mousse verdâtre, et les prises sont bonnes : un vrai régal quoi ! Bien que nous n’ayons jamais pratiqué ensemble, la progression est plutôt fluide et rapide. Nous essayons de ne pas perdre trop de temps aux relais, largement aidées par le vent qui fait claquer les dents de certaines. Cette partie rocheuse nous a permis de travailler la progression en corde tendue plus ou moins rapprochée (avec ou sans anneaux à la main) en fonction du terrain.

Descente du Pic de la Grave par l’arête Nord Ouest – Ecrins- © GFHM

Une fois de retour sur la neige, nous accélérons un peu le pas, d’une part à cause du danger des pentes neigeuses qui chauffent mais également pour le retour en benne : « le sport sans effort » est le nouveau slogan du groupe, aucune envie de redescendre à pattes ! Le passage plus critique de la rimaye (en glace) est assuré par la pose d’une broche et par le planté de piolet, la sensation est des plus agréables. Petite déception, nous n’avons pas le temps de tester les snow-plaques, mais Seb met quand même les siennes et gambade à côté de nous. Une fois arrivées sur la partie plate du glacier vers l’arrivée du téléphérique, nous décidons d’un commun accord de réaliser une pause ravitaillement qui avait été oubliée jusque-là. Les cookies, le fromage, les graines, tout le monde a faim ! Une fois les ventres remplis, le dernier défi de la journée est de poser un corps mort, avec une corde sous tension. Nous nous retrouvons à creuser dans la neige avec les guides qui tirent sur les cordes, soi-disant pour nous mettre en situation réelle, mais il est clair que ça les fait bien rigoler !

Il est finalement l’heure de redescendre, en s’entendant rigoler d’une benne à l’autre, Seb nous fait un aveu : « S’il y a bien quelque chose qui ne change pas d’une promo à l’autre, c’est la bonne humeur et l’intensité des rires. Vous ne vous rendez pas compte du boucan que vous pouvez faire sur un glacier ». Oups, la discrétion ce n’est peut-être pas notre fort ! Nous décidons de faire le debrief au bar : rien ne vaut une bonne bière pour apprécier la fin de la journée ! Tout le monde est heureux de cette première course, la fatigue se fait un peu sentir mais l’enthousiasme à l’idée de ce que l’on va pouvoir faire toutes ensemble durant ces deux ans et des sorties à venir est plus fort. Nous nous sommes bien remarquées avec nos tenues assorties, et à la demande d’explications de qui nous sommes, la réponse qui sort du tac au tac de Cyrielle est « Les miss Frances de la montagne ». Le concept est posé !

Une fois les guidos libérés, nous profitons de cette soirée ensemble pour aller au resto et décider de notre programme du lendemain. Le but sera de bosser les manips de mouflage que nous n’avons pas pu voir sur le glacier, mais également de mettre en commun toutes les informations transmises et surtout de continuer ce week-end toutes ensembles ! Après une nuit dans un gite près de la Grave, nous envahissons le bas d’une falaise de grimpe et nous commençons à bosser les manips. L’exercice est bienvenu pour toutes car il nous permet de rafraîchir et d’apprendre de nouvelles techniques mais également de confirmer entre nous ce que les guides nous ont conseillé la veille. Nous poussons même le bouchon avec Maria qui nous initie à la remontée sur corde, en tong le travail paraît laborieux ! À la suite d’un dernier ravito toutes ensemble, les gouttes de pluie sonnent la fin du week-end.

Tong is the new grosse – Ecrins – © GFHM

Cette première expérience toutes ensemble a été vraiment super : accompagnée de rires et de blagues du début à la fin du week-end ! La cohésion au sein du groupe et avec les guides s’est montrée forte dès le début et nous avons vraiment été mises en confiance techniquement par la réalisation de la course qui alliait évolution sur glacier et sur rocher. Vivement la prochaine !!

Adeline, Cyrielle, Lucille, Vanessa, Maria, Charlotte, Elodie et Sophie

Sélections nouvelle promo, Aravis – 29/05/2021

Le réveil sonne à 6h du matin mais la majorité d’entre nous n’a pas dormi de la nuit ! La journée des sélections pour la nouvelle promotion du GFHM est arrivée !

Cette année, les candidates du GFHM vont partager la journée avec les candidate/s d’alpinisme 74 GAF, GAVI et GEA au col de la Colombière, au cœur des Aravis. 

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Formation alpinisme hivernal, Belledonne – 06 et 07/02/2021

Si vous pensiez que « féminin » rimait avec « soleil », « papotage » et « détente », accrochez vos chaussures (à talons cramponnables), on vous embarque pour un week-end qui décoiffe !

Thème de ces deux jours : on défie les éléments !

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