Ce week-end, direction l’Italie pour le GFHM ! En quête de nouvelles sensations et d’apprentissage, l’équipe (guides compris !) prend la route du Valle dell’Orco. Au programme : grimpe en fissure dans ce lieu emblématique de la pratique. Mariana… Plus
Colère du Ciel et Ateliers Créatifs
Nous partons pour un beau projet en face sud du Mont Blanc : la voie Ottoz-Hurzeler à l’aiguille Croux. Départ vendredi aprem pour battre la foule, et nous montons au refuge Monzino en suivant le beau parcours ludique qui zigzague entre cascades, vias ferratas(vie ferrate ?) et chamois. C’est le grand luxe en haut, nous avons presque le refuge pour nous seules et une vue imprenable sur le projet du lendemain, un peu dans la brume du soir. Après avoir repéré l’approche, on fait fondre la neige en apprenant le topo, puis dodo dans nos lits qui structurellement se rapprochent plus du hamac.


Le lendemain départ aux aurores direction le pied de l’aiguille, on arrive rapidement de l’autre côté du petit glacier, en même temps qu’une légère neige commence à tomber. Il en faut plus pour nous décourager. On cherche le pied de la voie, en constatant que la paroi est encore bien trempée suite aux dernières pluies, mais on va trouver un passage au sec, pas de doute. Il en faut plus pour nous décourager.
Et soudain, le bruit du tonnerre. Bizarre, il n’y avait pas d’orage prévu, et c’est assez inhabituel quand il neige… La pensée suivante : la montagne entière doit être en train de s’effondrer, ça ne doit pas être drôle à voir, on n’aimerait pas être dessous. On regarde autour de nous pour situer l’origine du bruit, mais pendant quelques secondes, rien ne bouge. Puis on les voit : juste au-dessus de nos têtes, projetés du haut de l’aiguille, déboulent d’énormes blocs de granit qui fendent l’air en tournoyant. Et il viennent droit sur nous. Un moment de bug : je n’avais pourtant pas prévu de mourir aujourd’hui, il doit y avoir une erreur. Et puis la voix d’Amandine : “PLANQUEZ-VOUS !!” On se jette chacune derrière le premier béquet venu, on rentre la tête et les jambes comme on peut, et on prie. Silence entrecoupé des bruits d’impacts qui laissent des cratères blancs sur la paroi et en aval de nos cachettes. Quelques minutes qui nous semblent une éternité. “Attendez avant de sortir !” Et puis enfin : “Tout le monde va bien ?” Les jambes tremblantes, on constate que nous sommes toutes indemnes. C’est inespéré.
Cette fois, il n’en faut pas plus pour nous décourager. “Ça va ? Rien de cassé ? Vous vous sentez de marcher ? Allez, lucides, concentrées, on se casse !” Au refuge, on débrief toutes ces émotions, on rigole avec quelques larmes au coin des yeux, et puis on décide que ça suffit, il est temps de laisser à nos nerfs le temps de souffler.
Redescente en vallée où on retrouve Kim pour une séance baignade, documentaire sur les sommets environnants et peinture sur verre improvisée, des choses paisibles surtout.
Le lendemain nous sommes requinquées, on part dans les gants rouges du cardinal dans la pointe Dzérat, très jolie voie toute en canelures et une dalle splendide, dans du rocher apparemment bien compact ! Note pour la prochaine fois : vérifier avant de partir qu’on a bien pris les cordes, ça nous évitera quelques détours…


Encore un week-end génial, l’ambiance dans le groupe ne fait que se renforcer, on pointe quelques doigts vers Didine et Matchilde, qui bizarrement sont toujours de la partie quand on se prend l’orage, la couche fragile ou des frigos sur la tête… Coïncidence ? En tout cas, jusqu’à maintenant, on en a de la chance !
Escalade à Saou
Contextualisons, nous sommes le week-end du premier mai, celui qui suit notre traversée du Graaaaaaand Armet! Il y a donc pas mal de fatigue accumulée avec cette belle bambée, on a donc décidé de se retrouver plutôt le vendredi soir afin de se reposer un peu le matin et de se laisser le temps de faire nos affaires et la route direction Saou, un joli village de la Drôme où la grimpe est à l’honneur.
C’est aussi l’occasion de retrouver notre Kim, blessée depuis un accident à ski cet hiver, afin de lui faire reprendre la grimpe. Il y aura aussi Gaëlle de la promo précédente car le GFHM c’est une grande famille!


Pour le samedi, l’ombre et la faible approche nous rassemble au secteur de la Graville. Nous avons passé une super journée, tout le monde a pu se challenger avec les différentes voies de ce secteur de couenne. Les encouragements, les coaching et les pique-niques partagés ponctuants la journée qui elle se terminera autour de cocktails et pizzas.



Le lendemain on renquille, cette fois secteur du mur du son, où la vue sur tous les alentours est magnifique puis chacune retrouvera le chemin de sa maison le soir venu. On se revoit le mois prochain 🙂
Traversée Encore Plus Interminable des Armets

Et nous qui pensions que la traversée de la Crête du Pin avait été longue… Neuf heures, petites joueuses. C’est parti pour deux jours sur les arêtes des Armets, avec un bivouac gelé au milieu !
La journée commence par Lolo et Mimi qui nous vident les sacs : 2me pantalon, ça reste à la voiture. Culotte de rechange, pourquoi faire au juste ? Des barres “au cas où” – hors de question. On garde le strict minimum. La suite nous montrera que parfois Lolo ment un peu, quand il dit “prenez un 2me piolet mais laissez les chaussettes de rechange”, parfois il vaut mieux faire l’inverse.
Malgré tout, les sacs sont plus lourds que d’habitude, on tourne les cordes dans l’approche qui se fait sentir. Mais la vue là-haut est magnifique ! On a toute l’aprem pour profiter, en suivant l’arête de neige parfois bien effilée, c’est magnifique !
Après avoir un peu râlé à cause de la neige qui s’écroule un peu pénible, nous voilà arrivées au sommet du Grand Armet, avec la vue à 360 ! C’est notre petit toit du monde local, sur lequel on commence à organiser le campement : creuser les trous pour les tentes, faire fondre la neige, sortir le maxi couscous déshydraté maison (merci Pepe !) Et bien-sûr en profiter pour essayer de faire sécher les chaussettes, qui sont absolument trempées. (“laissez les chaussettes de rechange”…)
On se régale le soir, l’occasion aussi de célébrer l’anniversaire de Juliette, c’est autre chose qu’un goûter au parc ! Et puis le soleil part, et avec lui la chaleur, la lumière et tout espoir de jamais être sèches. La nuit, on se les caille véner, surtout à 3 dans la tente dont les bords nous arrivent dans le visage avec tout ce vent. Mais celles qui ont eu le courage de sortir pour le pipi de nuit savent que la vue en vaut toutes les chandelles, les étoiles au-dessus des massifs enneigés, et le silence : c’est un petit paradis. Mais on se les caille.


Au réveil, dur dur de se mettre en branle, les chaussures ont gelé, mais bon il faut y aller alors avec le sourire !

A ce stade, et pour ménager la patience de nos lecteur.ice.s, nous ne détaillerons pas les 453 petits ressauts à franchir avant d’arriver à un sommet intermédiaire d’où on pourra s’apercevoir qu’il en reste à peu près autant à venir. Nous passerons sous silence le petit craquage psychologique à la fin de la traversée mais citerons simplement cette phrase sortie du coeur : “non Mathilde ça ne casse pas les pieds. Tu peux le dire : ça casse les c******* !” Nous ne mentionnerons même pas les 2000 mètres de D- quand enfin nous avons enlevé les crampons, pendant lesquels diverses tendinites et autres douleurs se sont réveillées à force de forcer. Nous dirons juste : à 22h30, on était contentes d’être en bas !


Traversée Interminable de la Crête du Pin et Ski Plaisir à la Dent du Pra
Cette semaine nous partons nous amuser en Belledonne, à la maison ! Après un petit repérage au Habert d’Aiguebelle où nous passerons la nuit, on prend un raccourci par le couloir évident pour rejoindre la crête du Pin couverte de neige. On trace dans la neige profonde au début, mais à mi-pente le groupe de skieurs qui profite de notre trace jusque-là décide de nous rendre la pareille, une belle collaboration montagnarde !C’est parti pour une belle journée de : neuf heures. Mais ça on ne le sait pas encore…



Le début déroule bien, sur une arête c’est dur de se perdre (en tout cas c’est ce que nous pensons), le lead tourne entre nous trois en alternant les passages de grimpe, de marche et de corde courte. La neige brille sous le soleil (et coule un peu en face sud…), les crampons crissent parfois sur les rochers mais c’est le prix de notre plaisir.
Même si les nombreux rappels nous ralentissent, nous avançons gaiement, avec peut-être un peu trop d’insouciance parfois puisqu’on se retrouve perdues. Evidemment, nous savons à peu près où nous sommes, rappelons qu’il s’agit d’une arête. Mais entre les cordelettes de réchap, les relais de rappel annoncés dans le topo et les relais supplémentaires croisés en chemin, difficile de dire qui est qui. C’est ici que nous commençons à perdre temps et patience… Finalement on décide d’avancer même sans être sûres, en renforçant quelques-uns des relais quand on peut. La fatigue commence à se faire sentir, on décide de réchapper à la brèche avant la dernière aiguille.

C’est parti pour la pente raide ! On décide d’assurer les deux premières en creusant un corps mort, au point où on en est ce ne sont pas ce quelques minutes en plus qui nous effraient. Retour aux skis pile poil pour le coucher du soleil, et on atteint enfin le refuge autour de 20h, accueillies par le délicieux dîner et quelques gros beaufs qui trouvent qu’il est de bon ton de nous applaudir. La nuit sera réparatrice !
Le lendemain, revue des plans à la baisse : finalement on monte comme des flèches jusqu’au col de l’Aigleton, qui nous offre quelques virages dans de la bonne poudre avant de remonter à la dent du Pra, pour aller tester le “border cross” en face ouest. On ne sera pas déçues ! Quelques virages excellents avant de traverser les boulettes d’une ancienne avalanche, puis retour tranquille dans la soupe bien collante, et un pique-nique tout confort au refuge !

Coincées dans la Neige

Pepe n’est pas là, et les conditions non plus, donc c’est ciao pour le plan initial du tour de la Meije. A la place, on monte au refuge du Pavé, qui vient tout juste, mais alors tout juste d’ouvrir. Jour 1 on monte, petit détour par le col du Clot des Cavales, qui nous permet quand-même de profiter un peu de la maxi peuf avant de rejoindre le refuge.

Jour 1 au refuge c’est atelier aides-gardienne : on fait fondre la neige, on fait les lits, on donne “quelques” coups de pelle à l’extérieur (volume de neige mobilisée estimé : de l’ordre de 20 mètres cube, soit plusieurs tonnes d’eau gelée évacuée par le GFHM), et puis un bon dodo en attendant le lendemain… Qui sera plus sédentaire que prévu ! Car il a beaucoup neigé, et d’ailleurs il neige encore un peu, ça sent le plaisir mais surtout l’avalanche… On tente malgré tout une sortie, la neige jusqu’aux cuisses, l’ambiance tendue, des décisions sans cesse à prendre, l’occasion de confirmer nos skills de communication ! Mais juste avant le dernier passage raide, un petit coup de ski d’Amandine, et hoplà la pente qui part devant nous. Petite concertation et une décision sans appel : c’est demi-tour. On réessayera peut-être plus tard.
Alors en attendant les nouvelles on se remet de nos émotions au chaud, puis Coco et Mathilde vont quand-même rider un peu les pentes au-dessus du refuge, la neige est trop bonne pour rester dedans !
Enfin un groupe d’audacieux.ses nous rejoignent, la traversée est possible ! Mais les informations qu’on nous donne ne sont pas claires, on ne sait pas bien s’il faut y faire confiance : “après 51 ans, on n’a plus peur de la mort !” ou encore “si vous avez crampons piolets, vous ne risquez rien pour les avalanches !” Ces gens-là ne nous paraissent pas forcément dignes d’une confiance aveugle… Alors tant pis, on rentrera demain ! En espérant que nos proches ne s’inquièteront pas trop…


Après plusieurs jours où le refuge ne contenait que des femmes, c’est une autre ambiance le soir. Ca sent la testostérone volubile et les hommes qui après 51 ans n’ont plus peur de la mort, mais ça ne nous empêche pas de perpétuer la tradition de la coinche que nous cultivons activement depuis notre arrivée. Et c’est sur une victoire éclatante que nous retrouvons nos lits et les ronflements additionnels de nos nouveaux voisins de chambre.
Cette fois-ci, c’est la bonne ! Retour maison dans une poudre excellente, après une bonne vigilance dans les pentes du départ. La neige est si bonne qu’on se laisse parfois emporter, sans réaliser qu’en bas, il y a de la croûte. Mais les rochers donnent tant envie de sauter par-dessus… Résultat des courses une entorse aggravée pour Mathilde, mais ça valait vraiment le coup !
Stage glace – Evolene 🇨🇭
Du 5 au 8 février dernier, a eu lieu notre premier stage glace avec Mimi et Lolo on avait toutes déjà un peu touché du glaçon, en pratique perso, à l’ice climbing quelques semaines plus tôt mais on ne se sentait pas totalement autonome sur la pratique. Alors quoi de mieux que deux jours avec nos guides préférés et deux jours off toutes ensemble après pour sortir grandies de ce weekend prolongé ?!
Retour sur ces 4 jours de folie ☀️ direction Evolene, en Suisse…
Jour 1 :
Rdv matinal pour toutes les filles, on a pu dormir chez Juliette à Sallanches pour gagner des minutes de sommeil ! On a passé une superbe soirée, et on se sent prêtes pour l’aventure givrée 🥶
Direction Evolene ! Un petit village juste avant arolla dans le canton du valais en suisse 🇨🇭
On retrouve mimi et lolo qui nous attendent pour notre première journée ! Objectif : de la couenne pour se familiariser avec la glace, et quelques techniques de bases (lunule, relais sur glace, brochage etc…) et pour ça direction la cascade du pont ! Une grande voie qu’on équipe en couenne au niveau de la deuxième longueur, le terrain s’y prête bien et on apprend pleins de choses en plus de passer un super moment !
Le soir c’est l’heure du secret Santa ! Et lolo à particulièrement apprécié son cadeau… 🦄




Jour 2 :
On se sent à l’aise, on est confiante, on part donc pour notre première grande voie en glace ! Direction la cascade du tunnel ! On a deux équipes qui grimpent côtes à côtes, on aura quasi toutes pu grimper en réversible et on est hyper fières de nous ! Le grand apprentissage du jour sera de ne jamais privilégier le confort d’un relai à l’exposition… le casque de Juliette s’en souviendra longtemps… 😬 malgré la météo, ce fut encore une journée riche en apprentissage et en partage !





Jour 3 :
Lolo et mimi nous ont quitté hier, et nous voilà seules livrées à nous mêmes ! Pour ce premier jour solo, on décide de se faire une petite journée couenne ! On se dirige vers le secteur de la gouille, et on tire nos premières longueurs dans du grade 4! On se monte quelques lignes de couenne, on profite, on se lance des petits exos par exemple, grimper sans piolets, ou grimper sans taper le piolet uniquement en le posant ! Hyper enrichissant hyper intéressant bref encore une belle journée !




Jour 4 :
Après ces 3 jours à tâter du glaçon, nous voilà fin prêtes pour notre première grande voie en full autonomie sur glace ! Hyper fières de nous ! Direction la cascade de l’usine électrique ! On se sent bien dedans, on avance bien, on termine et on est hyper fières de cette journée ! On aura partagé la voie avec une autre cordée très sympathique ! La glace est un peu cassante, les longueurs sont un peu plus raides que ce qu’on imaginait mais on a assuré et on a réussi ! 🥳






Il est déjà l’heure de rentrer, on est hyper heureuses et fières de nous, de notre évolution sur ces jours ! Et on peut dire qu’on se sent toutes, pleinement autonome dans cette discipline ! Et on a déclenché quelques passions dans le groupe.. 😝
Affaire à suivre !