Belledonne : Traversée E>W des Petites Aiguilles de l’Argentière 

et apocalypse climatique

Départ du col du Glandon : nous partîmes trois, sans un nuage dans le ciel. C’est l’occasion de se retrouver avant le premier week-end encadré, avec les disponibles du jour : Amandine, Jul et Mathilde. Mais on ne parle pas beaucoup dans la montée, trop déconcentrées par la chaleur qui fait goutter nos cheveux – « heureusement qu’il y aura de l’orage ce soir, ça nous fera un peu de vent ! » Tu ne crois pas si bien dire…

Arrivées au premier col, quel soulagement de s’encorder dans un peu plus d’air, avec la vue à 360 parsemée de lacs jusqu’au Mont Blanc, splendide ! Nous sommes trois pour trois aiguilles, la répartition se fait donc assez facilement, et c’est Amandine qui prend le lead pour la première aiguille Capdepon, qu’elle enchaîne sans souci jusqu’au sommet, très beau rocher, très beau paysage et très forte chaleur.

Les rappels pour rejoindre le coup de sabre, s’ils ne sont pas forcément évidents à trouver, se font néanmoins à l’ombre et sans coincements, ce qui nous fait regagner quelques points d’énergie pour la pointe Elisabeth qui nous attend, un peu plus grimpante. C’est Mathilde qui prend le lead pour celle-ci, tirant des longueurs jusqu’au sommet. Une cordée derrière nous entame une remontée sur corde dans les rappels, on compatit quelques secondes avant de réaliser qu’il s’agit : de Coline ! Décidément le GFHM est en force sur cette arête. Au sommet, reprise de la corde tendue pour la redescente, très beau rocher, très beau paysage qui commence à s’assombrir, et la forte chaleur commence à baisser grâce au vent qui se lève.

D’ailleurs le vent se lève et le ciel s’assombrit : un petit check météo nous confirme que l’horaire de l’orage a changé ! Il arriverait plutôt entre 15h et 18h, et ça tombe bien puisqu’il est à peine 15h30 et qu’il nous reste encore toute l’aiguille de la Combe à parcourir. C’est Jul qui part devant cette fois, en mode efficacité maximale pour redescendre au plus vite. À l’arrière, on suit en enlevant les protections sans perdre une seconde, sous les nuages qui commencent à envelopper l’arête d’un voile vaporeux – très joli s’il n’était pas si sombre.

La descente est toute pourrie : Jul place des protections tant bien que mal à travers ce gros tas de caillasses instables, on se concentre pour ne pas parpiner, on pense de temps à autre à profiter du paysage tout bouché, ce serait dommage de ne pas kiffer avant de se faire frapper par la foudre (rire jaune). On arrive enfin en bas de ce gros cairn en même temps que les premières grosses gouttes s’éclatent sur le sol – plus qu’un petit couloir bien raide et glissant, et on s’éloigne le plus vite possible des parois, alors que les premiers coups de tonnerre se font entendre. Rocher pourri, paysage caché dans l’orage, on a presque un peu froid…

On retrouve, grâce à l’œil affûté d’Amandine, les crampons planqués dans le pierrier, puis c’est la course à la voiture sous : la grêle 🙂 il ne manquait plus qu’elle, on a bien fait de garder les casques. Le sentier est devenu un torrent de boue, dans lequel on tombe deux ou trois fois chacune. Les piolets trouvent leur usage pour remonter une petite pente de terre détrempée sur 5 mètres : ambiance cascade ! Petit réconfort dans ce déluge : l’odeur exquise des plantes libérée par toute cette eau qui tombe du ciel.

On voit le parking ! Sans plus aucun centimètre carré de peau ni de sac au sec (et pourtant il fait encore bien soif !), c’est la dernière ligne droite, qui nous offre un ultime délice, le spectacle de Jul qui glisse et tombe sur son gros fiac dans le caca de mouton (mouillé).

Débrief dans la voiture : « et vous, c’est à quel moment que vous avez cru qu’on allait mourir ? » On garde malgré tout un super souvenir de cette sortie, une belle efficacité, bonne gestion du stress et comme d’hab l’ambiance de cordée est au top ! Juste quelques jours de séchage nécessaires avant de pouvoir repartir !

Jul, Amandine et Mathilde

L’OBIOU PAR VENDANGES TARDIVES

En ce solstice d’été, Coline et Perrine ont décidé de célébrer la plus longue journée de l’année en montagne, dans le massif du Dévoluy, au sommet du fameux Obiou. Ce caillou, très caractéristique de par sa forme impressionnante est aussi beau à admirer qu’à grimper. C’est en ce matin du 21 juin 2025, que les deux amies du GFHM prennent leur départ pour cette grande voie mythique
Rdv un peu tardif mais rdv quand même au parking pas bien loin de la cabane du crève-cœur. On fait le point matos, on a nos cordes, on a nos dégaines, on a nos baudriers, c’est pas mal !

Petite approche lunaire dans ce paysage dévoluard ! Ha ça du caillou il y en a, à perte de vue ! On compte une bonne heure pour rejoindre le départ de la voie, on croise une cordée dans la voie d’à côté, personne dans la nôtre parfait ! Le projet est de faire vendanges tardives et d’enchainer avec Marie-Thérèse, mais la fatigue et le rdv tardif au parking aura raison de nous… On se lance dans vendanges, de superbes longueurs au départ ! une L3 bien pourrie comme le souligne camptocamp, à se demander si chaque prise qu’on touche va tenir, on lâche quelques cailloux, on glisse, heureusement pas trop loin du point, mais après cette petite longueur frayeur, c’est que du plaisir jusqu’en haut, on est quand même contentes qu’il n’y ait personne devant ni derrière nous, car c’est le festival du lancer de cailloux dans cette roche péteuse.

Arrivée au sommet de notre voie, on regarde l’heure et on prend la décision de ne pas enchainer notre bonne vieille Marie-Thérèse… cependant, la frustration nous gagne et on rejoint quand même le sommet par la voie des chatières ! Une voie qui porte bien son nom, un petit parcours très facile à se faufiler au milieu des rochers. La vue est imprenable depuis là-haut ! Mais la descente nous attend, et surtout les bières en ville afin de célébrer aussi, comme il se doit, la fête de la musique ! On est contentes d’avoir gardé de l’énergie pour cette descente qui se mérite quand même ! Il est important de garder sa vigilance par endroit.

Retour voiture, hyper heureuses d’avoir grimpé cette falaise, la vue est quand même dingue de ce bout de cailloux et les lumières du soir pointent le bout de leur nez et nous offrent un spectacle digne de cette journée.

Coline et Perrine

Rassemblement FFCAM Alpinisme : groupes Espoirs et Féminins.  

Toute l’équipe se rejoint le 28/05 à Ailefroide pour 4 jours ensemble dans le cadre du rassemblement alpinisme jeune et féminin FFCAM. Objectifs : continuer à se découvrir et consolider nos cordées ! 

Des activités variées au cours de ces quelques jours mais une constante : la bonne humeur. 

J1: Grande Voie dans le secteur Orage d’Étoiles, les voies à proximité nous permettent de progresser les unes à côté des autres. Nous découvrons avec plaisir ce rocher compact et dalleux : le GFHM travaille la pose de pieds. La journée est écourtée pour être à l’heure à la soirée de présentation des différents groupes présents sur le weekend, plus de 120 personnes au total ! Nous nous régalons au buffet devant les vidéos préparées par les équipes présentes. 

J2 : toujours de la grimpe prévue mais des projets variés. Deux cordées s’engagent dans La  Snoopy Direct dont on retiendra la jolie longueur de 6B en Dulfer. Une cordée part dans une Belle Lisse Poire dont on retiendra bien des choses mais  pas ses traversées.  La dernière équipe part en quête d’une voie semi-équipée, la journée aboutira par un rappel sur arbre : topo approximatif d’une nouvelle voie “l’Étalonnage” à paraître sous peu (on cherche toujours le départ de la voie prévue) ! La journée s’achève sur des gnocchis au gorgonzola et des amitiés brisées au Time Bomb …

J3 : réveil matinal  pour tout le GFHM, départ 6H pour la team ski en direction de la Bosse de la Momie. Une journée multi-activités : portage, rappel (?!) et encore un peu de portage permettront de s’offrir les derniers beaux virages de la saison.

La team Alpi s’offre une grasse matinée avec un départ à 6H30 en direction de la voie PDB sur l’aiguille Pierre Etienne. Une belle arête aérienne dans un cailloux qui ne brille pas par sa stabilité. Pas de perte de temps dans la voie, la fluidité d’évolution encordées et la communication sont au rendez- vous  : ça promet pour la suite ! Sport de glisse aussi pour la team Alpi : descente en  “luge” (=sur les fesses piolet a la main) jusqu’au refuge du Glacier Blanc.

J3 est aussi une belle journée pour Marion, Karine et Marjo, jeunes anciennes du GFHM, qui réalisent la traversée des arêtes de la Pointe des Cinéastes avec une variante par la voie des Gapençais.

J4 : journée calme pour l’équipe, ça sera couenne au secteur des guides. Il semblerait que nous ne soyons pas les seules à avoir eu l’idée ! C’est l’occasion de débriefer au bas des voies des belles aventures des jours précédents. Encore un beau weekend de cohésion où le dépassement de soi a été au premier plan ! 

On attend avec hâte la suite : rendez- vous le 5-6 juillet.

Premier Week-End à Orpierre

17 et 18 mai 2025

Un week-end attendu avec impatience, et pour cause : c’est le premier de la nouvelle promotion du GFHM ! Direction Orpierre, pour grimper, prendre le temps de mieux se rencontrer et bien-sûr profiter de l’apéro en fin de journée.

A group of people standing on a rocky cliff

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Le samedi, nous prenons la direction du secteur Éternel Féminin – un nom très à propos – dans lequel s’alignent les cordées sous le soleil. Chacune y trouve son compte, malgré le fameux pas « carrelage » qui n’a pas su pour autant nous démotiver : certaines reprennent la grimpe et soignent leur mental, d’autres migrent rapidement vers la Paroi Jaune pour s’essayer à des projets plus physiques. Les cordées tournent, c’est l’occasion de rencontrer ses futures partenaires de montagne en contexte : super ambiance de dépassement de soi et d’encouragements !

En fin de journée, un banquet d’apéro nous attend au camping, suivi du repas préparé par nos aînées Marion, Oriane et Sev. C’est aussi l’occasion de fêter l’anniversaire de Perrine avec une fondue au chocolat et des magnifiques chouchous-tchoutches, merci Juliette !

A person sitting at a table with food and candles

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A group of people in a circle

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Le lendemain, on vise plus à l’ombre en prenant la route du secteur Belleric où l’échauffement nous met face à un autre style de rocher un peu plus patiné et quelques mouvs « les pieds dans les oreilles ». Puis nous suivons l’ombre qui se déplace à gauche, avant de converger vers le secteur Château et ses superbes dalles. Là encore, des combats mentaux menés avec brio, puis la rencontre de deux italiens sympathiques qui nous laissent leurs dégaines pour essayer une voie.

Une superbe journée où la météo était de notre côté, et qui se clôture par un bon débrief (mais surtout des glaces) au café du village, avant de reprendre la route de la maison. 

En somme, c’était un week-end motivant, plein d’enthousiasme, de rires et de progression, qui ne présage que du bon pour la suite ! Même si pour certaines l’épreuve de faire ses lacets est un peu douloureuse dans les jours qui suivent…

Amandine, Juliette, Coline, Mathilde, Juliette, Perrine, Mariana, Kim

Sélections – 12/04/2025

Le week-end du 12-13 avril ont eu lieu les sélections de la nouvelle promotion 2025-2027 du GFHM.

Le GFHM quésaco ?

Le GFHM ou Groupe Féminin de Haute Montagne rassemble 8 femmes qui, durant 2 ans, vont se former à la pratique des sports de montagne tels que l’alpinisme, l’escalade, ou encore le ski de randonnée avec des guides ou des initiatrices diplômées.

Le but étant de promouvoir la pratique féminine en montagne et ainsi d’inciter d’autres femmes à pratiquer. A l’issue de la formation, les membres peuvent choisir de transmettre à leur tour en passant le diplôme d’initiateur alpinisme.

L’équipe de bénévoles pour les sélections 2025

En janvier 2025, ce sont plus de 90 femmes qui ont envoyé leur dossier de candidature pour espérer intégrer le GFHM. Après avoir étudié minutieusement les profils de chacune, les bénévoles et anciennes recrues du GFHM ont retenu une vingtaine de dossiers pour le weekend de sélection.

Épreuve d’escalade sur le site de La Cullaz

Le samedi 12 avril, les candidates se sont retrouvées à 8h au Grand Bornand et ont, chacune leur tour, été évaluées sur différentes épreuves : une randonnée chronométrée avec sac lesté, des ateliers d’escalade en chaussons, des ateliers techniques en grosses (chaussures d’alpinisme), des entretiens de motivation avec un jury.

A la fin de la journée, après une bonne bière en terrasse pour les candidates et des délibérations intenses pour le jury, les résultats sont tombés.

Félicitations à Mathilde Bonnetier, Kim Dessoules, Perrine Lacroix, Amandine Lefevre, Juliette Marquet, Juliette Sionneau, Mariana Vanrell, et Coline Marchand !

Merci à toutes les candidates et aux bénévoles pour ces beaux moments d’échanges, de partages et de solidarité féminine.

Photo de groupe avec toutes les candidates

À bientôt, la nouvelle promo a hâte de vous partager leurs prochaines aventures !

Perrine, Juliette, Coline, Mariana, Mathilde, Juliette, Kim et Amandine

Weekend Alpinisme Hivernal En Belledonne – Le Der’ Des Der’

22 et 23 février 2025

Incroyable, c’est à l’unanimité que notre demi-groupe souhaite se retrouver dans le massif de Belledonne : chaîne de moyennes montagnes, traversée d’aucun axe routier. C’est le rdv idéal pour éviter les bouchons du chassé-croisé des vacanciers des sports d’hiver, et l’effet de Foehn annoncé en altitude.

J – 3 : Proposition de Seb : J1 Goulotte Oulala, J2 Grasse matinée, avec nuitée au refuge non gardé de l’Oule. Enfin, c’est comme cela qu’on l’avait interprété. Dubitatives, presque attristées, on prépare J1 comme à notre habitude, en off, selon la course suggérée par notre guide. On s’interroge sur J2 ; peut-être que Seb est fatigué par sa saison d’hiver ; il veut nous proposer un dernier weekend à la cool ; on va faire de la péda… Marjo trouve ça vraiment dommage de faire une grasse mat’ pour notre dernier weekend guide. Mais bon, on conçoit, jusqu’à l’avant-veille.

Refuge de l’Oule (ou Antoine Cros) non gardé en période hivernale © GFHM

J – 2 : Et si par curiosité on tapait dans CamptoCamp « Grasse matinée ». Bingo ! Depuis le temps, on aurait dû s’en douter. Rien à voir avec une nuit prolongée en refuge ; il s’agit d’une course sauvage, variée, complète, qualifiée « ambiance-ambiance » par Sébastien Escande, lui-même, qu’il ouvre en 01.2007. Le quiproquo n’aura pas duré bien longtemps, mais restera gravé dans les mémoires. On retrouve là bien notre Seb, aventurier et jamais à court d’idées. C’est parti pour le Der’ des Der’ !

Au pied des cascades du Cirque de l’Oule © GFHM

J – 1 : La consigne : on doit tout gérer niveau matos et topos. Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd. A bas la légèreté, c’est le confort qui va primer. Nos corps en seront récompensés. On prend chacune bûche compressée, duvet léger et bon repas à partager ! Niveau matos : friends, câblés, piolets et crampons techniques + 3 petites broches par cordées (cf.topos…), allez une de plus au cas où.

J0 : Enfin, on y est : les retrouvailles, sous la bruine, au départ de la petite bourgade du Gleyzin. Répartition comme il se doit du matos, des vivres, du bois, sans oublier les : SnowPlak !!! Comme le veut la tradition du GFHM, elles doivent sortir chaque saison. La tradition est donc respectée 😊 Direction le refuge de l’Oule (ou Antoine Cros) pour une dépose de matériel.

Bien chargées mais heureuses de se retrouver, on dépasse le chalet du Plan ; on repère le couloir du Pertuis, qu’on empruntera le lendemain ; on traverse le ruisseau du Gleyzin, avant d’atteindre l’ancienne maison d’alpage. La montée jusqu’au refuge est efficace malgré les gros sacs. La météo s’améliore et c’est après une pause déjeuner et des sacs délestés, qu’on s’attaque à la 2ème partie de la journée : direction la goulotte Oulala, ouverte par une bande de 2 potes en 02.2022, jusqu’alors peu répétée.

J1 : On remonte le cirque de l’Oule équipés de nos SnowPlak. Notre Lolo machina nous fait la trace, dans la neige trafolée, jusqu’à atteindre le pied de la goulotte évidente qui raye le contrefort des rochers du Gleyzin. Au programme : 4 longueurs de mixte. Oriane et Laura s’équipent et partent en premières, suivies de la cordée de Marion et Marjo. Seb nous supervise comme à son habitude, qui plus est au soleil. La première longueur se déroule sans encombre et la ligne s’annonce plutôt bien formée.

Laura et la ligne évidente de Oulala © GFHM

Ça se corse au crux de L2. Oriane part la fleur au fusil avec sa quincaillerie et ses 3 broches dans une longueur difficilement protégeable… Le cigare est peu/pas formé et le rocher compact. Les 3 broches sont rapidement posées, et elle se retrouve à court de munitions. Malgré l’intention, c’est le BUT. Désescalade et retour à la case départ. Seb prend le lead pour le passage délicat. Entre temps, la 2ème cordée arrive, et il récupère leur matos. S’il passe, on laisse tout pour la 2ème cordée, car ce n’est pas facile à protéger. Après quelques encouragements, une broche de perdue (mais retrouvée) et une bonne dose de savoir-faire, Seb ouvre la longueur clé.

Ça y est, on devrait la sortir cette goulotte. Mine de rien, la 3ème longueur avec ses plaquages fins et son dry n’est pas si aisée, mais avec un peu d’ingéniosité on réussit à trouver les protections (pitonnage compris) dans ce terrain belledonnien.

Passage fin de L3 – © GFHM

Objectif ultime : sortir avant la nuit la dernière longueur et la descente de l’arête. On y arrive. En revanche, la redescente jusqu’au refuge se fera dans une belle obscurité. Toutefois, on parviendra miraculeusement à retrouver tout le matos perdu au pied de la face, ou presque… (avis aux amateurs de sensations : friend 0.75 vert oublié probablement avant le crux de L3 > récompense by GFHM à la clé si vous êtes une bonne âme).  


C’est les derniers qu’on arrive au petit refuge de l’Oule. La cabane a déjà bien été investie par les skieurs, et le poêle bat son plein. On le complète avec nos bûches compressées. Nul doute, on aura bien chaud ce soir. Au menu : apéro cidre, soupes sous toutes ses formes, pâtes au pesto et dessert de profs ! On n’allait pas se laisser aller pour notre dernier dîner. Après un bref rétroplanning de la prochaine journée, c’est repu qu’on s’endort avant notre dernière course de la saison en weekend encadré.

Veillée au refuge non gardé © GFHM

6h, J2 : Réveil bien matinal pour une grasse matinée 😊 Après un petit-déjeuner gargantuesque, départ pour la fameuse goulotte, en rive gauche du couloir W du Pertuis, ouverte il y a quasi 20 ans par Seb.

L’ambiance, ici, y est écossaise. Il a neigé pendant la nuit et il continue de neigeoter. Après une nouvelle dépose de matériel à la base du couloir, on le remonte jusqu’aux pieds des difficultés aux alentours des 2050m. Comme l’indiquait la description du topo, c’est « ambiance-ambiance ». Les parois sont plaquées d’une fine pellicule de neige fraîche, la goulotte est encaissée dans l’un des contreforts du Pic N des Grandes Lanches. Les conditions sont plutôt excellentes, mise à part les quelques sprint drift qui glissent des parois enneigées. On évolue efficacement longueurs après longueurs. Cette fois-ci la cordée de Marion et Marjo a pris le lead. Malgré la radio, pas évident mentalement d’être la dernière cordée, notamment en goulotte, il faut des nerfs d’acier (et de bons réflexes pour éviter les glaçons…). Par conséquent, on change les dispositions des cordées. Marion ouvre une longueur en mixte mémorable, avec des protections parfaitement posées.

Marjo passe le crux sans difficultés. Pas de doute, elle a engagé ! Seb s’indigne de l’absence de protection à la sortie du crux. Petite piqûre de rappel : même si c’est facile après un passage vertical, on protège la sortie car risque de retour au sol !!!

On sort de nos 4 grandes longueurs de mixte pas peu fières. Pourtant, la course est loin d’être terminée, s’ensuit une traversée d’arête sur le fil alternant neige et rochers jusqu’au « vrai/faux » sommet des Grandes Lanches.

Le grésil fait même place à un rayon de soleil pour nous accueillir et nous ouvrir le paysage sur le vallon du Merlet. Enfin, on entreprend la redescente par un couloir jusqu’au Col du Pertuis, puis la redescente par le couloir du Pertuis jusqu’à notre dépose de matériel. Bien que la journée nous parût interminable, le timing est respecté ! Notre rétroplanning a fonctionné comme sur des roulettes, on est au parking à l’horaire fixé pour terminer en beauté.

Direction un bistrot allevardin pour un debrief final autour d’une pizza partagée. C’est mal nous connaître, finalement on surenchérit sur le projet final. Seb dans son enthousiasme légendaire, nous transmet avec toute sa générosité autant de propositions de courses qu’on n’aurait jamais imaginées, et nous aiguille sans jugement sur nos plans initiaux. Une belle fin de cursus en Belledonne, qui augure de prochaines aventures !!! Un tout grand merci à Seb, pour ce dernier voyage en demi-groupe.

Un tout grand merci à nos 2 guides : Maxime Fiorani et Sébastien Escande, pour ces 2 années de formation riches en aventures. Une spéciale dédicace à Séverine et Lara, nos 2 supers responsables bénévoles, merci pour leur investissement et leur bienveillance sans faille, pendant ces 2 ans. Merci à Christophe Moulin pour les 2 journées de formation glace qui resteront gravées.

Merci à notre partenaire Millet, leurs habits techniques ont été si précieux en montagne.

Merci à la région Auvergne Rhône-Alpes pour son soutien.

Et enfin, un immense Merci à la FFCAM de promouvoir le GFHM.

Pour l’équipe, Laura, Marjo, Marion R-S et Oriane