Séjour italien dans la Valle dell’Orco

Ce week-end, direction l’Italie pour le GFHM ! En quête de nouvelles sensations et d’apprentissage, l’équipe (guides compris !) prend la route du Valle dell’Orco. Au programme : grimpe en fissure dans ce lieu emblématique de la pratique. Mariana manque à l’appel, elle prend le départ d’une nouvelle aventure olympique, on la pardonne ! 

Les sacs sont remplis de friends à nous, à nos ami.e.s, du plus petit des petits au plus grand (un numéro 8 !), chacune à sa paire de gants. A force d’être habillées pareil on a pris le pli : on a quasiment toutes le même modèle ! 

Coup d’envoi le jeudi matin, départ bien trop tôt de nos maisons respectives. Après quelques heures on arrive au paradis sur terre, on retrouve Lolo et Mimi et on s’installe rapidement au camping qui sera le camp de base du week-end. Direction le secteur Sergent pour une journée de couenne ! Les fissures sont splendides, il fait fort chaud et nous nous lançons toutes, en tête ou en moulinette. Entre pose de friends, passage dans l’iconique fissure diagonale della desesperazione et coincements de diverses parties de nos corps dans la roche, la fatigue se fait sentir en fin de journée ! La soirée passe vite attablées devant des frites et poissons pêchés dans le camping.  

Vendredi matin, le fun commence : grande voie au menu ! On ne quitte pas le campement avant un tirage du tarot des fleurs. Nous ne sommes pas superstitieuses mais toutes les infos sont bonnes à prendre. Nous scindons le groupe en 2. Amandine, Perrine, Jul et Lolo partent pour Nautilus, Kim, Juliette, Mathilde, Coline et Emilie prennent la route pour Pesce d’Aprile à la Torre di Aimonin. La 1ère équipe rencontre des fissures grandioses, du trad à perte de vue, de la dalle, du dièdre et même une renfougne tout à fait atypique et drôle. C’est peut-être parce que le soleil nous tape sur le casque depuis le départ qu’on rate l’avant dernier relais et Amandine s’enfile 40m de longueur en 6a+, bonjour le tirage ! La voie est splendide entre longueurs faciles, belles et plus challengeantes. Du côté Pesce d’Aprile, le ton est donné dès le départ : une dalle en 6a+ « méga expo » selon l’équipe (qui a en fait évité adroitement le 1er point). La voie continue sur une belle traversée, la visite de multiples relais qui induisent en erreur, puis un dièdre précis et grandiose pour terminer sur une dernière longueur régal : une fissure tout du long, droite et épurée. 

De retour au camping, une évidence s’impose : des glaces ! C’est autour de délicieuses glaces que nous débriefons ces 2 jours avec les guides. On en profite pour parler de la validation éventuelle de nos statuts d’encadrante alpinisme à la FFCAM à la fin de notre aventure GFHM : on est motivées pour encadrer et transmettre notre passion ! La journée se termine par une baignade dans la rivière, du bloc en maillot de bain, des gnocchis au gorgonzola, la vie est bien douce en Italie.

Le samedi : on garde les mêmes cordées et on échange les grandes voies ! On s’est donné des astuces et des infos et on part à l’aventure. Pour être à la fraiche et être les premières on part plus tôt : c’est mission réussie pour l’équipe Pesce d’aprile qui se retrouve seule au pied de la voie. Nautilus étant victime de son succès, les filles n’y seront pas les premières mais ça ne gêne pas finalement. Coline a choisi de ne pas se joindre à l’aventure Nautilus : il faut se reposer parfois et en plus elle doit planifier la suite de ses vacances en Sardaigne. 

Retour assez tôt pour l’équipe Pesce d’Aprile, un peu plus tard pour l’équipe Nautlus qui aura fait une jolie variante sur quelques longueurs ainsi qu’une parade légendaire de la renfougne improtégeable. Tout le monde a des étoiles dans les yeux : on est autonomes sur cette nouvelle escalade en fissure ! Rentrer tôt c’est profiter : on sieste et on retourne manger des glaces ! En fin de journée la fatigue commence à se faire sentir sévèrement, c’est déjà le jour 3. On se laisse tout de même entrainer par Mathilde la pro de la fissure dans la magnifique fissure Kosterlitz. A la frontale et devant un public bien fourni on s’essaye toute à la grimper. En équipe, en s’encourageant et en partageant nos passions on en trouve de la force ! 

Dimanche matin, le retour est prévu pas trop tard donc on va en couenne au secteur Doidre. Le topo n’est pas très clair, on ne trouve pas tant de fissure ; plutôt de l’équipé et tout de même une dernière belle grande fissure ou tout le monde grimpe avant de repartir.
Back to la maison, à plus dans le Verdon !

On n’a plus qu’à compter nos bleus, panser les nombreuses égratignures dues aux coincements, organiser les derniers stages et l’expé…

Séjour Pieux au Couvercle

Enfin le GFHM se retrouve avec Mimi et Lolo, ça nous avait manqué ! C’est pour certaines la première fois qu’on prend le petit train du Montenvers, accueillies en haut par les Drus, saisissants devant le soleil levant. Pour d’autres (koukou) elles connaissent par coeur le trajet et ont même leur place préférée dans le train.

Traversée tranquille de la mer de glace fendue en deux par la chaleur anthropique et recouverte de caillasses, puis on se lance dans les échelles, le parcours est très divertissant pour les non-chamoniardes ! Pour d’autres (c’est toujours de toi ke je parle) elles ont même leurs barreaux préférés sur les échelles.

Une journée sous le signe des vacances, on discute, on arrive tranquilles au refuge, on parle météo, topo, technique, dangers, et puis on se régale avec les petits plats locaux délicieux. L’occasion de se faire amie-ami avec le gardien qui apprécie l’appétit.

Le lendemain, c’est parti pour l’ascension du Moine, qui par la voie normale (un peu paumatoire en effet), qui par l’arête sud, et dans les deux cas c’est le régal ! Et l’occasion de réviser les encordements. Les deux groupes se retrouvent au sommet, où on partage une bonne pause technique, quelques photos aériennes et puis on redescend toutes les 10 par un bon paquet de rappels et des souvenirs de la montée. Le soir c’est rebelote avec un repas de reines (du saumon, vraiment ?) Et la suite du documentaire japonais qui nous suit depuis hier, bientôt la célébrité !

Jour 3, c’est déjà le dernier ! On serait bien restées plus, mais le gardien en a marre qu’on vide ses stocks de nourriture, alors il faut bien le laisser souffler. C’est parti pour des grandes voies semi-équipées, celle de gauche et celle du milieu, dans du magnifique rocher (et encore il paraît que ce n’est pas le plus beau du coin !) qui nous donne l’occasion de remettre des coinceurs et de rappeler en mode express sur 2 lignes en même temps. Avant de partir, une dernière expérience nivologique : qui posera la pierre qui brisera ce minuscule pont de neige ? Eh bien apparemment ça tient une sacrée charge ces flocons !

Otez l’eau – Dalles de Chantelouve

En ce matin de juin, à défaut d’avoir pu se joindre aux copines parties à l’aventure vers Chamonix, Jul et Perrine se sont retrouvées pour une petite grande voie tranquilou dans le massif du Taillefer, non loin de cette fameuse traversée des Armets il n’y a pas si longtemps ! 

Au programme « ôtez l’eau » dans le secteur des dalles de Chantelouve ! 8 longueurs en 6a max, cotées faciles et très très bien équipées à notre plus grande joie ! 

Mais quand on se retrouve au parking et qu’on fait le point matos oups… défaut de communication, on a pas assez de dégaines ! Heureusement, c’était sans compter sur notre fort degré de débrouillardise à confectionner 5 dégaines à partir de sangles et de mousquetons en rab dans la voiture de Perrine ! (Dont une qu’on appellera la dégaine de la honte, un friend qui servira de dégaine avec deux mousquetons haha ) 

On rejoint le pied de la voie très facilement (10min de marche d’approche) et on se lance dans notre voie sous le soleil chauffant point trop n’en faut, et au bruit de nos retrouvailles (plus d’un mois sans se voir ! On en a des choses à se raconter !)

Déjà l’arrivée en haut et après seulement une marche d’environ 17 secondes sur la gauche et bon petit picnic nous voilà déjà à la ligne de rappel ! Qu’on effectue en moins de sections que prévu ayant une corde plus longue que recommandé dans le topo ! (Malignes!) 

Déjà le temps de retourner à la voiture et de se quitter, mais ce fut une belle journée, comme on les aime, sans pression ni difficulté, que du bonheur ☀️

Colère du Ciel et Ateliers Créatifs

Nous partons pour un beau projet en face sud du Mont Blanc : la voie Ottoz-Hurzeler à l’aiguille Croux. Départ vendredi aprem pour battre la foule, et nous montons au refuge Monzino en suivant le beau parcours ludique qui zigzague entre cascades, vias ferratas(vie ferrate ?) et chamois. C’est le grand luxe en haut, nous avons presque le refuge pour nous seules et une vue imprenable sur le projet du lendemain, un peu dans la brume du soir. Après avoir repéré l’approche, on fait fondre la neige en apprenant le topo, puis dodo dans nos lits qui structurellement se rapprochent plus du hamac.

Le lendemain départ aux aurores direction le pied de l’aiguille, on arrive rapidement de l’autre côté du petit glacier, en même temps qu’une légère neige commence à tomber. Il en faut plus pour nous décourager. On cherche le pied de la voie, en constatant que la paroi est encore bien trempée suite aux dernières pluies, mais on va trouver un passage au sec, pas de doute. Il en faut plus pour nous décourager.

Et soudain, le bruit du tonnerre. Bizarre, il n’y avait pas d’orage prévu, et c’est assez inhabituel quand il neige… La pensée suivante : la montagne entière doit être en train de s’effondrer, ça ne doit pas être drôle à voir, on n’aimerait pas être dessous. On regarde autour de nous pour situer l’origine du bruit, mais pendant quelques secondes, rien ne bouge. Puis on les voit : juste au-dessus de nos têtes, projetés du haut de l’aiguille, déboulent d’énormes blocs de granit qui fendent l’air en tournoyant. Et il viennent droit sur nous. Un moment de bug : je n’avais pourtant pas prévu de mourir aujourd’hui, il doit y avoir une erreur. Et puis la voix d’Amandine : “PLANQUEZ-VOUS !!” On se jette chacune derrière le premier béquet venu, on rentre la tête et les jambes comme on peut, et on prie. Silence entrecoupé des bruits d’impacts qui laissent des cratères blancs sur la paroi et en aval de nos cachettes. Quelques minutes qui nous semblent une éternité. “Attendez avant de sortir !” Et puis enfin : “Tout le monde va bien ?” Les jambes tremblantes, on constate que nous sommes toutes indemnes. C’est inespéré.

Cette fois, il n’en faut pas plus pour nous décourager. “Ça va ? Rien de cassé ? Vous vous sentez de marcher ? Allez, lucides, concentrées, on se casse !” Au refuge, on débrief toutes ces émotions, on rigole avec quelques larmes au coin des yeux, et puis on décide que ça suffit, il est temps de laisser à nos nerfs le temps de souffler.

Redescente en vallée où on retrouve Kim pour une séance baignade, documentaire sur les sommets environnants et peinture sur verre improvisée, des choses paisibles surtout.

Le lendemain nous sommes requinquées, on part dans les gants rouges du cardinal dans la pointe Dzérat, très jolie voie toute en canelures et une dalle splendide, dans du rocher apparemment bien compact ! Note pour la prochaine fois : vérifier avant de partir qu’on a bien pris les cordes, ça nous évitera quelques détours…

Encore un week-end génial, l’ambiance dans le groupe ne fait que se renforcer, on pointe quelques doigts vers Didine et Matchilde, qui bizarrement sont toujours de la partie quand on se prend l’orage, la couche fragile ou des frigos sur la tête… Coïncidence ? En tout cas, jusqu’à maintenant, on en a de la chance !

Escalade à Saou

Contextualisons, nous sommes le week-end du premier mai, celui qui suit notre traversée du Graaaaaaand Armet! Il y a donc pas mal de fatigue accumulée avec cette belle bambée, on a donc décidé de se retrouver plutôt le vendredi soir afin de se reposer un peu le matin et de se laisser le temps de faire nos affaires et la route direction Saou, un joli village de la Drôme où la grimpe est à l’honneur.

C’est aussi l’occasion de retrouver notre Kim, blessée depuis un accident à ski cet hiver, afin de lui faire reprendre la grimpe. Il y aura aussi Gaëlle de la promo précédente car le GFHM c’est une grande famille!

Pour le samedi, l’ombre et la faible approche nous rassemble au secteur de la Graville. Nous avons passé une super journée, tout le monde a pu se challenger avec les différentes voies de ce secteur de couenne. Les encouragements, les coaching et les pique-niques partagés ponctuants la journée qui elle se terminera autour de cocktails et pizzas.

Le lendemain on renquille, cette fois secteur du mur du son, où la vue sur tous les alentours est magnifique puis chacune retrouvera le chemin de sa maison le soir venu. On se revoit le mois prochain 🙂

Traversée Encore Plus Interminable des Armets

Et nous qui pensions que la traversée de la Crête du Pin avait été longue… Neuf heures, petites joueuses. C’est parti pour deux jours sur les arêtes des Armets, avec un bivouac gelé au milieu !

La journée commence par Lolo et Mimi qui nous vident les sacs : 2me pantalon, ça reste à la voiture. Culotte de rechange, pourquoi faire au juste ? Des barres “au cas où” – hors de question. On garde le strict minimum. La suite nous montrera que parfois Lolo ment un peu, quand il dit “prenez un 2me piolet mais laissez les chaussettes de rechange”, parfois il vaut mieux faire l’inverse.

Malgré tout, les sacs sont plus lourds que d’habitude, on tourne les cordes dans l’approche qui se fait sentir. Mais la vue là-haut est magnifique ! On a toute l’aprem pour profiter, en suivant l’arête de neige parfois bien effilée, c’est magnifique !

Après avoir un peu râlé à cause de la neige qui s’écroule un peu pénible, nous voilà arrivées au sommet du Grand Armet, avec la vue à 360 ! C’est notre petit toit du monde local, sur lequel on commence à organiser le campement : creuser les trous pour les tentes, faire fondre la neige, sortir le maxi couscous déshydraté maison (merci Pepe !) Et bien-sûr en profiter pour essayer de faire sécher les chaussettes, qui sont absolument trempées. (“laissez les chaussettes de rechange”…)

On se régale le soir, l’occasion aussi de célébrer l’anniversaire de Juliette, c’est autre chose qu’un goûter au parc ! Et puis le soleil part, et avec lui la chaleur, la lumière et tout espoir de jamais être sèches. La nuit, on se les caille véner, surtout à 3 dans la tente dont les bords nous arrivent dans le visage avec tout ce vent. Mais celles qui ont eu le courage de sortir pour le pipi de nuit savent que la vue en vaut toutes les chandelles, les étoiles au-dessus des massifs enneigés, et le silence : c’est un petit paradis. Mais on se les caille.

Au réveil, dur dur de se mettre en branle, les chaussures ont gelé, mais bon il faut y aller alors avec le sourire !

A ce stade, et pour ménager la patience de nos lecteur.ice.s, nous ne détaillerons pas les 453 petits ressauts à franchir avant d’arriver à un sommet intermédiaire d’où on pourra s’apercevoir qu’il en reste à peu près autant à venir. Nous passerons sous silence le petit craquage psychologique à la fin de la traversée mais citerons simplement cette phrase sortie du coeur : “non Mathilde ça ne casse pas les pieds. Tu peux le dire : ça casse les c******* !” Nous ne mentionnerons même pas les 2000 mètres de D- quand enfin nous avons enlevé les crampons, pendant lesquels diverses tendinites et autres douleurs se sont réveillées à force de forcer. Nous dirons juste : à 22h30, on était contentes d’être en bas !