Après une (trop) longue attente, la team GFHM se retrouve enfin au complet pour un nouveau weekend, et pas des moindres, car il s’agit de l’ICE Climbing ! Oui oui, ce festival qui rassemble tou(te)s les fous (folles) des piolets et crampons bien affutés. Cette année, le festival a lieu du 22 au 25 janvier à L’Argentière la Bessée dans les Hautes Alpes.
Le principe : de nombreux guides de la région et des alentours proposent chaque jour des ateliers autour du thème de la cascade de glace (initiation/progression couenne, grande voie, danse sur glace, nivologie…); les marques de sports outdoors sont présentes pour faire tester leur dernier matos, des animations et des concerts attendent également les participant(e)s.
Grâce à une organisation millimétrée, chacune des filles a réussi à choper sa place à des ateliers pour le vendredi et le samedi. Au programme : de la couenne sur le site artificiel à Aiguilles; on s’entraine à ancrer les crampons et les piolets, à brocher, à construire des relais sur glace, à affûter notre matos….
Le samedi, la journée se termine par le concert toujours plus fou d’Atomic Ping Pong (pour le plus grand plaisir de Jul’, fan numéro 1).
Le dimanche, on se remet tranquillement de nos émotions et on part en ski de rando direction la Tête de Fouran sous un grand soleil.
On se retrouve très vite pour la suite de nos aventures !
Bisous glacés
La team GFHM – Mariana, Pepe, Kim, Didine, Jul’, Matchilde, Julietta, Coco
Retrouvailles à Saint-Christophe le samedi matin à la Cordée pour toutes les filles du GFHM et nos guides Lolo et Émilie pour un stage orienté rocher. C’est notre 2ème stage avec Laurent mais notre 1ère rencontre avec Émilie. On en profite pour se présenter, parler de nos motivations et échanger sur nos envies pour le week-end. L’équipe n’est pas au complet puisque Perrine s’est blessée au cours de l’été et malgré une rééducation du tonnerre, elle ne peut pas se joindre à nous.
Il a aussi bien failli manquer 2 tiers de l’équipe qui sont restées sur le carreau en même temps que la voiture de Kim et son menaçant voyant moteur. Heureusement, la magie du covoiturage nous permet une montée en douceur à l’arrière du van de Mariana, allongées sur le lit et le regard déjà tourné vers la montagne.
Il est encore tôt mais c’est l’heure de se mettre en marche avec nos sacs chargés de matériel et de vivres pour les 3 jours que nous allons passer au refuge du Soreiller. C’est aussi l’occasion de rencontrer le dernier membre officiel de l’équipe : Shoub’z, le fidèle compagnon de Lolo ! Le sentier de montée est splendide (bien qu’un peu long au goût de certaines) , à mi-chemin on voit déjà au loin le refuge et la magnifique aiguille de la Dibona qui nous attendent tous deux bien sagement. Une fois arrivées au refuge, on discute des plans pour l’après-midi autour d’un bon pique-nique. Ce sera la voie des Savoyards pour Mariana, Mathilde, Kim et Émilie et la voie Madier pour Amandine, Coline, Lolo et les Juliettes. Avec le repas prévu à 19h au refuge on se doute bien que l’on n’ira pas au sommet mais c’est tout de même l’occasion de profiter et d’aller toucher le super caillou de ce coin des Écrins !
L’équipe savoyarde réussit 4 belles longueurs en se faisant quelques frayeurs : les relais ne sont pas au bon endroit et une traversée improtégeable donne l’occasion de réfléchir à des manips de corde. La team Madier se régale : passage de la cheminée, merveilleux cailloux, jolie grimpe, des friends, des friends et même une petite chute juste avant la vire Boell ! Les rappels filent et on arrive tout pile à l’heure !
Tout juste le temps de profiter du succulent repas des gardiens Marielle et Quentin, et déjà on réfléchit au lendemain. Direction le Soreiller, où Coline, Amandine, Kim et Lolo vont à l’arête W de l’Aiguille Centrale. Coline mène le groupe avec grande efficacité jusqu’au sommet. Après une pause pique-nique bien méritée, redescente express en rappels et désescalade par l’arête S et arrivée au refuge à 14h ! Ce qui laisse le temps de repartir pour travailler plusieurs manips : mouflage, remontée sur corde, renforcer un relais, descente en rappel sans reverso…
Pour Mathilde, Mariana, Emilie et les Juliettes (inséparables ces deux-là?) direction l’arête Sud de l’Aiguille Occidentale du Soreiller. L’arête est longue, il y a de quoi apprendre ! Construire des relais, gérer la longueur de corde, grâce aux conseils d’Emilie on se sent progresser ! Après une bonne désescalade par l’arête E, on s’enfile rapidement le chemin du retour pour arriver pile à l’heure pour l’apéro où on retrouve l’équipe de Lolo.
Il faut de nouveau plancher sur le programme du lendemain, et si on a eu du très beau temps jusqu’ici, le lundi s’annonce couvert et possiblement un peu pluvieux. Finalement après plusieurs propositions, réflexions et aller-retour on s’arrête sur un plan béton : pour les filles qui n’ont pas eu l’occasion, direction la voie Madier à la Dibona. Pour les autres, c’est à la Tête du Rouget qu’on se donne rendez-vous pour gravir le pilier Cheze. Les 2 groupes doivent se retrouver à 14h au refuge pour un débriefing de la semaine et enchaîner sur la descente. Juste avant le repas on a même le temps de faire une réunion au sommet pour le groupe : blog, photos, sorties off, la discussion va bon train sur tous les sujets qui nous permettent de faire vivre le groupe en dehors des week-end encadrés. Aucun temps morts pendant ces stages, sauf peut-être pour prendre le temps d’apprendre la belote.. Après le repas (délicieux encore une fois) le matériel est réparti, les itinéraires préparés, les réveils réglés pour 5h du matin, tout va comme sur des roulettes.
L’équipe Madier accompagnée d’Émilie enchaîne avec brio les longueurs jusqu’à la vire Boell où le mauvais temps les pousse à redescendre, en apprenant au passage comment descendre en rappel à 2 pour secourir une victime.
Côté Tête du Rouget, ambiance montagne : marche d’approche dans la nuit, pierrier bien roulant pour accéder au bas du pilier et une vue à couper le souffle. L’équipe s’élance dans la 1ere longueur très caractéristique à côté du rocher rouge, progresse, cherche les relais et les longueurs suivantes et se rend finalement compte que le départ du pilier était 50m à gauche.. Qu’à cela ne tienne, repli sur la voie des Plaques, un joli cheminement entre colonnettes et fil de l’arête qui mène au sommet pile à temps pour la pluie ! Mode descente activé, les rappels s’enchaînent avec ou sans machard, les relais sont toujours peu spacieux, heureusement qu’il y a de la nourriture et de la musique ! Avec rapidité mais vigilance, retour refuge avec 30min de retard sur l’horaire.
Et c’est déjà le moment de débriefer, partager les apprentissages du week-end, les pépites et les râteaux. Puis on se met en route pour la descente jusqu’au parking, il y a encore du chemin et plusieurs des filles ont encore du chemin jusqu’à chez elles.. Heureusement, la voiture de Kim a bien voulu reprendre la route sans problème !
Quelle chance de savoir qu’on se retrouve déjà 2 semaines plus tard pour un stage d’artif !
De gros gros bisous à Perrine, on a toutes pensé très fort à toi pendant ce week-end, on a hâte de te revoir en belle forme.
C’est vendredi soir que Lolo et Mimi nous ont donné rendez-vous, sur un terrain vague qui sert de parking au milieu de la forêt, pour y passer la nuit et les deux prochains jours. Jul a ramené suffisamment de pâtes pour nourrir toute la faune à des kilomètres carrés, Coco a les poches pleines de sucre, Didine a emprunté une demi-tonne de matos, on est parées pour passer des semaines sur la paroi. C’est dans une humeur excellente que nous passons le début de la soirée, jusqu’à 3 réalisations : 1. Lolo et Mimi ne viendront pas ce soir, 2. Des gens étranges rôdent sur le “parking” et 3. Nous sommes en pleine saison de chasse.
Mais il en faut plus pour nous démonter ! Le lendemain aux aurores c’est atelier pose de lentilles, distribution de tous les kilos de métal crochu dans les sacs, et chaleureuses retrouvailles après DEUX SEMAINES sans se voir, ça fait long !
Après quelques minutes d’approche, la paroi du Peney se dessine sous nos yeux ravis et sous le soleil qui semble surestimer nos besoins en vitamine D. On passe le matos en revue, c’est l’occasion d’élargir notre vocabulaire avec des fifis et jumars, gouttes d’eau et autres pitons de divers types, puis c’est l’heure de sortir les marteaux : atelier relais sur pitons. Où l’on se rend compte qu’il n’y a pas toujours besoin de taper très fort pour faire tomber les cailloux pourris…
Quand ça y est, on sait tout, c’est parti ! On pose une série de couennes en parallèle le long du rocher, et la symphonie des tactactactactac commence (et parfois le gros boum des parpaings qui tombent sur Syrah en contrebas). Quel plaisir ! C’est pour beaucoup d’entre nous la toute première fois en artif, et une immense joie de découvrir cette discipline qui nous permet de nous pendre de tout notre poids sur quelques micromètres carrés avec une confiance absolue. Joie qui sera un poil érodée par : une insolation, décidément il fait CHAUD en plein soleil !
Comme on est super à l’aise, on va même installer des cordes fixes dans la première longueur du lendemain – la voie Peter Pan – puis retour au camp de base et traditionnels gnocchis au gorgonzola. La soirée atteint son crux avec l’inauguration du top 10 dans l’équipe (qui ne nous quittera plus), et l’invention remarquée de la fête de la pomme. Puis c’est dodo chacune chez soi, qui dans son van, qui dans sa tente, qui dans son hamac ou son portaledge dans les arbres (voir documentaire animalier effectué à cette occasion).
Le lendemain c’est reparti ! On est légères car on a laissé le matos au pied de la voie, et aujourd’hui le soleil s’est calmé, c’est avec optimisme que nous entamons les remontées sur corde dans L1 de Peter Pan, et l’ascension pour celles qui partent en second : une cordée dans Peter Pan, l’autre dans Crynoline. On apprend le hissage, sport intéressant mais essentiellement pénible, d’autant plus que Lolo a jugé qu’une petite plateforme pour s’asseoir serait vraiment superflue, on est très bien le cul dans le vide avec le baudard qui nous scie les jambes. Pendant 6 heures.
Mais le plaisir prend le dessus, malgré quelques petites frayeurs et une chute remarquable à seulement 2 mètres du relai de L2 ! L’esprit d’équipe se manifeste encore et toujours, pour servir de marchepied les unes pour les autres, ou encore pour faire passer la perche depuis le bas d’une voie jusque dans le haut de l’autre en passant par tous les systèmes de hissage. Mais nous voilà contraintes de stopper notre ascension pour cause d’orage imminent, la redescente se déroule dans le vent et les nuages, et aussi quelques jurons pour déséquiper le toit de L3.
Enfin la terre ! Et le sang qui revient dans les pieds, quel soulagement de pouvoir de nouveau utiliser un corps debout ! On range le matos, on se couvre comme on peut et c’est parti pour le retour sous la douche jusqu’aux voitures. Petit débrief sous le coffre ouvert du van des crêpes de Lolo en faisant tourner le seau de pop corn, puis on court se réfugier dans nos véhicules respectifs, sauf Mimi qui reviendra changer son pneu crevé plus tard.
Encore un week-end d’anthologie, de progression, de confiance, de rires et de dépassement de nous, décidément c’est une belle équipe ! Merci encore à Petzl pour les prêts et dons de matériel divers qui nous ont bien servi, et qui nous ont donné envie d’y retourner !
Juliette, Coline, Juliette, Amandine, Kim, Mariana et Mathilde
Tout droit sortie de sa garde, Amandine (GFHM), et son copain Arthur, prennent la direction de Sallanches pour récupérer Juliette (GFHM) et Estelle (Lead the Climb +), une glace à la main et c’est parti direction le refuge de Torino.
Une courte nuit pour s’acclimater, c’est à 4h50 que les voilà partis direction la salle à manger pour gravir la dent du Géant par sa voie normale. Après une approche glacière aisée, un couloir passé, nous quittons les crampons dans un terrain plutôt accidenté, il faut bien choisir ses pieds et ses prises.
Arrivées au pied de la voie, quelle chance nous avons, nous ne voyons personne, des sacs et crampons attendent sagement leur propriétaire donc nous ne sommes pas seuls mais tout de même pour un itinéraire très fréquenté, c’est un hold up! Les prévisions météo changeantes nous auront gâtées : peu de monde et un temps parfait. Nous commençons la grimpe vers 7h30, à l’ombre il fait froid, seul les têtes de cordées quitterons leurs gants, mais aujourd’hui est une journée caniculaire en perspective (ISO à 4800…)!
Les longueurs s’enchainent, nous les doublons et rattrapons ainsi une cordée et le soleil. La grimpe est spectaculaire, nous ne trouverons pas de grandes difficultés (nous sommes restés en grosses) mais restons impressionnés par le gaz et l’altitude. Certaines longueurs de tir à la corde sont physiques.
Arrivée en première au sommet Amandine (et la Madone!) nous accueille les yeux remplis d’émotions, c’est un premier 4 000 pour les deux membres du GFHM! Elle ne fera d’ailleurs qu’une bouchée des 4 rappels en fil d’araignée pour entamer la descente.
Nous rentrons heureuses, fières de nous et du chemin parcouru, et plus que motivées pour retourner en altitude !
Toute l’équipe se rejoint le 05/07 pour sauter dans les jolies bennes colorées du téléphérique de la Grave et rejoindre le glacier de la Girose pour 2 jours de formation “fondamentaux neige”. Ça c’était le plan initial, la météo ne nous laisse qu’un créneau à la journée que l’on saura optimiser ! On a hâte et on enfile donc nos nouvelles supers chaussures d’alpi offertes par notre partenaire Kayland, une marque familiale italienne qui nous soutient dans notre objectif de promouvoir l’alpinisme féminin et d’encourager la pratique féminine dans tous les sports de haute montagne !
Au programme donc, nous devons créer notre socle commun de connaissances sur l’évolution sur glacier avec Laurent, l’un de nos guides qui nous formera lors des deux prochaines années à venir. On parlera donc encordement, nœuds de freinage, anneaux de buste, corps mort et assurage en pente raide, passage de rimaye, secours en crevasse… Tant de précieux conseils et connaissances que Lolo (et oui il a fallu peu de temps pour l’intégrer) nous transmet avec humilité et que nous écoutons d’oreilles attentives. Studieuses et essoufflées, pour les non acclimatées (on est quand même à 3600m d’altitude), nous évolueront jusqu’au Râteau Est pour tâter du caillou aussi !
D’après les radars météo on devrait échapper aux dépressions annoncées ou du moins les retarder en allant vers l’Est. Un verre de débrief à la Grave qui se termine en tombola victorieuse pour l’une d’entre nous et nous voilà parties direction Saint Christophe en Oisans où l’on troque le bivouac sur glacier pour un camping sauvage 5* avec tables de pique nique et apéro (on l’a pas choisi c’est la météo). Pas le temps de jouer cependant on a du pain sur la planche : essayage de lunettes Altitude Eyewear qui protégeront les yeux de notre belle équipe en devenant sponsor du GFHM, merci à eux de nous suivre dans nos aventures ! On est fières de porter les lunettes de cette entreprise locale basée sur Annecy. On s’attelle aussi à organiser de futures dates de stage puis les cordées du lendemain sont tirées au sort pour que chacune ait l’occasion de partager une sortie ensemble.
On est le 06/07 et il est 6h40, nous sommes déjà dans la navette tout juste remise en place direction la Bérarde pour faire une grande voie en trad : la tête de la Maille, grimpe au village 280m, 4b-4c max. L’occasion pour nous de mettre dans notre sac à dos commun les fondamentaux rochers. Au programme : noeud de bowline (et pas bowling), pose de protections, construction de relais sur friends, assurage à la microtrac pour finir de convaincre celles qui ne l’étaient pas encore et gestion de l’encordement en terrain d’aventure ou comment ne jamais rien faire à un relais! Pour cette journée nos deux partenaires Altitude eyewear et Kayland nous équipent. On grimpera en “grosses” pour certaines et en chaussures d’approche pour les autres. Au menu nous aurons des petites portions grimpantes, des dalles en adhérence comme on aime les travailler, des trajectoires difficiles à lire et une descente tout juste sous les premières gouttes de pluie.
Une pensée émue aux habitants de la Bérarde, voir ce village enseveli nous a donné l’envie d’y revenir pour apporter de nouveau de la vie par ici !
Et voilà, clap de fin de ce premier week-end de formation autour d’un pépites/râteaux traditionnel. Les sourires regagnent les voitures et on se dit à la prochaine formation, le premier week-end de septembre ! Hâte d’y être et de rencontrer Emilie, elle aussi guide pour accompagner notre promo!
Mathilde, Amandine, Perrine, Juliette, Coline, Kim, Mariana et Juliette
Départ du col du Glandon : nous partîmes trois, sans un nuage dans le ciel. C’est l’occasion de se retrouver avant le premier week-end encadré, avec les disponibles du jour : Amandine, Jul et Mathilde. Mais on ne parle pas beaucoup dans la montée, trop déconcentrées par la chaleur qui fait goutter nos cheveux – « heureusement qu’il y aura de l’orage ce soir, ça nous fera un peu de vent ! » Tu ne crois pas si bien dire…
Arrivées au premier col, quel soulagement de s’encorder dans un peu plus d’air, avec la vue à 360 parsemée de lacs jusqu’au Mont Blanc, splendide ! Nous sommes trois pour trois aiguilles, la répartition se fait donc assez facilement, et c’est Amandine qui prend le lead pour la première aiguille Capdepon, qu’elle enchaîne sans souci jusqu’au sommet, très beau rocher, très beau paysage et très forte chaleur.
Les rappels pour rejoindre le coup de sabre, s’ils ne sont pas forcément évidents à trouver, se font néanmoins à l’ombre et sans coincements, ce qui nous fait regagner quelques points d’énergie pour la pointe Elisabeth qui nous attend, un peu plus grimpante. C’est Mathilde qui prend le lead pour celle-ci, tirant des longueurs jusqu’au sommet. Une cordée derrière nous entame une remontée sur corde dans les rappels, on compatit quelques secondes avant de réaliser qu’il s’agit : de Coline ! Décidément le GFHM est en force sur cette arête. Au sommet, reprise de la corde tendue pour la redescente, très beau rocher, très beau paysage qui commence à s’assombrir, et la forte chaleur commence à baisser grâce au vent qui se lève.
D’ailleurs le vent se lève et le ciel s’assombrit : un petit check météo nous confirme que l’horaire de l’orage a changé ! Il arriverait plutôt entre 15h et 18h, et ça tombe bien puisqu’il est à peine 15h30 et qu’il nous reste encore toute l’aiguille de la Combe à parcourir. C’est Jul qui part devant cette fois, en mode efficacité maximale pour redescendre au plus vite. À l’arrière, on suit en enlevant les protections sans perdre une seconde, sous les nuages qui commencent à envelopper l’arête d’un voile vaporeux – très joli s’il n’était pas si sombre.
La descente est toute pourrie : Jul place des protections tant bien que mal à travers ce gros tas de caillasses instables, on se concentre pour ne pas parpiner, on pense de temps à autre à profiter du paysage tout bouché, ce serait dommage de ne pas kiffer avant de se faire frapper par la foudre (rire jaune). On arrive enfin en bas de ce gros cairn en même temps que les premières grosses gouttes s’éclatent sur le sol – plus qu’un petit couloir bien raide et glissant, et on s’éloigne le plus vite possible des parois, alors que les premiers coups de tonnerre se font entendre. Rocher pourri, paysage caché dans l’orage, on a presque un peu froid…
On retrouve, grâce à l’œil affûté d’Amandine, les crampons planqués dans le pierrier, puis c’est la course à la voiture sous : la grêle 🙂 il ne manquait plus qu’elle, on a bien fait de garder les casques. Le sentier est devenu un torrent de boue, dans lequel on tombe deux ou trois fois chacune. Les piolets trouvent leur usage pour remonter une petite pente de terre détrempée sur 5 mètres : ambiance cascade ! Petit réconfort dans ce déluge : l’odeur exquise des plantes libérée par toute cette eau qui tombe du ciel.
On voit le parking ! Sans plus aucun centimètre carré de peau ni de sac au sec (et pourtant il fait encore bien soif !), c’est la dernière ligne droite, qui nous offre un ultime délice, le spectacle de Jul qui glisse et tombe sur son gros fiac dans le caca de mouton (mouillé).
Débrief dans la voiture : « et vous, c’est à quel moment que vous avez cru qu’on allait mourir ? » On garde malgré tout un super souvenir de cette sortie, une belle efficacité, bonne gestion du stress et comme d’hab l’ambiance de cordée est au top ! Juste quelques jours de séchage nécessaires avant de pouvoir repartir !