6 et 7 avril 2024
Dernier week-end hivernal pour l’équipe : Marjo, Lolo, Caro, Karine et Seb s’entassent dans la voiture. Un ou deux sacs sur les genoux, on y croit, ça paaasse.
30 degrés à Grenoble, 5 degrés à la Meije, vent fort en altitude et BERA alarmants… les conditions nivo-météo du week-end nous vendent du rêve. Le GFHM est prêt pour le plan hammam et ski nautique! On nous dit même dans l’oreillette que notre guide a troqué son sac fast&light contre le sac Airbag… ça promet. Le plan initial – montée en bennes depuis la Grave, col de la Lauze, brèche du rateau, refuge du Promontoire, brèche de la Meije, puis Serret de Savon et glacier de l’Homme – se voit bientôt accompagné d’une ribambelle de petits frères et sœurs. Col de la Tête Nord du Replat au lieu de la brèche du rateau, glacier de la Meije, redescente et stop à la Bérarde, ou col du Chamois et retour par Villard d’Arène… Les options stop sont prises très au sérieux par la team.
En attendant que les bennes ouvrent, on croise les derniers rescapés (du ski ou de la soirée, telle est la question) du Derby de la Meije qui avait lieu les jours précédents. Un petit temps supplémentaire pour questionner les groupes et leurs projets, personne n’a l’air très serein avec ces conditions. A peine sortis des bennes, coup de bol, le téléski ouvre juste devant nous, et nous conduit tooooout en haut du col de la Lauze, une première depuis 2 ans paraîtrait-il!

Les choses sérieuses commencent. La descente du col de la Lauze est bien gelée à cette heure-ci, et il faut gérer sa trace sur le terrain escarpé d’une vieille coulée d’avalanche redurcie. Petit point d’arrêt conditions : la brêche du Rateau est prise d’assaut par les nombreux groupes autour de nous. On se décide donc pour un itinéraire plus sauvage par le col de la Tête Nord du Replat au-dessus du Vallon de la Selle. Karine et Caro, qui avaient fait le “week-end grandes courses” autour du refuge de la Selle, sont toutes contentes de redécouvrir ce vallon en conditions hivernales, et de repasser au pied des projets de l’été.

Laura le bulldozer, nous fait une trace tapis rouge jusqu’au col, puis Seb nous apprend comment descendre une corniche avec une main courante… sur corps vivant.
“Attends mais ducoup un corps vivant…c’est toi?
-Bah ouais!” me répond Seb tout sourire. Éclat de rire. Il s’avèrera que le corps vivant était vraiment solide. Tellement solide que l’on réitérera l’opération à la corniche suivante, en totale confiance.


Quelques beaux virages de poudreuse conservée raviront l’équipe; “C’est pas la Colombie Britannique, mais c’est bin bin l’fun” rétorque Karine qui rentre tout juste d’un mois et demi au Canada. On essaie d’améliorer nos techniques de descente sous les conseils avisés de notre guide. “attention à tes bras, ils partent dans tous les sens”, “appuie languette”, “fais des virages plus larges”, “tourne au-dessus de la bosse, pas dans le trrr…” trop tard, c’est la gamelle.
L’un des objectifs principaux du week-end – non non, ce n’est pas seulement de progresser en ski-alpi – est de tourner des mini vidéos pour notre film que l’on diffusera lors du rassemblement des équipes FFCAM dans le Verdon, dans quelques semaines. Bien sûr nous avons parfaitement anticipé tout au long de l’année, et nous avons jusqu’à présent 3 vidéos qui se courent après (mais une tonne de photos!!). Les respos film nous ont donc donné une mission de la plus haute importance : revenir avec des vidéos diverses et variées de ce week-end ski-alpi!
“Ski alpi ou ski nautique”, “glacier de la Meije ou stop Bérarde”, toute l’équipe s’y met, et Marjo nous enchaîne sur les Fast&Curious. Mais c’était sans compter sur la motivation extrême de Seb, qui se prend au jeu et devient notre paparazzi du week-end! Merci Seb!


Dernière ligne droite avant d’arriver au Promontoire, il faut remonter sur une crête au milieu du vallon. Le soleil est de plomb, les troupes sont fatiguées mais la vue depuis le refuge est grandiose. Ce soir nous mangeons à la table de “Seb et ses filles” et partageons un bon moment avec Maud Vanpoulle, dans ce petit refuge perché et tout mignon.
Le lendemain, nous partons pour la brèche de la Meije. Le vent est si fort que nous devons rester encordées, et évoluer presque à 4 pattes pour passer de l’autre côté de la brêche. Très impressionnant. Notre week-end jusque là rayonnant et chaleureux prend une nouvelle tournure : sortez les capuches!
Passage de la Brêche de la meije, dans la tempête © GFHM
“René pour Rémonde, nous partons en direction du Serret de Savon pour rejoindre le glacier de l’homme”. Sur la même fréquence que Maud, les discussions vont bon train, et nous gardons un contact au talki pour échanger sur les conditions et l’itinéraire puisque nous nous suivrons toute la journée. C’était très sympa de partager la journée avec Maud et ses clients.
Caro, suivie de prêt par Marjo, nous ouvre la goulotte et le couloir du Serret de Savon. Elle est dans son élément!

Nous remontons une partie du glacier de l’homme (pour faire une super giga descente :D) jusqu’à un dôme… qui portera désormais le nom du “Dôme de Seb et ses filles”, en référence à notre table au refuge. Notre paparazzi est toujours à fond, ce qui nous fait bien rire. Encore une belle journée!
Il ne reste plus qu’une belle descente sur le glacier de l’homme, sur lequel nous nous entraînons à conduire un groupe en sécurité.
“Alors on laisse le groupe au-dessus de la rupture de pente pour être en sécu et on fait une boule de billard en dessous pour garder le visu.
« C’est ça, joli cours de conduite de groupe sur glacier” confirme Seb.
La conduite de groupe sur glacier se transforme doucement en descente monotrace dans la neige humide et lourde, puis en traversée de d’échelle sur le ruisseau, puis en skating sur le dernier bout de piste. Le GFHM est au top de sa polyvalence.

Nous rentrons super heureuses de ce beau week-end d’apprentissage, de rigolade et de complicité. Finalement nous aurons su jongler avec toutes les incertitudes liées aux conditions. Nous aurons même le droit à un petit air de guitare au parking pour terminer en beauté.

Karine, Caro, Marjo et Laura




