
Et nous qui pensions que la traversée de la Crête du Pin avait été longue… Neuf heures, petites joueuses. C’est parti pour deux jours sur les arêtes des Armets, avec un bivouac gelé au milieu !
La journée commence par Lolo et Mimi qui nous vident les sacs : 2me pantalon, ça reste à la voiture. Culotte de rechange, pourquoi faire au juste ? Des barres “au cas où” – hors de question. On garde le strict minimum. La suite nous montrera que parfois Lolo ment un peu, quand il dit “prenez un 2me piolet mais laissez les chaussettes de rechange”, parfois il vaut mieux faire l’inverse.
Malgré tout, les sacs sont plus lourds que d’habitude, on tourne les cordes dans l’approche qui se fait sentir. Mais la vue là-haut est magnifique ! On a toute l’aprem pour profiter, en suivant l’arête de neige parfois bien effilée, c’est magnifique !
Après avoir un peu râlé à cause de la neige qui s’écroule un peu pénible, nous voilà arrivées au sommet du Grand Armet, avec la vue à 360 ! C’est notre petit toit du monde local, sur lequel on commence à organiser le campement : creuser les trous pour les tentes, faire fondre la neige, sortir le maxi couscous déshydraté maison (merci Pepe !) Et bien-sûr en profiter pour essayer de faire sécher les chaussettes, qui sont absolument trempées. (“laissez les chaussettes de rechange”…)
On se régale le soir, l’occasion aussi de célébrer l’anniversaire de Juliette, c’est autre chose qu’un goûter au parc ! Et puis le soleil part, et avec lui la chaleur, la lumière et tout espoir de jamais être sèches. La nuit, on se les caille véner, surtout à 3 dans la tente dont les bords nous arrivent dans le visage avec tout ce vent. Mais celles qui ont eu le courage de sortir pour le pipi de nuit savent que la vue en vaut toutes les chandelles, les étoiles au-dessus des massifs enneigés, et le silence : c’est un petit paradis. Mais on se les caille.


Au réveil, dur dur de se mettre en branle, les chaussures ont gelé, mais bon il faut y aller alors avec le sourire !

A ce stade, et pour ménager la patience de nos lecteur.ice.s, nous ne détaillerons pas les 453 petits ressauts à franchir avant d’arriver à un sommet intermédiaire d’où on pourra s’apercevoir qu’il en reste à peu près autant à venir. Nous passerons sous silence le petit craquage psychologique à la fin de la traversée mais citerons simplement cette phrase sortie du coeur : “non Mathilde ça ne casse pas les pieds. Tu peux le dire : ça casse les c******* !” Nous ne mentionnerons même pas les 2000 mètres de D- quand enfin nous avons enlevé les crampons, pendant lesquels diverses tendinites et autres douleurs se sont réveillées à force de forcer. Nous dirons juste : à 22h30, on était contentes d’être en bas !
