
Pepe n’est pas là, et les conditions non plus, donc c’est ciao pour le plan initial du tour de la Meije. A la place, on monte au refuge du Pavé, qui vient tout juste, mais alors tout juste d’ouvrir. Jour 1 on monte, petit détour par le col du Clot des Cavales, qui nous permet quand-même de profiter un peu de la maxi peuf avant de rejoindre le refuge.

Jour 1 au refuge c’est atelier aides-gardienne : on fait fondre la neige, on fait les lits, on donne “quelques” coups de pelle à l’extérieur (volume de neige mobilisée estimé : de l’ordre de 20 mètres cube, soit plusieurs tonnes d’eau gelée évacuée par le GFHM), et puis un bon dodo en attendant le lendemain… Qui sera plus sédentaire que prévu ! Car il a beaucoup neigé, et d’ailleurs il neige encore un peu, ça sent le plaisir mais surtout l’avalanche… On tente malgré tout une sortie, la neige jusqu’aux cuisses, l’ambiance tendue, des décisions sans cesse à prendre, l’occasion de confirmer nos skills de communication ! Mais juste avant le dernier passage raide, un petit coup de ski d’Amandine, et hoplà la pente qui part devant nous. Petite concertation et une décision sans appel : c’est demi-tour. On réessayera peut-être plus tard.
Alors en attendant les nouvelles on se remet de nos émotions au chaud, puis Coco et Mathilde vont quand-même rider un peu les pentes au-dessus du refuge, la neige est trop bonne pour rester dedans !
Enfin un groupe d’audacieux.ses nous rejoignent, la traversée est possible ! Mais les informations qu’on nous donne ne sont pas claires, on ne sait pas bien s’il faut y faire confiance : “après 51 ans, on n’a plus peur de la mort !” ou encore “si vous avez crampons piolets, vous ne risquez rien pour les avalanches !” Ces gens-là ne nous paraissent pas forcément dignes d’une confiance aveugle… Alors tant pis, on rentrera demain ! En espérant que nos proches ne s’inquièteront pas trop…


Après plusieurs jours où le refuge ne contenait que des femmes, c’est une autre ambiance le soir. Ca sent la testostérone volubile et les hommes qui après 51 ans n’ont plus peur de la mort, mais ça ne nous empêche pas de perpétuer la tradition de la coinche que nous cultivons activement depuis notre arrivée. Et c’est sur une victoire éclatante que nous retrouvons nos lits et les ronflements additionnels de nos nouveaux voisins de chambre.
Cette fois-ci, c’est la bonne ! Retour maison dans une poudre excellente, après une bonne vigilance dans les pentes du départ. La neige est si bonne qu’on se laisse parfois emporter, sans réaliser qu’en bas, il y a de la croûte. Mais les rochers donnent tant envie de sauter par-dessus… Résultat des courses une entorse aggravée pour Mathilde, mais ça valait vraiment le coup !