Cette semaine nous partons nous amuser en Belledonne, à la maison ! Après un petit repérage au Habert d’Aiguebelle où nous passerons la nuit, on prend un raccourci par le couloir évident pour rejoindre la crête du Pin couverte de neige. On trace dans la neige profonde au début, mais à mi-pente le groupe de skieurs qui profite de notre trace jusque-là décide de nous rendre la pareille, une belle collaboration montagnarde !C’est parti pour une belle journée de : neuf heures. Mais ça on ne le sait pas encore…



Le début déroule bien, sur une arête c’est dur de se perdre (en tout cas c’est ce que nous pensons), le lead tourne entre nous trois en alternant les passages de grimpe, de marche et de corde courte. La neige brille sous le soleil (et coule un peu en face sud…), les crampons crissent parfois sur les rochers mais c’est le prix de notre plaisir.
Même si les nombreux rappels nous ralentissent, nous avançons gaiement, avec peut-être un peu trop d’insouciance parfois puisqu’on se retrouve perdues. Evidemment, nous savons à peu près où nous sommes, rappelons qu’il s’agit d’une arête. Mais entre les cordelettes de réchap, les relais de rappel annoncés dans le topo et les relais supplémentaires croisés en chemin, difficile de dire qui est qui. C’est ici que nous commençons à perdre temps et patience… Finalement on décide d’avancer même sans être sûres, en renforçant quelques-uns des relais quand on peut. La fatigue commence à se faire sentir, on décide de réchapper à la brèche avant la dernière aiguille.

C’est parti pour la pente raide ! On décide d’assurer les deux premières en creusant un corps mort, au point où on en est ce ne sont pas ce quelques minutes en plus qui nous effraient. Retour aux skis pile poil pour le coucher du soleil, et on atteint enfin le refuge autour de 20h, accueillies par le délicieux dîner et quelques gros beaufs qui trouvent qu’il est de bon ton de nous applaudir. La nuit sera réparatrice !
Le lendemain, revue des plans à la baisse : finalement on monte comme des flèches jusqu’au col de l’Aigleton, qui nous offre quelques virages dans de la bonne poudre avant de remonter à la dent du Pra, pour aller tester le “border cross” en face ouest. On ne sera pas déçues ! Quelques virages excellents avant de traverser les boulettes d’une ancienne avalanche, puis retour tranquille dans la soupe bien collante, et un pique-nique tout confort au refuge !
