Aiguilles Dorées… Il était une Fois un Périple fantastique en terre helvétique

J’aimerais que les histoires du GFHM se déroulent comme des contes de fées… dans des pays fort-fort lointains aux contrées sauvages, des princesses guerrières partent vivre des aventures extraordinaires, elles combattent les intempéries, gravissent des murailles de rochers, s’entraident et atteignent leurs buts pour une magnifique happy-end !

Sauf que ça, c’est dans les livres…

Mais voilà, en vrai, au GFHM, on n’est pas vraiment des princesses (quoi que ;-)), on ne part pas dans des contrées si lointaines, ni si sauvages, on se fait (souvent) malmener par les murailles de rochers et aucun preux chevalier n’est là pour nous aider (enfin, si peut être…) …

Mais, tout de même, dans les contes de fées du GFHM, les combats contre les éléments sont bien réels, les filles sont là pour s’entraider et elles se débrouillent pour qu’à la fin, la happy-end soit respectée…

Que les contes soient de fées ou d’alpinistes, leur finalité est la morale qui en découle.

Notre weekend doré nous promet une belle morale : l’apprentissage passe par le travail !

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Team
La team GFHM aux Aiguilles Dorées, Photo : Elsa et Maxime

Je vais maintenant vous conter cette histoire dorée :

L’histoire débute fin juillet, 3 jours d’alpinisme estival en terre helvétique sont au programme. Les huit trolls du groupe se retrouvent dans la maison du bonheur à St Gervais. Fort heureusement, elle n’est pas en pain d’épice, c’est une maison bien solide ! Indispensable, pour résister à l’émulation pré-course du GFHM.
Les besaces sont rapidement préparées et optimisées grâce aux conseils du « druide-light » (pour ne pas le nommer : Maxime Fiorani).

 

Petit aparté sur ce personnage clef de l’histoire, Sir Fiorani, rôle principal, à la fois « grand-druide du light » : Lightomix ; hobbit à la recherche de la montagne précieuse ; chevalier servant ; secouriste ; Bob le bricoleur ; Blanche Neige ; Dora l’exploratrice ; Tarzan ou encore Aladin…10 rôles pour un seul homme, il va falloir qu’il ait les épaules solides !!! Vous comprendrez pourquoi plus tard ! Lisez la suite !

Revenons à notre histoire…

Eole et Zeus semblent calmes, la météo annoncée est excellente pour les 3 jours, nous profitons d’une bonne nuit de sommeil dans de vrais lits (sans princesses au petit pois et sans nos pantoufles de verre) pour être en forme avant de partir à la conquête des glaciers suisses.
Le lendemain matin, après un solide petit-déjeuner, nous embarquons dans nos carrosses direction Champex. L’objectif du 1er jour est d’atteindre le pied

 

des aiguilles dorées pour réaliser une traversée partielle en redescendant par le couloir Copt.

Les Aiguilles Dorées
Les aiguilles dorées. La brèche dans l’ombre au milieu de la photo est le couloir Copt, à gauche de ce couloir, on trouve (de droite à gauche : le Trident, la pointe de la Javelle, la pointe CreIez) Photo : CBG

Briefing

Après un briefing « encordement », nous enfilons les crampons et c’est parti pour la randonnée glacière qui nous paraît interminable… On aurait bien aimé avoir des tapis

volants ou 8 Jolly Jumper car nos simples petites gambettes ne nous font pas avancer très vite ! On atteint, enfin, le pied de la brèche Crettez, on modifie l’encordement et c’est parti pour les premières longueurs.

 

 

 

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Les deux premières longueurs, faites «en grosses chaussures» dans du bon 4 chamoniard, nous saisissent à froid !! On a du mal à se mettre dans le rythme, les cordées sont parfois inédites, le stage à Val d’Orco parait déjà bien loin, on prend du retard… comme si Tic-Tac, le crocodile de Peter-Pan, avait à nouveau avalé l’horloge du temps.
La progression à 9, soit 4 cordées n’est pas évidente et « le nombre n’est pas toujours un facteur de réussite » comme le disait Rébuffat.

 

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Durant toute l’ascension, Maxime, plus précis que Mr. Mc Twips, le lapin blanc gardien du temps dans « Alice aux pays des merveilles », garde l’œil rivé sur le chronomètre. Le temps semble totalement déréglé par notre progression trop lente, arrivées au niveau de l’aiguille de la Javelle, nous comprenons qu’il est temps d’utiliser un échappatoire si nous voulons arriver à l’heure pour la soupe à la Cabane du Trient.photo 7

 

 

 

 

Petit débriefing de la journée, 1er « but » du weekend… au GFHM on n’aime pas le travail non terminé et comme piquées par une des pointes du Trident, nous décidons de repartir à l’assaut des Dorées le lendemain.

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Le samedi, motivées comme jamais, on avale les 2 kilomètres de glacier qui nous séparent des Aiguilles Dorées. Les cordées sont bien plus efficaces, les fameuses longueurs de bon 4 chamoniard sont avalées en trois fois moins de temps que la veille… Avec tant d’avance, on se dit qu’il serait dommage de ne pas aller toucher la pointe du Trident… Mais là, patatras ! Alice, qui grimpe en tête de cordée, chute !

photo 9Une belle gamelle de 5m. Maxime, guide et  infirmier de métier, prend les choses en main. Alice sera hélitreuillée dans les minutes qui suivent car on craint une blessure au dos. Le reste du groupe file en direction du couloir Copt pour faciliter l’approche des secours. Les 7 nains restants regardent l’hélicoptère emmener Alice. On commence les rappels pour rejoindre le glacier alors qu’au même moment, Alice doit plonger aux pays des merveilles opiacées.

Entre l’accident qui a écourté la course et notre efficacité de début de journée, nous revenons très tôt au refuge du Trient. Le Trident nous as piqué les fesses une seconde fois ! Vous l’aurez compris : 2nd jour = 2nd « but » ! Décidément cette course n’était pas pour nous !

Max, super guide, décide que le stage doit continuer.

Nous profitons de l’après-midi pour continuer à nous former. On apprend à placer des pitons ou plus exactement à les faire chanter et aussi, à faire des rappels avec la technique de Dufour. Max, le bagnard, se dévoue pour retirer les pitons. Il met autant de conviction que s’il allait casser des cailloux en Guyane… tiens, ça ne serrait pas un certain Julien Doré qui chantait ça… c’est vraiment un weekend doré… 😉

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Max, se transforme ensuite en Dora l’exploratrice et nous dévoile l’intérieur de son sac. Dans son « sac à dos, sac à dos »🎶, vous trouverez tout se qu’il faut pour être le plus parfait de tous les Bob le bricoleur : un crochet à lunule en cable électrique, une paire de lunette de secours faite main ; vous pourrez aussi être le plus parfait des George Clooney, comme dans Urgence : gazes, molécules opiacées, attelle, bandage… ; ou encore le meilleur des druides light (Lightomix) : avec des mini-pots de crème réinjectée, un pantalon gore-tex qui s’enfile sous le baudrier et des mousquetons plus light les uns que les autres… Encore une fois, on apprend beaucoup ! (Nous, d’habitude, on est plutôt du genre à transporter 1,5 kilos de fruit sec chacune ;-))

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Pour le 3ème jour, étant donné que nous avons buté deux fois sur le Trident, on décide de retenter cette course !!

Non ! Je blague ! « La nature aime l’inachevé, car elle sait qu’en achevant son œuvre, elle n’aurait plus de raison d’être » (Christophe Fry). Le Trident sera donc une bonne raison de revenir ou justement de laisser là notre œuvre inachevée.

Pour le 3ème jour, nous mettons le cap sur les Ecandies.
Nous voilà encordées, marchant sur le glacier comme des hobbits à la recherche de la montagne précieuse, évitant les pièges des abimes glacières et des ponts de neige. En passant le col des Ecandies, on écarquille grand les yeux devant cette crête de dragon qui se scintille sous les premières lueurs du soleil. L’arête est impressionnante vu du haut et de loin on repère déjà son fameux rasoir.

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Le grand druide a décidé de ne pas changer les cordées de la veille, après 2 jours de grimpe ensemble, on commence à mieux se connaître. Ce choix est payant. Une fois passée la scabreuse descente de la combe des Ecandies, tout se met rapidement en place au pied de la première longueur. Première longueur pas vraiment évidente, c’est un beau dièdre dans un rocher magnifique. Est-ce-que les fées des rochers s’accordent pour créer des premières longueurs taquines sur toutes les murailles ?

La mauvaise troupe avance à un bon rythme, Elsa, « super mama », en tête de groupe efface les difficultés.
On arrive rapidement au rasoir, qui est la partie la plus impressionnante de la course. Comme si on était à cheval sur nos bidets bretons, on remonte le rasoir avec grâce (ou pas), peu importe l’objectif est d’arriver de l’autre coté et de toutes façons, on n’est pas des princesses ! 😉

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Elsa, après le passage délicat du rasoir ! Bien joué « super mama » ! Photo : Maxime Fiorani

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Une autre difficulté se présente à nous, c’est le « saut de l’ange ». Alors ok, on n’est pas des Lara Croft mais on essaie quand même d’être des guerrières, sauf que vu d’en haut, le saut est tout de même impressionnant. 1,5 m à sauter, ce n’est pas énorme, mais quand il y a 400 m de vide de part et d’autre, ça fou la trouille ! Super guide, joue au chevalier servant et nous installe une ligne de vie. Ouf ! Lui, quand il saute, on dirait qu’il vole sur un tapis volant alors que les 7 nains ressemblent plutôt à des petits crapauds.

photo 16Mais on l’a fait, on est fières de nous et on continue l’arête jusqu’à arriver à la longueur clef : un bon 5 sup. Elle est partiellement spitée. Le rocher est toujours aussi bon, c’est un vrai régal, on cale les pieds, on utilise la fissure et nous voilà sorties au sommet. Le temps que chacune passe cette difficulté, les nuages se sont amoncelés. C’est à ce moment là que Zeus décide de déclencher ses foudres. Le tonnerre gronde au loin, il est temps de déguerpir ! On avale les dernières longueurs qui nous séparent de la ligne de rappel. J’ai juste le temps d’entendre les abeilles bourdonner que mes cheveux se dressent d’un coup le long de mon casque. Petit moment de panique… mais le troisième jour, on est rodées, le rappel se fait en deux temps, trois mouvements, on atterrit toutes en bas, saines et sauves ! Bien joué les filles ! (et surtout merci Max !!!)

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Le déluge reprend, les playmobils du GFHM sont, depuis le stage dans le Valgaudemar, rodés aux averses. On a juste le temps de s’abriter sous un rocher salvateur, petit débriefing en même temps. Nous avons toutes pensé fort à notre blessée. Nous sommes rassurées, Alice va bien malgré la fracture d’une épineuse. Le soleil réapparait aussi vite qu’il s’est enfuit, on descend par le vallon de l’Arpette pour retrouver nos carrosses. Un joyeux festin s’organise pour fêter notre premier sommet en 3 jours. Nous repartons toutes avec des images plein la tête. Les dorées, merci ! Vous avez largement tenu vos promesses d’émerveillement, de légende et de conte. Les statues de la Cabane de Trient m’ont surement murmuré quelques passages de cette histoire dans mon sommeil…

Ne vous avais-je pas promis une happy end ? 😉

Capture

Remerciements au comité régional Rhônes-Alpes-Auvergne de la FFCAM (la bonne fée penchée sur nos berceaux) de nous permettre de vivre nos rêves de bébé alpiniste, au gardien de la Cabane du Trient pour son accueil et ses bons petits plats (surtout les salades fraiches ;-)), à toutes les filles du groupe pour leur bonne humeur, à Cricri ma super partner pendant ces 3 jours et évidemment à Maxime Fiorani pour nous avoir supportées et encouragées… et pour ces superbes photos !

Alice rétablit toi vite, à bientôt sur les crampons !

– The End –

Alice, Joana, Sev, Charlotte, Elsa, Cin, Christine, Chloé

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